Les Bonnes Intentions – Un Petit Legrand

De : Gilles Legrand

Avec Agnès Jaoui, Albin Ivanov, Tim Seyfi, Claire Sermonne

Année : 2018

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Une quinquagénaire surinvestie dans l’humanitaire est mise en concurrence dans le centre social où elle travaille. Elle va alors embarquer ses élèves en cours d’alphabétisation, avec l’aide d’un moniteur passablement foireux, sur le hasardeux chemin du code de la route.

Avis :

Gilles Legrand est un réalisateur français qui a le don de se faire discret. En quatorze années de réalisateur, il n’a fait que cinq films et chacun de ses films est précédé d’une période de plusieurs années où il se retire et l’on entend plus parler de lui, si ce n’est pour de la production. Car oui, de ce côté-là Gilles Legrand est bien plus actif. Depuis le début des années 90, il a produit ou aidé à la production d’une vingtaine de films, dont certains de Jean-Pierre Jeunet, Patrice Leconte, Philippe Lioret, ou encore Zabou Breitman.

Gilles Legrand, c’est l’homme que l’on trouve derrière « Malabar Princess« , « La Jeune Fille et les Loups » ou encore « Tu seras mon fils » et « L’odeur de la mandarine« … Bref autant dire qu’on est loin d’avoir un manche à la barre et de manière personnelle, j’avoue que c’est toujours avec plaisir que je me lance dans un nouveau film du réalisateur. Arrivant sans prévenir quatre ans après « L’odeur de la mandarine« , voici que Gilles Legrand nous revient pour une comédie dramatique ayant pour sujet le don de soi. Caricature amusante au départ sur l’engagement social, « Les bonnes intentions » finit par vite s’essouffler et malgré de jolis moments, il va bien avoir du mal à nous convaincre pleinement. Dommage, d’autant plus qu’on trouve une Agnès Jaoui plus investie que jamais.

Isabelle, la cinquantaine, est on ne peut plus investie dans le social et l’humanitaire. Isabelle est tellement investie, elle veut tellement bien faire, qu’elle en oublie sa famille. Au centre où elle travaille en plein Paris, Isabelle essaie du mieux qu’elle peut d’aider chaque personne qui entre dans sa classe de Français. Un jour, Isabelle a une idée, faire passer le permis à ses élèves. Elle arrive à convaincre le moniteur de l’auto-école en bas du centre où elle travaille. Mais si Isabelle est bourrée de bonnes et belles intentions, son côté trop excessif a tendance à la desservir dans bien des situations.

« Les bonnes intentions« , c’est un film où tout est dans le titre… « Les bonnes intentions« , c’est un film qui est paré de bonnes intentions. Ici, l’idée, c’est de livrer une caricature amusante et en même temps qui pousse à réfléchir sur l’engament social de certaines personnes. Ainsi, Gilles Legrand, aidé d’une Agnès Jaoui possédée, vont s’amuser avec ce personnage, au point d’aller volontairement dans le cliché le plus total (un peu trop même).

Alors il est vrai qu’au début, « Les bonnes intentions » fait très bien le job, la caricature est drôle, légère, tout en étant poussée. Le film nous offre plusieurs séquences qui sont vraiment drôles. On trouve des dialogues et des quiproquos vraiment fendards. Les personnages sont hauts en couleurs et c’est un petit plaisir de tous les découvrir petit à petit. En plus de ça, comme je le disais, Agnès Jaoui est géniale, mais le film offre de très bons seconds rôles, comme une Michèle Morreti hilarante ou encore la chanteuse GiedRé qui tient pour la première fois un rôle et elle s’en sort très bien.

Toujours pour aller dans le positif, « Les bonnes intentions« , c’est aussi un film qui soulève de bons sujets, pointant du doigt des clichés, parlant de l’immigration, du nationalisme, abordant et critiquant la politique de tout bord, gauche et droite en prenant pour leur grade, même si on sent quand même un amour à gauche.

Gilles Legrand réalise donc un film devant lequel on peut s’amuser. Un film devant lequel on peut passer un petit moment sympathique de cinéma. Mais pour cela, il va falloir faire abstraction de la lourdeur interminable de la caricature. Si le début de ces « … bonnes intentions » est amusant, très vite, le film a tendance à en faire bien trop, au point qu’il dépasse la caricature, pour devenir en son milieu un objet poussif au possible. Les sujets comme le sacrifice de soi, l’envie indéfinissable d’aider son prochain, ou encore tout ce qui est fait et dit autour de la famille et du couple, finissent par être noyé face à cette caricature qui grossit de plus en plus. Elle grossit tellement, et prend tellement de place, que finalement, on ne sait plus si « Les bonnes intentions » est une comédie ou drame. Non, seul reste les discours abusifs de cette femme.

Et ce constat est d’autant plus dommage car « Les bonnes intentions » est intéressant dans certains points de vue et il est important de parler de certains de ces sujets qui sont au cœur de notre époque. « Les bonnes intentions » aurait alors mérité d’être plus nuancé, d’être plus fin.

Intéressant dans l’ensemble, « Les bonnes intentions » est un film qui laisse un sentiment mitigé, car d’un côté, la séance fut amusante et de l’autre elle fut aussi pénible, voire même irritante. Quoi qu’il en soit, « Les bonnes intentions » demeurera comme le film « caricatural » de son réalisateur. À vous de voir maintenant, car je serais bien incapable de le conseiller ou non, tant je reste encore très partagé.

Note : 9,5/20

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Par Cinéted

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