septembre 28, 2020

Pupille – Né Sous X

De : Jeanne Herry

Avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Elodie Bouchez, Olivia Cote

Année : 2018

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C’est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision…ou pas.Les services de l’aide sociale à l’enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s’occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d’incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s’appelle Alice et cela fait dix ans qu’elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l’histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.

Avis :

Il y a quatre ans de cela, la jeune réalisatrice Jeanne Herry a surpris beaucoup de monde avec son premier film, « Elle l’adore« . Partant sur les chemins de la comédie, Jeanne Herry nous avait offert ce qui demeure encore aujourd’hui l’une des meilleures comédies françaises de ces années 2010. Depuis, la réalisatrice a fait un tour à la télévision, réalisant ici deux épisodes de la série « Dix pour cent« .

On attendait le retour de Jeanne Herry avec curiosité, avec l’envie, que dis-je, l’espoir, que le talent comique de la réalisatrice allait de nouveau offrir de ses charmes et c’est donc à notre très grande surprise que Jeanne Herry nous revient non pas dans la comédie, mais bel et bien dans le drame. Avec « Pupille« , la réalisatrice s’arrête sur un sujet sensible, dont on parle peu, les naissances sous X. Beau, dur,émouvant et très documenté, sans pour autant tomber dans le documentaire, Jeanne Herry nous fait vibrer et confirme ainsi un sacré talent de metteur en scène.

Le jour de sa naissance, le petit Théo se voit remis à l’adoption, car sa mère biologique,trop jeune pour l’assumer ou même l’aimer, n’en veut pas. Dès lors, il faut d’un côté s’occuper de ce petit bout de choux et de l’autre, il faut lui trouver des parents adoptifs. Toute une structure va donc se mettre en place,une assistante sociale pour constater l’abandon, un homme, Jean, pour accueillir le petit garçon le temps de lui trouver des parents, et enfin des conseillers qui suivent des familles, ou des femmes, en attente d’adoption. Et parmi elles se trouve Alice, la quarantaine, dont le combat a commencé il y a huit ans.

A première vue,comme ça, quand on s’arrête sur les sujets dont va aborder « Pupille« , il est vrai que malgré le fait que cela puisse être intéressant, le nouveau film de Jeanne Herry ne donne pas forcément envie. Naissance sous X, services sociaux, famille accueillante, ou encore adoption, « Pupille » piquait autant l’intérêt qu’il nous faisait hésiter. Il faut dire que ça sent un peu le documentaire estampillé France télévision qu’on a déjà vu mille fois. Mais faire un constat pareil serait une erreur et surtout ce serait passer à côté d’un superbe film.Alors bien sûr, on pourra toujours lui reprocher de trop jouer avec les émotions, mais franchement, c’est bien peu de chose face à l’intelligence et l’importance du film qui va peindre avec une délicatesse et une richesse assez folle des métiers et tout un système dont on n’a même pas idée.

Très bien raconté, sans jamais tomber dans le jugement ou le misérabilisme, ou même le chiant, (quand il s’arrête sur la paperasse par exemple), « Pupille » est un film qui nous tient du début jusqu’à sa fin. C’est un film qui respire le travail fait en amont. Si on trouve là tous les codes du cinéma et du drame saupoudré de petites touches comiques plus que bien venues, « Pupille« , c’est aussi et surtout un film qui trouve son véritable intérêt quand il met en scène et raconte tout ce qui est mis en branle autour de ce petit Théo et c’est très bien, puisque grâce à ce film Jeanne Herry met en lumière des gens et des professions importantes et utiles. Avec « Pupille« , Jeanne Herry nous plonge directement et sans fard dans les coulisses d’une adoption et si son film peut avoir des allures de docu-fiction, il n’oubliera en aucun cas d’être une fiction, un divertissement, qui jouera sur les cordes de l’intrigue,autant que sur celle de l’instruction.

Là où l’on aurait pu avoir des craintes aussi, c’est sur le fait que la réalisatrice puisse s’appuyer sur le charme du bébé. On aurait pu craindre qu’elle filme un bébé entrain de rire, ou de sourire pour nous avoir et même si ces bébés sont adorables, comment leur résister, Jeanne Herry a très bien su développer ses personnages. « Pupille« , derrière le film engagé aux sujets forts, c’est aussi un film choral, et il faut dire que Jeanne Herry a très bien su mettre en scène et diriger tout ce beau monde. Tous humains, tous beaux (même s’il y a quelques maladresses, comme une relation très ambiguë entre deux personnages), tous utiles, ces personnages amènent leur pierre à l’édifice afin de peintre ce sujet au mieux.

On notera toutefois de jolies mentions pour Gilles Lellouche qui n’a jamais été aussi tendre, et Elodie Bouchez qui est incroyable en femme qui a un désir d’enfant. D’ailleurs, la narration qui est faite autour d’elle, de son combat et de son évolution, est très bien et rend le personnage encore plus prenant.

Intéressant, beau, humain, cohérent, instructif sans être chiant, bien écrit, bien mis en scène et très bien tenu par cette troupe d’acteurs au top, Jeanne Herry démontre d’une part qu’elle a un sacré talent et de l’autre qu’elle peut surprendre, allant là où l’on ne l’attendait pas. « Pupille » mérite le déplacement. Décidément,on est très en forme dans le cinéma français en ce moment.

Note : 14,5/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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