Guardians of Time – Tearing Up the World

Avis :

Au royaume du Power et du Heavy, les scandinaves sont rois. De nombreux groupes connus et officiant dans ce genre proviennent de pays tels que la Suède, la Finlande ou encore la Norvège et forcément, certains sont un poil moins connus. Guardians of Time fait partie des anciens qui ont eu du mal à percer et qui pourtant sorte cette année leur cinquième album, Tearing up the World. Un album qui suit Rage and Fire, leur précédent opus sorti trois ans plus tôt et qui bénéficie d’une excellente presse. Fondé en 1997, Guardians of Time, originaire de Kristiansand en Norvège, sort son premier EP en 2000 et un premier album en 2001. Les premiers retours sont très bons et motivé par cette bonne presse, le groupe enchaine avec un deuxième album en 2004. Puis, allez savoir pourquoi, le groupe entame une longue pause, en ne proposant qu’un EP en 2011 avant de poursuivre avec A Beautiful Atrocity la même année. Une pause de sept ans avant de refaire surface, c’est assez long et pour le coup, le groupe a un peu plongé dans l’oubli. Néanmoins, il semble revenir en force depuis et avec ce dernier effort, on peut dire que le groupe ne fait pas les choses à moitié, offrant un skeud généreux, assez dense, mais qui malheureusement, manque cruellement d’identité et d’originalité.

La galette s’ouvre avec le titre éponyme de l’album et ça s’enclenche très rapidement. Double pédale, rythmique endiablée, duo de chants en growl et cri aigu, autant dire que Guardians of Time ne souhaite pas perdre de temps et balance la sauce très vite. Le problème, c’est que par la suite, ça se fatigue assez rapidement. Si les riffs sont lourds et que le rythme ne cède jamais, on reste sur quelque chose d’assez classique et de presque surfait. On entend à peine les claviers, noyés sous une batterie ultra rapide, et l’ensemble, même s’il est techniquement irréprochable, reste assez classique. Peut-être même trop. Alors oui, encore une fois, ça reste très bien fichu, mais ça manque d’identité et de signature. On est clairement dans un mélange Heavy/Power qui manque un peu de génie. Et ce n’est pas Raise the Eagle qui viendra contredire cela, puisqu’il s’agit d’un titre lambda, bien construit, parfaitement exécuté, mais que l’on a l’impression d’avoir déjà entendu des centaines de fois. Ce constat, on le retrouve aussi avec d’autres titres comme Kingdom Come, We’ll Bring War, Valhalla Awaits (et cela malgré une rupture bien lourde et sympathique) ou encore Brothers of the North. Tous ces titres sont très bons, mais ils ne sortent pas du lot et restent très calibrés.

Fort heureusement, d’autres titres vont venir égayer ce constat mitigé. En premier lieu, on peut parler de Burning of Rome. En effet, le titre est un peu comme les autres titres précités et ne sort pas spécialement du lot. Sauf qu’il possède un refrain ultra catchy qui rentre immédiatement en tête et qui donne envie de bouger dans tous les sens. C’est suffisamment puissant et intéressant pour qu’on le mémorise très vite. Et si on y rajoute son côté historique, alors c’est plutôt cool. On peut aussi citer As I Burn, qui possède aussi un refrain intéressant, mais c’est surtout dans la lourdeur des riffs que le titre sortira du lot. Mais le morceau le plus intéressant reste Drawn in Blood. Bien loin des standards Power ou Heavy, le titre se rapproche d’un titre Hard Rock, notamment sur la voix qu’emprunte le chanteur. Plus grave, plus suave, avec un rythme plus lent, le morceau se démarque des autres grâce à ce chant, mais aussi à son côté moins épique, plus sobre. C’est un excellent titre qui montre que Guardians of Time sait faire autre chose que du Heavy pur jus sans véritable identité. On notera aussi que dans la version deluxe, il y a un dernier titre en live et qu’il montre tout le talent du groupe pour les moments scéniques. Bref, malgré son côté très étiqueté, Guardians of Time arrive à sortir quelques titres du lot pour attiser une certaine curiosité.

Au final, Tearing up the World, le dernier album en date de Guardians of Time, est assez sympathique. Si on peut lui reprocher son côté trop académique et son manque de prise de risque, il n’en demeure pas moins que le groupe propose quelque chose de qualité et d’assez intéressant dans son fond. Maintenant, est-ce que cela est suffisant pour revenir sur le devant de la scène ? Rien n’est moins sûr.

  • Tearing up the World
  • Raise the Eagle
  • We’ll Bring War
  • Burning of Rome
  • Kingdom Come
  • Valhalla Awaits
  • Brothers of the North
  • Light Won’t Shine
  • As I Burn
  • Drawn in Blood
  • Masters We Were

Note : 13/20

Par AqME

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