décembre 5, 2020

Sous Influence

D’Après une Idée de : Amanda Coe

Avec Emily Watson, Ben Chaplin, Mark Bonnar, Lydia Leonard

Pays : Angleterre

Nombre d’Episodes : 4

Genre : Drame

Résumé :

Yvonne Carmichael, une scientifique reconnue, mère de deux enfants, voit sa vie tranquille complètement chamboulée lorsqu’elle débute une liaison passionnée et inattendue avec un homme dont elle ignore la véritable identité.

Avis :

Inconnue chez nous, Amanda Coe ne l’est pas vraiment en Angleterre, puisque cette scénariste et showrunner travaille pour la télévision anglaise depuis plus de vingt ans maintenant. Oscillant entre séries télés et téléfilms, on peut retenir qu’elle a largement contribué aux séries « Et alors ?« , « Shameless UK« , « The Brief« , « Life in Squares« . Des séries qui restent plutôt inédites par chez nous et finalement, c’est « Shameless UK » qui demeure sa plus connue.

Sortie directement en dvd en Avril dernier, « Sous influence » (quel titre à la con), est une mini-série de quatre épisodes d’une heure chacun et mise en scène par la néo-zélandaise Jessica Hobbs (« Broadchurch« , »River« , « La gifle« ). Depuis quelques années maintenant, les séries britanniques ont le vent en poupe. Il faut dire que les sujets de sa majesté la Reine ont mis la barre très haute et c’est toujours avec autant de plaisir que de curiosité que je me lance dans une série anglaise, même la plus courte.

« Sous influence » était une série qui offrait plein de promesses, dans le sens où elle tenait sur son synopsis une intrigue forte, qui serait, on l’imagine, déjà emportée au plus haut grâce au talent d’Emily Watson, actrice ô combien incroyable et très largement sous-coté. A la sortie de ces heures de série, « Sous influence » demeure une sympathique découverte qui, si elle ne manque pas de se faire marquante, surtout en deux scènes qui vont hanter son spectateur, décevra quelque peu, dans le sens où elle ne sera pas non plus bouleversante et trouvera même un petit ventre mou sur son troisième épisode. Bref, pour la faire simple, « Sous influence« , c’est bon, ça se déguste, mais on a connu mieux.

Yvonne Carmichael est une scientifique réputée qui mène une vie des plus tranquilles. Un jour, après une conférence, elle fait la connaissance de Mark Costley, un homme aussi énigmatique qu’il est séduisant. Yvonne, elle qui a une vie si rangée, commence alors une liaison enflammée avec cet homme. Mais peu de temps après cette rencontre, Yvonne se fait agresser sexuellement par l’un de ses collègues. Refusant de porter plainte pour ne pas devenir qu’une victime aux yeux de la société, Yvonne va devoir essayer de vivre avec ça.

« Sous influence« , c’est une série qui se découpe en quatre épisodes. Ces quatre épisodes vont donner naissance à une série qui s’aventure dans plusieurs genres. On aura donc plusieurs séries en une seule. Plusieurs séries qui vont avoir leur charme, comme elles vont aussi marquer sur certaines évolutions et autres évènements que le scénario nous réserve.

« Sous influence« , c’est tout d’abord une série qui commence comme une romance. Une romance pleine de charme, de vie, d’amour, d’érotisme. Très vite, la série nous prend dans les filets de cette rencontre en dehors du temps. Pendant ce premier épisode, on vit, on frissonne, tout en restant quelque peu tendu face à ce « bonheur » que l’on sait fugace.

Puis une fois cet émerveillement passé, la série tourne au drame psychologique, avec ce viol immonde. Dès lors, « Sous influence » (non mais ce titre…) va devenir beaucoup plus sombre, se faire plus dur et surtout, à travers les premières décisions de son héroïne, la série prend le temps de poser une réflexion sur le regard que la société pose sur une femme victime de viol. C’est une descente en enfer que la série offre. « Sous influence » adopte un ton juste et soulève de très bonnes questions, abordant des sujets durs, comme la honte, la culpabilité, la dénonciation et surtout l’exposition que l’on peut faire des victimes de violet l’horreur des procès. Une scène avec un conseiller résume très bien cette pensée, tout comme une partie du procès qui viendra. Amanda Coe, Jessica Hobbs et Emily Watson parlent avec simplicité, vérité et engagement de ce regard et des sensations ressenties.

Les deux derniers épisodes iront tirer vers le thriller d’un côté (ce qui est un peu raté pour le coup, car ça a bien du mal à trouver sa place) et la série judiciaire de l’autre, étant finalement un procès. Et c’est ici où la série déçoit quelque peu, car si elle nous réserve des moments forts et marquants, osant même se faire imprévisible, le rythme lui, a tendance à retomber et malgré la présence de thématiques fortes et essentielles, dénonçant avec puissance parfois l’horreur des procès, la série tient aussi et paradoxalement un côté déjà-vu, convenu, qui sans ennuyer, fait quelque peu retomber les merveilles de son ouverture. Heureusement, l’écriture, la mise en scène et surtout le jeu incroyable d’Emily Watson font qu’on a envie en permanence d’aller au bout.

Je ressors donc ravi de cette petite série anglaise. S’il est clair qu’on attendait mieux de la part d’une série britannique, il n’en reste pas moins que cette mini-série mérité qu’on s’y arrête, parce qu’Emily Watson est incroyable, parce que la romance du début y est fabuleuse, et puis parce qu’on passe un bon moment devant malgré la dureté des sujets abordés. Des sujets essentiels qui pour certains et surtout certaines remarques ne sont pas près de quitter nos esprits. Bref, une petite série anglaise sympathique à découvrir.

Note : 14/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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