Deströyer 666 – Wildfire

Avis :

En matière et rock et de métal, l’Australie semble se tailler une place de choix. Entre le Hard emblématique d’AC/DC et de leurs rejetons Airbourne, le Métalcore de groupes comme Bayharbour ou encore le Viking Métal de Valhalore, l’île-continent possède de jolies choses à nous mettre sous les oreilles. Enfin… de jolies choses… encore faut-il être amateur de métal et de guitares saturées à bloc. Et encore, tout ce petit monde n’a pas la virulence de Deströyer 666, eux aussi australiens d’origine, mais qui sont maintenant domiciliés en Europe. Fondé en 1994 à Melbourne par le guitariste et chanteur K.K. Warslut suite à son départ du groupe Bestial Warlust, le groupe va rapidement produire un EP avant de signer chez Season of Mist pour un premier album en 1997, Unchain the Wolves. Le succès est rapide malgré un style très particulier, très violent, entre le Black et le Thrash, et surtout des thématiques pas très poétiques, comme le satanisme ou le paganisme. Bref, de bons enfants de chœur qui ont envie de chanter des louanges à Satan. Jusqu’en 2002, le groupe offre deux autres galettes qui connaîtront un joli succès auprès du public. Mais il faudra attendre sept ans pour avoir un quatrième album, puis encore sept ans pour pouvoir mettre la main sur Wildfire, le dernier album en date du groupe. Et dire que ça pulse fort est un euphémisme. Mais pourquoi en parler maintenant ? Tout simplement parce qu’il a été mis dans de nombreux tops de 2016 et que la curiosité est un vilain défaut.

L’album débute avec Traitor et le moins que l’on puisse dire, c’est que les australiens savent nous mettre dans l’ambiance. Dès le départ, ça tabasse bien comme il faut, avec une double-pédale omniprésente et des riffs ultra rapides qui ne s’arrêtent quasiment jamais. Le chanteur lâche alors sa voix assez lugubre, entre le growl et le cri, qui a parfois du mal à passer par-dessus la musique, mais qui du coup, offre une ambiance assez apocalyptique. C’est très lourd, très dense et cela peut parfois laisser un peu sur le carreau. Fort heureusement, techniquement, le groupe envoie du bois et les guitaristes sont des tueurs. Les solos s’enchainent à vitesse grand V et le résultat est assez bluffant de ce côté-là. Le problème, c’est que parfois, on a la sensation d’entendre constamment la même chose. En effet, des titres sont assez redondants dans les rythmiques et offrent peu de variation. C’est le cas par exemple du morceau Deathblow qui charbonne, mais qui reste sur une ligne plate tout du long et cela malgré un gros solo en mid-tempo plutôt intéressant, allant piocher du côté du rock pure souche. Die You Fucking Pig ! est dans la même veine, c’est-à-dire très violent, ne laissant que peu de répit à l’auditeur et l’envoyant valser dans un maelström assourdissant. Alors oui, cela reste techniquement impressionnant, mais c’est un peu au mépris de la mélodie pour aller toujours plus vite.

Fort heureusement, le groupe arrivera à donner des pistes qui sortent du lot et qui, même si elles restent très percutantes, sont plus écoutables, ou tout du moins plus mélodieuses. On peut commencer par Hounds at ya Back, qui dès le départ instaure une ambiance malsaine et ne lâche pas la bride dès le départ. Le morceau est pourtant nerveux, mais il arrive à construire une ambiance, une atmosphère qui fait que l’on rentre rapidement dedans et que l’on a envie de voir ce que cela donne. Le rythme est plu lent, la voix plus maîtrisée et le résultat est fort plaisant, notamment avec un refrain bien catchy qui est cohérent avec le reste du titre. On peut aussi parler des références que l’on retrouve dans des titres comme Wildfire, qui démarre à toute berzingue mais avec une rythmique plus posée, faisant penser à du bon vieux Hard Rock des familles. Bien évidemment, par la suite, ça va à toute vitesse, ça défouraille sévère, mais ça reste plus accessible que bien d’autres titres dans l’album. Ce sera aussi le cas avec White Line Fever, un titre plus mélodieux dans sa façon d’aborder les solos ou les riffs des breaks. Enfin, difficile aussi de ne pas succomber à Tamam Shud qui clôture l’album et qui s’avère un petit ravissement Black/Death/Thrash avec une atmosphère bien plus travaillée. Le morceau est long, mais il est travaillé et s’avère même proche du Doom par certains aspects.

Au final, Wildfire, le dernier album de Deströyer 666, qui date quand même de 2016, souffle le chaud et le froid. Si certains titres sont vraiment trop violents avec des mélodies saturées à bloc pour vraiment satisfaire, le groupe arrive à trouver un juste milieu avec d’autres titres plus posés, plus mélodieux, et surtout plus travaillés dans leur structure et leur lourdeur. Bref, un bon album, même s’il semble un peu trop élogieux de le placer parmi les plus belles surprises de 2016.

  • Traitor
  • Live and Burn
  • Artiglio del Diavolo
  • Hounds at ya Back
  • Dethblow
  • Hymn to Dionysus
  • Wildfire
  • White Line Fever
  • Die you Fucking Pig !
  • Tamam Shud

Note : 14/20

Par AqME

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