octobre 29, 2020

Kidding Saison 1

D’Après une Idée de : Dave Holstein

Avec Jim Carrey, Frank Langella, Judy Greer, Cole Allen

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 10

Genre: Comédie, Drame

Résumé:

Présentateur d’une émission pour enfants, Jeff reste pour beaucoup de personnes « M. Pickles », une véritable icône du petit écran. Confronté à un drame qui a provoqué l’éclatement de sa famile, il ne peut plus trouver refuge dans les contes de fée ou se cacher indéfiniment derrière des marionnettes pour se sortir d’affaires. La réalité du monde peut se révéler bien cruelle pour quelqu’un qui incarne depuis si longtemps un modèle de gentillesse et de sagesse.

Avis:

« Kidding » est la première création de Dave Holstein, qui était avant scénariste, principalement sur la série « Weeds« , série pour laquelle il nous a offert beaucoup d’épisodes. Mais là n’est pas le réel intérêt de « Kidding« . Non, « Kidding« , c’est avant tout une série qui est en très grande partie réalisée par un certain Michel Gondry qui réalise pas moins de six épisodes sur les dix que compte la série. Puis « Kidding« , en plus des réalisations de Michel Gondry, c’est aussi l’occasion de retrouvailles qu’on espère fabuleuse, entre Gondry et Jim Carrey quatorze ans après le chef-d’œuvre « Eternal sunshine of the spotless mind« .

Partant sur un programme court de dix épisodes d’un peu plus d’une vingtaine de minutes, cette première saison de « Kidding » laisse un sentiment mitigé au bout de ses dix épisodes. Non pas que la série soit mauvaise, loin de là, elle a de très bons côtés et elle nous offre en grande partie ce que l’on était venu chercher. Non en fait, ce qui déçoit avec « Kidding« , c’est qu’elle ressemble à un accordéon. Si l’on se trouve embarqué avec intérêt et émotion, la série aura tendance à plus d’une fois avoir un effet de soufflé, retombant, se cherchant, étant parfois brouillonne face à tant et tant d’idées. Heureusement, Holstein, Gondry et Carrey arrivent toujours à nous récupérer à temps et malgré ce sentiment mitigé, à la fin, c’est avec curiosité qu’on a envie de découvrir ce que la saison deux (s’il y en a une) prépare à ces personnages.

Véritable icône du petit écran, Jeff Pickles anime une émission pour enfants depuis bien des années maintenant. Si Jeff est tout en sourire et bonne humeur, ce n’est qu’un masque, puisqu’une fois les projecteurs éteints, la vie de Jeff s’est arrêtée en même temps que l’accident de voiture qui a tué l’un de ses deux enfants, voilà un an. Depuis un an, sa vie n’est qu’un champ de ruines. Sa femme l’a quitté, les relations avec son fils restant sont difficiles et alors qu’il aimerait parler de son état, du deuil et de la mort, son père, qui est aussi l’homme qui dirige et fait les choix pour son émission, le lui interdit. Comment concilier ces deux états d’esprit dans une réalité qui est aussi cruelle ?

À bien des intérêts, « Kidding » s’est imposée comme la série que j’avais le plus envie de découvrir cette année, alors même qu’il y a six mois de cela, je n’avais aucune idée de sa prochaine existence. Outre la sublime bande-annonce parue cet été, « Kidding« , ce sont les retrouvailles entre Michel Gondry et Jim Carrey. Des retrouvailles qu’on imagine forcément bouleversantes au vu de ce qui été fait par le passé entre les deux hommes. Puis qui dit une série faite en partie par Michel Gondry, forcément elle allait avoir le style qu’aime tant de Gondry. Le tout en faisant la promesse d’aborder de manière aussi légère que lourde des thèmes difficiles, forcément « Kidding » était la série immanquable de cette rentrée.

Alors si on prend comme ça la série, « Kidding » nous offre exactement ce que l’on est venu chercher. Le fil rouge est sublime, prenant, touchant, bouleversant. Les sujets que Dave Holstein aborde sont lourds et l’on ne peut qu’être touché. « Kidding » parle du deuil, de la mort, de la dépression, de la reconstruction, des apparences, de ces hurlements intérieurs qu’on étouffe. Puis la série est tenue comme on l’imagine par un très grand Jim Carrey, qui décidément n’est jamais aussi bon que quand il passe dans le drame. L’acteur impressionne de sensibilité et de retenue, enfouissant sa douleur au plus profond de son personnage.

« Kidding« , c’est aussi des personnages qui sont tous beaux, bien écrit et profonds. « Kidding » développe même pour certains d’entre eux de jolis drames, qui enrichissent encore plus la série. À travers eux, la série aborde aussi la télévision, l’image, l’amour, la famille, l’adolescence, les premiers émois et pleins d’autres sujets encore.

Bien entendu, c’est avec plaisir que la série nous offre ce style fou et décalé dont seul Michel Gondry a le secret. « Kidding« , c’est une série qui est capable de beaucoup de fantaisie et de légèreté, alors qu’elle est dure et cruelle en réalité. « Kidding« , c’est une série qui est capable de nous émerveiller et l’instant suivant de changer de cap sans prévenir. « Kidding« , c’est aussi une série qui visuellement parlant est bien souvent une petite claque, tant elle regorge de créativité et d’inventivité.

Mais comme je le disais, « Kidding » a aussi un côté décevant et ce qui fait sa force est aussi ce qui apporte ses faiblesses. Si la série est incroyable dans sa recherche d’idées et de créations, elle aura aussi tendance à faire passer la dite création devant l’intrigue et si cette intrigue sur l’ensemble est très prenante, il est vrai que la série a parfois des coups de mou. La série a parfois des moments où l’émotion et l’intérêt retombent, tant elle peut partir dans le démonstratif. D’ailleurs, c’est bien souvent ce que l’on peut reprocher à Michel Gondry qui, s’il est un réalisateur hors pair, peut aussi sur certains moments, faire passer la forme avant le fond. Coucou « L’écume des jours« … Puis heureusement, la série arrive toujours à se rattraper et ressaisir notre intérêt et notre émotion.

Donc malgré les sentiments mitigés et la petite déception que véhicule « Kidding« , cette première série signée Dave Holstein et Michel Gondry mérite qu’on s’y arrête. Amusante et touchante, légère et en même temps cruelle, tenue par un Jim Carrey fabuleux, soutenu par un casting merveilleux (Judy Green, Frank Langella, Catherine Keener, Justin Kirk), cette première saison de « Kidding » nous fait passer un petit moment de télévision sympathique et intéressant. On reste donc curieux de voir la deuxième saison.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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