Bird Box

De : Susanne Bier

Avec Sandra Bullock, Trevante Rhodes, John Malkovich, Sarah Paulson

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Alors qu’une mystérieuse force décime la population mondiale, une seule chose est sûre : ceux qui ont gardé les yeux ouverts ont perdu la vie. Malgré la situation, Malorie trouve l’amour, l’espoir et un nouveau départ avant de tout voir s’envoler. Désormais, elle doit prendre la fuite avec ses deux enfants, suivre une rivière périlleuse jusqu’au seul endroit où ils peuvent encore se réfugier. Mais pour survivre, ils devront entreprendre ce voyage difficile les yeux bandés.

Avis :

Trouver des alternatives au cinéma, ce n’est pas facile et concrètement, à quoi ça sert ? Tout simplement à être vu par un plus grand nombre, que ce soit grâce à des sites internet (Youtube pour ne citer que lui) ou encore à des plateformes de streaming comme Netflix. D’ailleurs, avec la démocratisation de cette dernière, le cinéma a trouvé un nouvel essor, non pas dans les salles obscures, mais bel et bien directement dans le salon des gens. En effet, Netflix a tout simplement révolutionné la façon de voir des films, et même d’en produire. En faisant ainsi, la plateforme s’est assurée une certaine liberté, et les spectateurs peuvent désormais voir des films inédits, qui possèdent une certaine liberté créatrice. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que des réalisateurs comme Cuaron, Scorsese ou bien les frères Coen, se sont amusés à faire des films dessus. Mais Netflix est aussi un moyen de trouver de l’horreur directement chez soi. Entre les cinémas qui refusent d’en diffuser à cause d’un faible nombre d’entrées ou par crainte d’un public débile, l’horreur n’a plus tellement sa place sur grand écran et c’est bien dommage. Mais cela permet d’avoir de bonnes surprises autrement.

Bird Box

Netflix permet vraiment une création de tous les instants et certains métrages sortent clairement du lot, que ce soit par leur réalisation, leur interprétation ou encore leurs idées complètement saugrenues. On pense immédiatement à Errementari et son concept fou ou encore à Bird Box qui vient tout juste de sortir. Sorte de réponse au Sans un Bruit de John Krasinski, ce film produit et interprété par Sandra Bullock va essayer de faire bouger les choses sur la plateforme de streaming en essayant d’être au-dessus niveau réalisation. Est-ce réussi ? Partiellement.

Pour la petite histoire, on va suivre la vie de Malorie, une jeune femme célibataire enceinte qui part à son rendez-vous chez la gynécologue avec sa sœur. C’est alors qu’une sorte de cataclysme surgit, et les gens se mettent à se suicider de façon massive. Trouvant refuge avec d’autres personnes dans une grande maison, Malorie va se rendre compte que les gens ne doivent plus regarder à l’extérieur sous peine de devenir zinzin. En effet, des créatures invisibles semblent faire voir des choses ignobles aux gens au point de se laisser mourir. Elle va donc tenter de survivre dans ce monde hostile où la vue est devenue un réel handicap. Et c’est sur ce pitch que le film va démarrer, alternant flashbacks et moments présents. Car oui, histoire de compliquer un peu les choses, le film se base sur une narration en deux temps, avec des flashbacks qui peuvent trouver une corrélation avec le présent. Sur son concept, le film demeure vraiment intéressant et pose une question pertinente : que deviendrions-nous sans la vue ? Le film joue rapidement sur cette idée, mettant en avant la survie et différentes méthodes pour ne plus voir l’extérieur et donc les créatures. GPS, fil d’Ariane, développement de l’ouïe, tout y passe et le film va prendre son temps pour structurer les différentes méthodes de survie, ce qui est un plus indéniable.

Tout comme Susanne Bier, la réalisatrice, prend son temps pour présenter tous les personnages et leur donner une certaine épaisseur. Ainsi donc, Sandra Bullock joue le rôle d’une future mère qui a du mal à s’assumer et qui ne voit pas forcément la vie du bon côté. L’actrice est impérial dans ce rôle de mère courage. Mais surtout, elle va être entourée par des gens intéressants, comme Tom, un homme attentionné et prévoyant, ou encore Douglas, un parfait connard qui ne pense qu’à sa propre survie. Tout ce petit monde va évoluer de façon différente et les relations vont toujours aller dans le bon sens. Ainsi, Douglas, malgré son caractère de cochon, va s’attendrir un peu, tout comme Malorie va devenir plus humaine, plus chaude, au point de sauver les deux bébés qui vont naître dans la maison. Le film durant deux heures, Susanne Bier a su trouver une certaine justesse d’écriture dans les personnages et ce qui les unit. Néanmoins, on se rendra vite compte qu’il manque un point important, les monstres et les fous furieux qui ne se suicident pas et servent les monstres. Tout comme dans le film de Krasinski, on ne connaîtra pas les origines des monstres, mais surtout, on ne saura pas pourquoi certains personnages deviennent des serviteurs de ces bestioles, cherchant à contaminer tout le monde. On aurait aimé un peu plus de profondeur de ce côté-là.

Mais l’autre point négatif du film, c’est sa prévisibilité. En jouant constamment sur la notion de flashback, on sait qui entoure l’héroïne et qui entourera l’héroïne, le but étant de savoir comment tout ce petit monde disparait. Si sur le papier c’est assez intéressant, cela réservera finalement peu de surprises et on sait à l’avance qui va mourir et qui va rester. Cette façon de faire enlève de la tension et finalement, on n’a pas peur pour les personnages, sachant pertinemment le sort qui est promis à tout le monde. Du coup, la seule question que l’on peut se poser, c’est si Malorie va s’en sortir dans le présent avec les deux gosses. Si l’issue est incertaine, on reste dans un film américain assez basique et qui réserve peu de surprise, du coup, on s’attend vraiment à la fin, qui se déroule sans accroc et qui manque d’implication. Non pas que l’idée soit mauvaise, bien au contraire, mais il manque ce petit quelque chose pour que la sauce prenne et que pour le spectateur ressente une vraie frayeur. C’est comme sur la fin, qui n’est finalement qu’une accumulation de chance, et qui tente de toucher le spectateur avec l’instinct maternel, mais dont on sait déjà les tenants et les aboutissants.

Mais il serait vache de bouder notre plaisir face à ce film qui maîtrise parfaitement son temps et son rythme. On ne s’ennuie que rarement, les effets spéciaux tiennent la route, si l’on excepte le fait de ne jamais voir les monstres, ce qui nous place finalement à la même hauteur que les protagonistes, et globalement, la réalisation est très propre. Parfois un peu trop, ne laissant que peu de place au hasard et prônant une mise en scène assez lisse, malgré de gros moyens mis à disposition. Susanne Bier ne tente pas vraiment des choses, se laisse porter par le film et déroule sans forcément donner une identité visuelle forte au métrage, et c’est assez dommage car il y avait matière à faire.

Bird Box

Au final, Bird Box est un film assez réussi dans son ensemble et qui tient son concept jusqu’au bout, même si l’on pourra noter quelques incohérences dans la façon de survivre ou encore des passages obligés qui auraient pu être évités comme ce moment où la gosse n’écoute pas ce qu’on lui dit. Bref, il s’agit d’un film imparfait, moins bien que Sans un Bruit sur le plan viscéral et familial, mais qui détient ses idées et essaye de les défendre pleinement. De ce fait, on passera aisément sur les scories d’écriture face au petit plaisir que l’on prend devant ce film d’horreur sympathique.

Note : 14/20

Par AqME

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