Spider-Man New Generation – Les Toiles Montantes

Titre Original : Spider-Man Into the Spider-Verse

De: Bob Persichetti, Peter Ramsey, Rodney Rothman

Avec les Voix Originales de Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld, Mahershala Ali

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

SPIDER-MAN :NEW GENERATION présente Miles Morales, un adolescent vivant à Brooklyn, et révèle les possibilités illimitées du Spider-Verse, un univers où plus d’un peut porter le masque…

Avis :

Parmi tous les super-héros qui ont subi des reboots incessants, Spider-Man se place entête de gondole. Si Tobey Maguire a hérité du rôle pour la première trilogie de Sam Raimi, c’est ensuite Andrew Garfield qui a endossé le costume pour les deux films de Marc Webb qui n’ont pas convaincu grand monde. Aujourd’hui, on se retrouve avec Tom Holland qui incarne un jeune Peter Parker fougueux faisant partie des Avengers. Le plus surprenant avec ce super-héros, c’est que les reboots se sont succédés de façon très courte dans le temps. A peine le temps d’esquisser quelques traits de caractère qu’il a fallu changer d’acteur et le fusil d’épaule afin de contenter une tranche de fans de plus en plus jeune. Cependant, l’homme-araignée a encore de beaux jours devant lui, puisqu’il revient maintenant sous la forme d’un dessin-animé produit par Phil Lord etChristopher Miller (La Grande Aventure Lego) et qui veut explorer les multiples univers et Spider-Man qui ont existé dans les comics. Le pari, relativement fou, est-il relevé ?

Pour la petite histoire, on va se retrouver avec Miles Morales, un jeune afro-américain relativement intelligent mais qui va se faire piquer par une araignée mutante et se découvrir des pouvoirs similaires à Spider-Man. Alors qu’il erre pour maîtriser ses pouvoirs, il tombe sur un combat entre Spidey, le Bouffon Vert et le Caïd. Ce dernier tue Peter Parker et avant de mourir, le super-héros donne une clef à Miles avec pour ordre de détruire la nouvelle construction du Caïd. Alors qu’il est en galère pour maîtriser ses nouveaux pouvoirs, il va faire la rencontre de plusieurs incarnations de Spider-Man issues de différents univers et ensemble, ils vont combattre le Caïd et toute sa clique. Jusqu’ici, le pitch est relativement simple, et l’histoire est très facile à suivre. En effet, les producteurs et réalisateurs ont pensé à tous les publics, et notamment les plus jeunes qui vont découvrir un nouvel héros. Cependant, le scénario va se révéler très riche en messages positifs et en valeurs multigénérationnelles, tout en adoptant un ton résolument cool et une dynamique nerveuse.

A travers ce dessin-animé, on va y déceler quelques traces de passement de flambeau, laissant la jeune génération prendre le relai pour réussir là où les« vieux » n’y arrivent plus. Miles Morales va devoir prendre des responsabilités, devenir un adulte plus vite et apprendre de ses erreurs. Un message assez classique, mais qui va prendre une autre dimension lorsque les nouveaux Spidey font leur arrivée. On passe alors du simple garçon solitaire qui doit s’en sortir à une relation forte d’un élève à son mentor. Chaque nouvelle apparition de Spider-Man va donner lieu à une arborescence relationnelle assez intéressante. On peut y voir une base de maître à élève avec le Peter Parker adulte et bedonnant, mais aussi une relation plus intime entre Miles et Spider-Gwen, qui refuse le moindre attachement pour ne plus avoir mal. Si les trois autres Spidey sont plus anecdotiques, ils sont aussi là pour montrer des univers intéressants, passant du polar noir au cartoon et sans oublier le manga. Une façon de montrer le côté transversal du super-héros et donc de Spider-Man. On retrouvera donc des valeurs universelles, intelligemment mises en scène et des moments de bravoure dans lesquels Miles Morales se révèle,comme ce moment où il comprend qu’il doit prendre confiance en lui.

Ce qui est intéressant aussi avec ce film, c’est que finalement, il ne rentre pas dans le carcan des dessins-animés formatés. Le film est assez long, avoisinant presque les deux heures et on aura bien 45 minutes de présentation de Miles Morales,son quotidien, ses difficultés d’ado dans une nouvelle école ou encore sa relation presque fusionnelle avec son oncle. Une construction assez longue,mais qui permet de ressentir de l’empathie pour ce jeune homme assez simple,aimant les graffitis, sa famille, mais se sentant un peu étouffé dans une école qui ne correspond pas forcément à ses codes. Il y a aussi une belle intelligence dans la présentation des autres personnages, plus rapides mais assez efficaces avec un modèle redondant sous la forme d’une lecture de comics.On se moque gentiment des Origin Story à rallonge et cela fait un bien fou devoir qu’il ne faut pas trois plombes pour présenter un personnage. Le tout petit bémol viendra des méchants, un poil décevants, notamment Le Caïd et sa quête impossible, ou encore les autres méchants aux visuels novateurs mais qui n’ont pas vraiment de background. Seul le docteur Octopus s’en sort avec les honneurs grâce à un parti pris très surprenant et finalement payant.

Mais ce qui fonctionne à plein régime avec ce métrage, c’est clairement son visuel. Déjà hyper respectueux du matériau de base qu’est le comics, le film ne sera qu’une lecture page par page d’une nouvelle histoire de l’homme-araignée. Outre les hommages appuyés à certains passages cultes des comics, le design se démarque de la concurrence et montre une maestria hors normes. On a la sensation d’être dans un livre animé. Entre le grain dans les aplats de couleurs, les flous sur le premier plan, les petites bulles qui apparaissent à certains moments, les cases qui font leur apparition pour montrer deux actions simultanées, bref, il y a un parti pris, et c’est résolument payant. C’est beau, c’est coloré, c’est fun, c’est très pop et pourtant, ça n’oublie pas la gravité de certaines situations et cela n’empêche pas d’être très adulte par certains moments. Il y a aussi une belle maîtrise du vertige et certaines séquences sont très aériennes, notamment sur la fin lorsque notre jeune héros se jette du haut d’un building, faisant écho à Ghost in the Shell et cela donne naissance à un superbe plan.

Au final, Spider-Man New Generation est une très belle réussite et certainement l’un des meilleurs films de super-héros de l’année. Outre son graphisme complètement fou et son aspect coloré ultra pop,le film se paye un scénario innovant, plaisant, drôle, tout en étant grave et proposant plusieurs degrés de lecture. Peaufinant tous ses personnages afin de ressentir une profonde empathie pour eux, Sony frappe un grand coup et montre que du côté de l’animation, on peut encore faire de grandes et belles choses. Même la scène post-générique est géniale, c’est pour dire la qualité du film.

Note : 18/20

Par AqME

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