Sendero

De : Lucio A. Rojas

Avec Andrea Garcia-Huidobro, Sofia Garcia, Felipe Contreras, Diego Casanueva

Année : 2015

Pays : Chili

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune fille se rend en ville avec ses amis pour fêter la réussite de ses études. En chemin, le groupe tombe sur ce qu’ils pensent tous être un accident. C’est en réalité un piège. Pris en otage par une famille de barbares tous plus désaxés les uns que les autres, ils vont subir un véritable enfer interminable.

Avis :

Pour qu’un film fonctionne à l’international alors qu’il n’a que peu de moyens, c’est très simple, il suffit de créer le buzz d’une manière quelconque. Quel que soit la rumeur, elle va se répandre comme une traînée de poudre et enclencher des curiosités légitimes ou parfois malsaines. Le film d’horreur aime pousser les gens dans leurs retranchements et quand on voit des sites qui commencent à s’affoler en criant au film ultra violent, gore et trash, cela a pour but d’attirer le chaland et l’amateur de bis. Malheureusement, la plupart du temps,on est déçu du résultat, car la violence n’est pas vraiment présente et on sent que cela n’était qu’un coup de communication. Cependant, il arrive aussi que le buzz soit cohérent avec ce que l’on a sous les yeux. Ce fut le cas pour l’ignoble A Serbian Film, doté d’une violence inouïe et d’une mise en scène assez classieuse. Qu’en est-il pour Sendero, film d’horreur chilien qui a fait le buzz autour de son ultra violence ?

Un film hachement sympathique

Autant le dire tout de suite, le film est relativement mauvais. Non pas qu’il ne soit pas violent, parce qu’il l’est, mais surtout parce que rien ne va vraiment dans ce métrage, aussi bien dans l’histoire que dans la mise en scène ou encore le jeu des acteurs. La seule chose qui va bien dans ce métrage, c’est son rythme. Durant environ une heure vingt, ce qui est la base pour un survival comme celui-ci, Sendero possède une excellente dynamique et ne traîne pas en longueur inutile. Ça va vite, on ne s’ennuie pas vraiment et il se passe toujours quelque chose à l’écran. Alors oui, on a souvent droit aux mêmes scènes, comme la femme qui arrive à se sauver, qui court dans les champs et qui se fait rattraper, puis ramener dans la baraque de l’enfer. C’est redondant, mais il y a toujours du mouvement et le film évite un côté statique qui aurait pu être pénible.

Mais ce rythme va aussi devenir un défaut pour tous les autres points cités. En premier lieu, le scénario. Il tient sur un timbre-poste, et encore, il resterait de la place. Ici, on va suivre cinq amis qui veulent partir en vacances dans un coin paumé du Chili et qui vont se faire enlever par une famille de tarésconsanguins. Dans cette famille, on a la matriarche, qui possède la gueule de l’emploi, et deux hommes, un homosexuel refoulé qui se branle devant les détenus, et un psychopathe du sexe, qui ressemble à Cyril Hanouna. Bref, tout ce petit monde va tenter de survivre et de s’échapper de cette baraque, avant de se faire vendre à un homme étrange et soi-disant puissant. Tout le film se déroule dans la baraque et les champs autour, et à chaque fois, on aura droit à la même histoire, la nana qui s’enfuit, qui se fait rattraper, puis qui s’enfuit de nouveau, etc… Rien de bien neuf à rajouter dans l’histoire, si ce n’est un fond qui se veut certainement politique sur sa fin mais qui demeure obscur et complètement incompréhensible. Le film bascule dans ses dernières secondes dans un truc arty absolument dégueulasse où l’on ne comprend pas bien les tenants et les aboutissants du bousin. Bref, c’est con comme ça en peut plus.

Et en plus d’être con, ça en fait des caisses et des caisses. Le film se veut violent, et très clairement, il va l’être, mais de façon putassière. Tout est gratuit dans ce film et rien ne sert vraiment l’intrigue, pour peu qu’il y en ait une. On va avoir droit à des violences physiques avec notamment des doigts arrachés, des têtes tranchées ou encore des visages caillassés et des yeux arrachés. On aura aussi droit à des violences sexuelles, puisque l’un d’entre eux est un gros pervers et se permet même de sodomiser son frère devant un homme attaché. On aura de la violence psychologique avec des actes forcés, comme celui de tuer un ami sous la menace. Bref, tout y passe et rien n’amène à quelque chose. Les enjeux sont infimes, voire inexistants, et l’histoire n’apporte aucun élément auxquels se raccrocher. Alors oui, la violence est bien présente, mais comme elle ne sert à rien, on s’en fout un peu et on rigole bien plus que ce que l’on ressent.

Et il est difficile de ressentir quelque chose pour des personnages dont on se fout éperdument. La rythmique du film empêche tout élan d’empathie pour qui que ce soit. Les tortionnaires sont des clichés sur pattes de mongols consanguins, alors que les victimes sont des jeunes lambdas dont on se fout royalement. Le jeu des acteurs est mauvais, n’arrivant jamais à retranscrire quoi que ce soit et surtout, certaines réactions sont incohérentes. Un coup il faut prendre les blessés, un coup on s’en bat les couilles. Puis d’un coup, un méchant apparaît, et un Deus Ex Machina fait son apparition, et puis par la suite, c’est un type qui arrive à prendre pas surprise un autre gars alors que l’on est dans une plaine vide d’arbres. Bref, c’est du grand n’importe quoi. Et la mise en scène est infernale, raccord avec son montage hyper cut, avec parfois des ellipses de quelques secondes mais qui coupent court à une action en cours ou qui montrent un saut dans le temps et dans l’espace assez flagrant. Bref, on ne va pas épiloguer là-dessus, rien ne va.

ça ne sent pas très bon pour toi…

Au final, Sendero est un très mauvais film d’horreur. Si sa réputation sur son extrême violence est presque justifiée, elle ne l’est pas au sein du film qui enchaîne les mauvaises choses de façon gratuite et complètement désintéressée. On se retrouve face à un film moche, débile, qui essaye de faire du Massacre à la Tronçonneuse version chilienne et on se retrouve avec un sous Frontière(s). Et quand on sait la qualité du film de Xavier Gens, on ne peut qu’être atterré par la qualité de Sendero

Note : 02/20

Par AqME

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