Ministry – AmeriKKKant

Avis :

Le métal industriel est un sous-genre du métal qui mélange allègrement deux sonorités,tout d’abord le métal pur et dur bien entendu, puis quelques passages électroniques, ou avec des bruitages qui font penser à des machines. Parmi les plus grands représentants du genre, on peut citer par exemple Rammstein ou encore Marylin Manson qui sont les pionniers du genre et qui continuent aujourd’hui de tourner. Mais s’il fallait trouver un précurseur, le groupe qui est à l’origine de ce style, alors Ministry risque fort d’être cité. Fondé au début des années 80 autour d’Al Jourgensen, le groupe connait des débuts assez difficiles avant de connaître la gloire dans les années 90, notamment grâce à l’album Psalm 69 : The Way to Succeed and the Way to Suck Eggs. Puis en 2008, le membre fondateur décrète que Ministry, c’est fini et que plus jamais il n’y aurait de reformation. Un hiatus qui aura duré trois ans, puisque le groupe se reforme en 2011 et sort un nouvel opus en 2012. Après moult changements de line-up, Ministry continue aujourd’hui encore à faire tourner son affaire et tente par tous les moyens d’exister auprès des nouveaux grands du métal indus. Amerikkant est le quatorzième album du groupe et il fallait qu’il relève la barre après un très décevant opus qu’était From Beer to Eternity. Est-ce réussi ?

L’album débute avec I Know Words, et dès le départ, on sent que réapparaissent les scories du frontman. On entend une voix déformée de Donald Trump, quand il dit We Will Make America Great Again, puis quelques violons qui ajoute un sentiment de malaise à tout ça, ralentissant au maximum la voix du président américain. L’ensemble met un temps fou à démarrer,c’est complètement décousu, et finalement, cela n’a pour autre but que de préparer au morceau suivant, Twilight Zone. Là, il ne faudra pas attendre longtemps avant que le titre se lâche,puisque très rapidement on se retrouve avec un riff lourd, une batterie assez lente mais qui appuie la lourdeur des grattes, et finalement, le groupe nous rabâche encore des moments parlés piqués sur émissions télévisées ou encore des moments où Trump parle. C’est assez redondant, c’est très chiant, et pourrait même dire que le groupe fait le minimum syndical. En fait, on se retrouve avec un titre qui dure plus de huit minutes mais sans réel intérêt et avec une cohésion sommaire, si ce n’est de faire comprendre que l’on pourrait se croiredans un épisode de Twilight Zone tant ce monde part en eau de boudin. Fort heureusement, les moments chantés sont plus agréables, mais ils n’offrent aucune variation et finalement, on se fait rapidement chier. Et le constat sera exactement le même avec Victims of a Clown, qui tient finalement les mêmes propos (assez cohérent il est vrai avec le concept de l’album). C’est long à démarrer, ça veut installer une atmosphère malsaine mais ça prend des plombes et quand le titre démarre, la rythmique est la même que pour le titre précédent.

D’ailleurs,la variation ne sera pas le maître mot de cet album qui est d’une longueur insupportable alors qu’il ne possède que neuf titres. Et cela malgré un interlude avec Tv 5/4 Chan, tout simplement insupportable. Si on exclut les deux premiers vrais titres de l’album qui durent plus de huit, d’autres morceaux vont venir émailler la brillance de ce groupe et de cet album. Si We’re Tired of It se démarque des autres par sa force et sa puissance proche du hardcore, ne se reposant jamais, il est aussi l’un des moins intéressants de par son manque de finesse et l’impression d’avoir entendu cela des centaines de fois. Wargasm ressemble à s’y méprendre à du Fear Factory, notamment dans son refrain, et même si ça dure moins longtemps que le reste,c’est assez décevant. Alors il reste Antifa,un titre plus convaincant que le reste, notamment grâce à son solo sur la fin du titre et du coup, à une rythmique qui varie un peu. Et puis il y a le dernier morceau, Amerikka, qui se démarque un peu du reste. Premièrement parce qu’il est plus lent, plus calme et plus construit que les autres, évitant avec brio les interventions parasites d’extraits d’émissions de télé. Deuxièmement parce qu’il utilise sur son final un énorme solo dantesque et très long, donnant un véritable relief à l’ensemble, porté par une batterie redondante mais qui scande un bon rythme. Malheureusement, le mal est fait depuis longtemps et cela ne sauve pas cet album du naufrage.

Au final, Amerikkkant, le dernier album en date de Ministry, est une belle et amère déception. Il semblerait que le groupe d’Al Jourgensen n’ait plus grand-chose à raconter et qu’il ressasse inlassablement la même recette en espérant s’attirer les louanges des fans.Sauf qu’au bout d’un moment, la fainéantise se voit et avec ce quatorzième album, Ministry ne se foule pas et n’arrive pas à se recycler efficacement. Un piètre album pour un groupe qui a connu des jours meilleurs.

  • I Know Wirds
  • Twilight Zone
  • Victims of a Clown
  • Tv 5/4 Chan
  • We’re Tired of It
  • Wargasm
  • Antifa
  • Game Over
  • Amerikkka

Note : 08/20

Par AqME

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