février 25, 2021

Saw

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De : James Wan

Avec Leigh Whannel, Cary Elwes, Danny Glover, Monica Potter, Ken Leung

Année: 2004

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Deux hommes se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bains. Ils ignorent où ils sont et ne se connaissent pas. Ils savent juste que l’un doit absolument tuer l’autre, sinon dans moins de huit heures, ils seront exécutés tous les deux…
Voici l’une des situations imaginées par un machiavélique maître criminel qui impose à ses victimes des choix auxquels personne ne souhaite jamais être confronté un jour. Un détective est chargé de l’enquête…

Avis :

Il y a films qui marquent à jamais l’histoire du cinéma, ou qui tout du moins lance une saga qui aura un certain impact sur le genre. On peut dire que Star Wars a influencé très largement la science-fiction ou que Freddy et Jason et Michael Myers ont plus ou moins influencé les slashers modernes. De son côté, Saw contient de multiples références, mais on peut aussi dire qu’il a influencé le cinéma d’horreur des années 2000 et il est l’instigateur d’une vague de torture-porn de qualité plus ou moins percutante. Ce qui est surprenant, c’est qu’à la base, ce film est un court-métrage de James Wan, mettant en scène un tueur fasciné par les puzzles. Déjà remarqué par son court-métrage horrifique de guerre Strygian, c’est un producteur qui remarque Saw et qui décide d’en faire un long. Qu’est-ce qu’il en résulte ? Pourquoi le film est-il aussi fort ? Retour sur un classique du thriller glauque et de l’horreur.

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L’homme est perdu sans communication

Rappelle-toi la veille

Le scénario de Saw ressemble un petit peu à Seven, le thriller culte de David Fincher. Nous sommes face à un tueur sadique, qui tue des victimes en fonction d’une méthodologie précise et des pour des raisons précises aussi. Nous avons un duo de flics qui essayent vainement de retrouver le tueur et qui se retrouve vite impuissant. Mais l’intelligence du scénario ne vient pas forcément du scénario en lui-même, mais de sa narration. En effet, le film commence avec deux mecs enfermés dans une salle dégueulasse et avec un cadavre au milieu. Le problème, c’est que les deux messieurs sont enchainés à de gros tuyaux, à l’opposé l’un de l’autre.  Pour comprendre ce qu’ils leur aient arrivés, ils vont devoir faire appel à leur souvenir pour comprendre le piège. Du coup, la narration est très intelligente car elle fait des allers-retours incessants entre le passé permettant la compréhension et le présent où l’on voit les faux semblants des deux personnages principaux. L’autre point fort du scénario provient du tueur en lui-même qui reste mystérieux jusqu’à la fin du métrage et dont on ne saura pas grand-chose, sauf à la fin en faisant un retour sur les indices laissés dans le tout le film. L’ambiance du métrage est fortement soignée et participera au succès de la saga, en enlevant le côté torture qui sera trop mis en avant. James Wan peaufine un côté glauque au travers des décors sales, lugubres, des lumières blafardes et des pièges machiavéliques. Mais il utilise aussi des scare jumps très efficaces comme le passage de l’appareil photo et de l’agresseur. Tout cela fournit un résultat fascinant, prenant et surtout dérangeant. En effet, le tueur n’est pas vraiment un tueur, puisqu’il ne tue personne et que seuls ses pièges démontrent son sadisme et sa maladie mentale. Bref, il s’agit là d’un excellent mélange entre ambiance et scénario.

Acteurs enchaînés

Bien entendu, le film ne serait rien sans ses acteurs. Ce qui est assez drôle avec ce film, c’est que Tobin Bell, celui qui joue Jigsaw, est peu présent à l’écran et restera un mystère jusqu’au bout, rajoutant une plus-value au tueur (ce qui sera par la suite complètement détruit). On notera surtout les prestations de quatre acteurs. En premier lieu, on peut parler du personnage de Leigh Whannel, l’éternel acolyte de James Wan. Il joue ici l’un des prisonniers, Adam, un voyeur et photographe. Il est certainement le personnage le plus détestable de l’histoire et l’acteur joue relativement bien. Cary Elwes joue le docteur et le deuxième enchainé. Il s’agit du personnage pragmatique, efficace et qui a tout à perdre dans l’histoire. Il joue étonnamment bien, se révélant touchant et ne surjouant jamais. L’antinomie entre les deux personnages est très efficace, et malgré leurs différends, ils vont être obligés de s’entraider et de se faire confiance. Ken Leung joue le coéquipier de Danny Glover et il le fait assez bien sans pour autant être marquant. Danny Glover, qui est un peu la tête d’affiche du film assure dans un rôle qui lui va comme un gant. Obsessionnel, impulsif et même barjot sur la fin, il joue parfaitement son rôle et reste l’une des références du métrage avec Cary Elwes. Le point culminant du métrage réside dans son twist final, vraiment surprenant et inattendu et finalement très sombre. Ce qui est assez drôle, c’est que pour une saga qui vire vers le torture-porn, il y a très peu de sang et de moments durs. On y voit du sadisme, certes, mais peu de sang et surtout des passages suggérés. C’est d’ailleurs la force de cet opus qui se perdra par la suite.

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Insalubre ces toilettes de discothèque…

Au final, Saw demeure un excellent film, qui engendrera une saga sans fin et qui ne fera que péricliter. S’attardant sur une ambiance glauque et lugubre, un scénario brillant et des acteurs plutôt bons, ce film fait partie des excellents thrillers plus que recommandable. Il montre aussi que James Wan est un très bon réalisateur et qu’il peut réutiliser des codes connus, en foutant toujours la frousse. Bref, c’est bon tout ça !

Note : 17/20

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Par AqME

TrasherNote de Trasher: 18/20 Une véritable claque, tant visuelle que scénaristique.

ServalNote de Serval: 14/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « Saw »

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