Wolfenstein 2 – The New Colossus

Résumé:

Wolfenstein II : The New Colossus est la suite directe de The New Order, un FPS uchronique dans lequel l’Allemagne nazie a gagné la seconde guerre mondiale. Dans ce nouvel épisode, le capitaine William Joseph Blazkowicz découvre un pays de l’oncle Sam sous occupation. Il est alors temps de prendre les armes et de libérer les Etats-Unis avec l’aide de la Résistance.

Avis :

Si la saga Wolfenstein a toujours eu une place particulière auprès des hardcore gamers, elle est parvenue à toucher un plus large public avec Wolfenstein — The New Order en 2015. Délaissant le contexte de la Seconde Guerre mondiale pour se plonger dans une uchronie pour le moins saisissante, il en ressortait un FPS nerveux, entraînant et original dans son contexte. L’épilogue ouvert laissait augurer une suite. Il aura fallu un détour par la case spin-off (Wolfenstein – The Old Blood) et trois années d’attente pour voir débarquer ce second volet. Sobrement sous-titré The New Colossus, ce nouveau chapitre ne fait guère de mystères. La croisade de William Blazkowicz contre les nazis se poursuit, mais cette fois-ci, elle prend une dimension planétaire (par la suite, galactique) en arrivant sur le continent américain.

Afin de rester cohérente dans la trame narrative, l’intrigue reprend là où elle s’était arrêtée. Sans transition aucune, le contact s’avère brutal pour replonger dans la bataille. Et cela augure d’une approche nerveuse et sans fioriture. Il est vrai que les mécaniques de jeu sont similaires. La familiarisation avec les commandes est immédiate, même s’il est conseillé d’avoir fait le précédent opus avant de s’y atteler. Cela vaut autant pour l’intrigue que pour la maîtrise du gameplay. Là où d’autres licences du FPS privilégient des récits et des univers indépendants, Wolfenstein tient à entretenir son identité. Des ambitions qui démontrent plus d’honnêteté que les contraintes mercantiles obligeant à la sortie annuelle d’un titre.

Si le scénario peut paraître secondaire dans le domaine du FPS, force est de reconnaître que Machine Games soigne son propos. Bien que l’ensemble reste très directif dans la succession des missions, on se plaît à explorer tous les aspects qui composent cette uchronie. Le fait de quitter le vieux continent pour se rendre chez l’oncle Sam permet de renouveler le level design, tout en découvrant le sort réservé aux Américains. La bombe atomique qui a ravagé New York, les derniers bastions de la résistance à La Nouvelle-Orléans, les recherches « scientifiques » de la zone 52 (et non 51) à proximité de Roswell… Chaque chapitre amène son lot de surprises.

L’extrapolation du contexte historique va même jusqu’à mettre en avant la présence du Ku Klux Klan dans les rues de Roswell. On apprécie le parallèle avec les problèmes de ségrégation raciale outre-Atlantique qui ont atteint leur apogée au cours des années 1960. De même, on notera également un côté « grindhouse » déjà entraperçu dans Wolfenstein – The Old Blood. Ici, le ton de la seconde partie et la conclusion s’orientent clairement vers une atmosphère atypique. On songe à l’excursion spatiale qui rappelle Iron Sky et, plus généralement, le mythe des ovnis du IIIe Reich. Certaines pistes tendraient vers la fascination du parti nazi pour l’occultisme, mais en préservant ce sujet pour une éventuelle suite. On pense notamment au mystérieux artefact qui interpelle le professeur Seth Roth.

De même, l’interaction avec les protagonistes est réellement intéressante. Là où les scénaristes auraient pu se contenter de quelques lignes mal dégrossies, le background des personnages offre une vision plus dramatique et réaliste de la situation. On fait la lumière sur l’enfance de Blazkowicz tout en appréciant sa vulnérabilité physique et psychologique. En prenant le temps d’écouter les dialogues en guise d’intermèdes, on découvre des individus marqués par le conflit et néanmoins portés par leurs convictions. Certes, l’enrobage se rapproche grandement de Wolfenstein – The New Order. Pour autant, quel intérêt à modifier une formule qui fonctionne et n’a pas encore dévoilé tout son potentiel ?

Il est vrai que l’héritage de son prédécesseur met en lumière un manque flagrant de nouveautés. Cela vaut aussi bien pour la narration que pour le gameplay. La gestion des armes est reprise à l’identique, même si l’on peut dorénavant customiser son arsenal. Les exécutions furtives sont toujours de la partie, mais s’effacent sensiblement au profit d’une approche plus frontale. Malgré l’architecture relativement ouverte de certains niveaux, le potentiel lié à l’infiltration n’est clairement pas encouragé. D’une part, l’intelligence artificielle reste basique au possible. D’autre part, la méthode du « je rentre dans le tas » est autrement plus jouissive et efficace. De plus, elle permet de s’accoutumer à un rythme qui atteint son apogée lors d’une conclusion éprouvante pour les nerfs.

La continuité est également de mise en ce qui concerne la durée de vie. Là encore, la campagne solo (en mode normal) demandera à minima une quinzaine d’heures de jeu. Cela sans compter quelques séquences ardues, notamment dans le tribunal ou l’assaut final sur l’Ausmerzer, qui relèvent de la frénésie vidéoludique en mode très difficile et extrême. La rejouabilité est aussi bonne avec deux lignes de temps à emprunter en début de parcours et de nombreux secrets à découvrir. Ces derniers étant particulièrement intéressants si l’on souhaite connaître des anecdotes sur les antagonistes. Machine Games soigne son contenu à destination d’un public qui préfère le solo au multijoueur.

Au final, Wolfenstein 2 – The New Colossus est le digne successeur de son aîné. Servie par une narration travaillée faisant la part belle à une caractérisation sensible et crédible, l’intrigue permet d’exacerber le conflit entre résistance et occupation allemande, parfois jusqu’à une dimension stellaire. On retiendra également un contexte uchronique entre subtilités historiques et libertés pleinement assumées au regard de la violence explicite du titre. Les exécutions sont brutales, offrant quelques plans bien gores quand on use de la hache d’incendie. Pas foncièrement novateur, il en ressort néanmoins un FPS de qualité qui n’hésite pas à dénoncer les pratiques propagandistes des pouvoirs politiques pour mieux manipuler les masses et l’opinion publique. Des propos pertinents (et d’actualité ?) au cœur d’un massacre en règle.

Note : 15/20

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Par Dante

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