The Prodigy – No Tourists

Avis :

Fer de lance de la musique électronique dans le monde, The Prodigy prend naissance en Angleterre au tout début des années 90. Devenu rapidement culte avec la démocratisation des raves et notamment de son côté illégal, le groupe va se spécialiser dans une musique électronique très hardcore que la presse qualifiera par la suite de Big Beat. Une musique qui déménage, qui pulse dans tous les coins, mais qui emprunte aussi beaucoup de choses à divers mouvements, dont la musique punk. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise si l’accent sur les paroles est mis en avant et si on compte Keith Flint parmi les membres du groupe, figure emblématique du mouvement punk en Angleterre. Nous n’avions plus eu de nouvelles du groupe depuis leur précédent album, The Day is my Enemy, qui nous avait laissé une belle impression malgré un changement de cap assez radical, prônant un son plus accessible et moins punk dans l’âme. Des rumeurs sur une possible séparation firent surface en 2016, mais le groupe sort de son silence en 2017 et propose même un septième album studio, No Tourists, pour faire taire les mauvaises langues. Mais est-ce que l’album vaut le coup ou n’est-il qu’une note d’intention pour faire taire les rumeurs de split ?

Le premier titre de l’album, Need Some1, va nous rappeler à l’ordre et montrer à quel point il est mal de juger un groupe culte comme The Prodigy à une simple réponse de rumeur infondée. En effet, avec ce premier titre, le groupe rentre dans le vif du sujet rapidement, mettant en avant de gros beats bien sales qui donnent immédiatement envie de bouger dans tous les sens. C’est relativement percutant, tout en étant assez rétrograde pour la formation, qui revient à ses premiers amours et s’éloigne volontairement d’un côté plus commercial. Cela se confirmera par la suite à travers divers titres dont les meilleurs sont, par exemple, We Live Forever ou encore Champions of London. On retrouvera des blasts qui laissent sur le cul, une certaine violence dans les sonorités et surtout une construction simple, efficace et directe. Le groupe ne lambine pas, il n’a pas envie cette fois-ci de mettre une couche mercantile à son image et livre des titres percutants, armés de breaks qui donnent envie de sauter et de danser comme des fous. Le groupe arrive aussi à retrouver son aspect punk et presque effrayant dans des morceaux comme Fight Fire With Fire, un morceau qui commence assez doucement, tout en créant une ambiance presque apocalyptique avant de monter dans des tonalités purement rock avec un refrain catchy à souhait. Bref, The Prodigy retrouve sa fougue et cela fait plaisir à voir.

Néanmoins, tout n’est pas vraiment parfait dans cet album. On retrouvera aussi des pistes qui seront un poil plus commerciales que les autres morceaux qui peuplent le skeud. On peut par exemple citer Light Up the Sky qui, malgré des couplets blindés de breaks dans tous les sens, retrouvera un aspect plus fin et plus entêtant dans son refrain et ses deux phrases qui reviennent inlassablement. Avec ce titre, le groupe montre ses deux facettes et il manque un petit quelque chose pour le rendre vraiment intéressant. On parlera aussi rapidement de No Tourists, qui se devait d’être le titre fort de l’album, mais qui est relativement transparent et manque de panache pour vraiment régaler son auditoire. Tout comme Boom Boom Tap qui reste un morceau étrange, qui contient deux lignes de texte avec une insulte au milieu et qui s’avère assez décevant, ne décollant jamais et restant sur des acquis électro rave basiques. Enfin, les deux derniers titres, bien que sympathiques, restent finalement presque anecdotiques face au reste de l’album. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ils auraient mérité plus d’attention. Cependant, Give me a Signal, le dernier titre, demeure assez percutant, se rapprochant presque du Métal dans certaines phases. Bref, si l’album contient des moments assez exaltants, il possède aussi quelques faiblesses qui auraient pu être facilement évitées avec un poil plus d’implication dans certaines chansons.

Au final, No Tourists, le dernier album de The Prodigy, marque le retour aux affaires des anglais. Revenant avec un son plus pur et plus direct, le trio se lâche et livre une excellente galette qui ferait presque oublier leur précédent opus, plus calme, plus sage. On regrette cependant un univers étrange délaissé pour quelque chose de plus simple, mais de tout autant efficace. Bref, avec ce septième effort, le groupe reprend les commandes de son vaisseau et retrouve une seconde jeunesse presque inespérée pour certains fans.

  • Need Some1
  • Light Up the Sky
  • We Live Forever
  • No Tourists
  • Fight Fire With Fire feat Ho9909
  • Timebomb Zone
  • Champions of London
  • Boom Boom Tap
  • Resonate
  • Give me a Signal feat Barns Courtney

Note: 17/20

Par AqME

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