Batman & Mr. Freeze – Subzero

Titre Original: Subzero

De: Boyd Kirkland

Avec les Voix de Bob Hastings, Kevin Conroy, Michael Ansara, Loren Lester

Année : 1998

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Afin de récupérer ses organes et ramener à la vie son épouse, Mr Freeze enlève Barbara, la fille du commissaire Gordon. Batman et Robin vont se lancer à la poursuite du criminel.

Avis :

Au cours des années 1990, Batman aura connu le meilleur, comme le pire, en matière d’adaptations. Après les métrages de Tim Burton, la série animée et le film Batman contre le fantôme masqué, le déclin du chevalier noir s’est amorcé avec Batman Forever. S’il paraissait difficile de faire plus mauvais, Joel Schumacher s’est empressé de nous contredire avec l’effroyable Batman & Robin, blockbuster nanardesque de sinistre mémoire. Le développement et la sortie de Batman& Mr. Freeze : Subzero se situe donc dans un contexte peu favorable, voire carrément hostile, à une diffusion sur grand écran, pourtant évoquée. Les ambitions des producteurs refroidies, le traitement a été expéditif : une sortie en DTV.

Fort heureusement, on s’écarte de l’image déplorable et décérébrée du Mr. Freeze d’Arnold Schwarzenegger pour revenir à une inspiration plus pragmatique et moins caricaturale. Le personnage étant un méchant aussi emblématique que tourmenté dans ses aspirations criminelles. En l’occurrence, sa grande force (ou plutôt sa faiblesse, dans sa situation) est de délaisser toutes questions d’éthique et de morale au vu de l’amour qu’il porte à sa femme. Et c’est dans cette complexité sous-jacente que l’on parvient à comprendre, pas forcément à justifier, les actions de Mr. Freeze. On peut également y dénoter une forme d’altruisme désintéressé envers Nora au regard des sacrifices qu’il est prêt à commettre.

L’ambiguïté du personnage va même jusqu’à interroger sur les responsabilités de la société. De son propre aveu, il est le produit de son engeance. Pour reprendre ses mots : « Je les traite, comme ils m’ont toujours traité ». On appréciera l’ironie et la dualité qui se joue entre sa nature glaciale (au propre, comme au figuré), son manque d’empathie pour les autres et son amour inconditionnel pour sa femme. Face à un antagoniste aussi marquant, les héros sont quelque peu en retrait. L’histoire met en avant leur courage et leurs compétences, mais leur personnalité contraste à l’ambivalence précédemment évoquée par des considérations trop manichéennes.

Contrairement à Batman contre le fantôme masqué, le ton est beaucoup moins pessimiste et tortueux. Sans doute est-ce dû à la présence de Batgirl et de Robin, couple à la ville, qui apporte une touche d’optimisme et une bouffée d’oxygène dans un cadre urbain qui ploie sous la misère et le crime. Toujours est-il que Batman brille surtout par ses qualités d’enquêteur,même si les investigations restent assez linéaires et attendues dans l’ensemble. Quant à Dick Grayson, on devine déjà une volonté évidente de s’émanciper de l’influence de son mentor. De fait, l’ambiance est beaucoup plus légère pour rendre le récit accessible autant à un jeune public qu’aux inconditionnels du Batverse.

Dans cette logique, on notera également une prédominance de l’action avec un rythme assez soutenu, et ce, du début à la fin. Les affrontements et les péripéties s’enchaînent sur un court laps de temps (à peine 65 minutes) avec une certaine variété. Enlèvement, course-poursuite, tentative d’évasion sur une plate-forme pétrolière et explosions en guise de feux d’artifice final tendent vers un aspect très spectaculaire, pour ne pas dire débridé dans sa manière d’exposer les tenants et les aboutissants. Le récit reste cohérent, mais manque quelque peu de profondeur. Ce dynamisme exacerbé précipite les événements, parfois à leur détriment. En soi, ce n’est pas un défaut. Juste un choix qui aurait gagné à être plus équilibré.

Au final, Batman & Mr. Freeze : Subzero est un film d’animation clairement tourné vers un public assez large. Est-ce dû à la bévue méritée de Batman & Robin ou au semi-échec commercial de Batman contre le fantôme masqué ? Écartelé entre le pire et le meilleur, ce métrage sort dans un contexte difficile. Et l’on ressent cet atermoiement des producteurs dans le traitement général. L’antagoniste dispose d’une complexité exceptionnelle, tandis que ses opposants restent davantage ancrés dans les poncifs de l’héroïsme. De même, l’action prévaut sur un récit plus posé et travaillé. Malgré une approche légère qui s’adresse avant tout à un public familial, l’intrigue se laisse suivre sans déplaisir.  

Note : 14/20

Par Dante

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