Suzaku

Titre Original : Moe No Suzaku

De : Naomi Kawase

Avec Jun Kunimura, Machiko Ono, Sayaka Vamaguchi, Sachiko Izumi

Année : 1998

Pays : Japon

Genre : Drame

Résumé :

Kozo, sylviculteur dont le village est frappé par la crise économique, se passionne pour la construction d’un tunnel de chemin de fer qui doit améliorer l’accès au village.

Avis :

Naomi Kawase est une réalisatrice japonaise qui a débuté sa carrière à la fin des années 80. Venant de la ville de Nara, ancienne capitale du Japon, la jeune Naomi Kawase est animée par un fort désir de laisser une trace de son passage. Les cinémas dans la ville de Nara sont en voie d’extinction et la jeune Naomi Kawase a très peu de chance d’y arriver tant les opportunités dans ce métier se font plutôt du côté de Tokyo ou Osaka. Mais malgré ça, Naomi Kawase est décidée. Elle va donc prendre une caméra pour raconter via des documentaires la vie à Nara, les gens qui y habitent ou encore se raconter elle-même et sa famille. Avant d’écrire, produire et bien sûr réaliser ce premier film, la jeune Naomi Kawase fera une quinzaine de courts ou moyens métrages.

Faire un film au Japon quand on est une femme est une mission des plus difficiles tant l’industrie est réservée aux hommes, et alors que beaucoup auraient pu être découragés par cela, Naomi Kawase a décidé d’en faire une force. Bien souvent, c’est la seule femme à présenter un film dans des festivals, et Naomi Kawase intéresse la presse et notamment la presse étrangère. Après avoir hésité longtemps sur le fait de raconter une fiction, elle qui ne faisait que du documentaire, elle s’est enfin lancée et il va en ressortir « Suzaku« , un premier film intéressant dans ce qu’elle a réussi à capturer, la patte Kawase est déjà on ne peut plus présente, mais « Suzaku » demeure aussi un premier film au rythme inégal. Un premier film à la mise en scène parfois beaucoup trop contemplative, comme si Naomi Kawase voulait arrêter le temps pour que rien ne change.

Un petit village reculé dans la préfecture de Nara, une famille parmi tant d’autres vit paisiblement avec joie et problèmes qui font un quotidien. Alors qu’une petite bataille se livre dans la mairie pour savoir si oui ou non la petite ville sera desservie pas un train, un drame va toucher et bientôt ébranler cette famille.

Comme vous avez pu le remarquer, j’aime le cinéma de Naomi Kawase depuis que j’ai découvert « Les délices de Tokyo« . Il y a quelque chose dans le cinéma de cette femme qui est extrêmement touchant et à la sortie de ce premier film que j’ai découvert dans les meilleures conditions possibles, je suis très embêté. Embêté parce que d’un côté, j’ai retrouvé ce que j’aime chez Naomi Kawase et de l’autre, malgré de solides arguments, cette séance de cinéma s’est faite longue, très longue, trop longue.

« Suzaku« , c’est tout d’abord un film qui met en valeur les habitants de sa région, plus qu’il ne s’arrête sur un véritable scénario. Ici, ce qui est beau et touchant à suivre, ce sont les différents portraits que la cinéaste dresse à travers ses images. Alternant les petites intrigues ou simplement des images très courtes sur le visage de personnes habitant le petit village dans lequel se déroule le film, Naomi Kawase a su capturer l’instantané, la simplicité, le véridique et c’est ce qui fait tout le charme de ce « Suzaku« . D’ailleurs, la réalisatrice, présente à la projection, s’étonne elle-même de son propre film, qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps et elle le dit elle-même, elle ne serait plus capable de faire aujourd’hui un film comme celui-là.

« Sukazu« , c’est aussi un film qui porte déjà la patte de sa réalisatrice et si Naomi Kawase met très bien en valeur ces habitants, car oui, ici, il n’y a qu’un seul acteur professionnel (Jun Kunimura qu’on a pu voir dans des films comme « Tel père, tel fils« , « Kill Bill : volume 1« , « Audition« , pour ne citer qu’eux), les autres étant des amis ou des habitants du village lui-même, d’où le fait que la réalisatrice arrive si bien à capturer la véracité de ce quotidien et de ces habitants. Bref, donc comme je disais, le film porte la patte de sa réalisatrice, qui ici filme déjà la nature et l’environnement de cette région comme un personnage fort. Un personnage bienveillant et apaisant qui compte autant que les hommes qu’elle met en scène.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, si le film a bien de solides arguments pour lui, qui laissent déjà transparaître tout le cinéma de Naomi Kawase, « Suzaku » demeure très inégal, et notamment dans sa mise en scène. Le cinéma de Naomi Kawase a toujours eu un côté contemplatif, la réalisatrice a toujours pris le temps de filmer ses paysages et ses personnages, elle a souvent pris le temps de suggérer des émotions, plus que de tomber dans la facilité de la démonstration, et c’est quelque chose que j’adore dans son cinéma, mais jusqu’à un certain point, car ici, elle pousse cette « contemplativité » jusqu’au bout d’elle-même. « Suzaku« , c’est une intrigue où il ne se passe pas grand-chose et Naomi Kawase appuie encore plus cette sensation en étirant beaucoup de ses scènes. « Suzaku« , c’est bien souvent de longs plans fixes où les personnages se regardent sans parler. « Suzaku« , c’est bien souvent des émotions qui sont trop suggérées, c’est des émotions éteintes qui creusent peu à peu l’ennui. Un ennui qui est paradoxal, dans le sens où le film dans le fond est appréciable, dans le portrait qu’il fait de ces personnages.

« Suzaku » est donc un film qui est aussi intéressant qu’il est ennuyant. Si d’un côté Naomi Kawase livre un film qui capture cette région et le quotidien de ses habitants, de l’autre, « Sukazu« , de part ce ton figé, finit par lasser et l’heure et demi que dure le film finit peu à peu par se faire longue, très longue.

Note : 09/20

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Par Cinéted

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