octobre 24, 2020

Popa Chubby – Universal Breakdown Blues

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Avis :

Pour certaines têtes pensantes, le blues, c’est une question de technique et de feeling. C’est quelque chose qui n’a rien à voir avec la rock, et que le blues est même la base du rock. On peut d’ailleurs entendre que le blues c’est la base de beaucoup de chose. A croire que le blues était là depuis la nuit des temps, et que Mozart et Beethoven sont arrivés bien plus tard. Et puis pour d’autres, le blues, c’est facile, il suffit d’aller dans un champ et de crier. Popa Chubby ne s’emmerde pas avec ce genre de considérations et continue à faire son bonhomme de chemin dans un style qui lui va bien, le blues rock. Et n’en déplaise aux puristes ou aux culs serrés qui ont des organes auditifs aussi développés que ceux des bobos parisiens, Popa Chubby sort un nouvel album quasiment tous les deux ans, voire tous les ans. Mais quand on voit la maestria dont il fait preuve, il est très étonnant de savoir que le type est plus connu en France qu’aux States alors qu’il est né dans le Bronx ! Connu que des spécialistes là-bas, le guitariste/batteur/chanteur a sorti son dernier album tout récemment, et c’est avec une impatience digne d’une jeune pucelle prête à passer à l’acte que j’écoute ce skeud. Et qu’en ressort-il ? L’album est-il bon ?

L’album s’ouvre un morceau très ancré dans le blues rock, avec une guitare omniprésente qui ne fait que des solos, une ligne de basse purement bluesy et un clavier qui donne de l’entrain. En écoutant cela, on est typiquement dans le Chicago blues et I Don’t Want Nobody s’inscrit comme un classique du genre, mais avec une virtuosité impeccable. Le deuxième titre, I Ain’t Giving Up s’inscrit sur un autre genre, plutôt vers le pop rock doucereux. Et pourtant, malgré cette voie risquée, le guitariste chanteur s’en sort relativement bien et fait un morceau classique et très touchant. Par la suite, l’album reste relativement éclectique tout en restant dans le domaine du blues et du rock. Seule la dernière pièce est vraiment hard rock avec Mind Bender et son tempo un peu plus violent. Le reste de l’album est très bon techniquement. Les solos de guitare sont dantesques et donnent une immense ampleur à chaque morceau. Et chaque pièce a un style bien précis qui le différencie de la précédente. Par exemple, Finger Bangin’ Boogie s’inscrit dans la lignée du boogie classique, avec un morceau joyeux et entrainant. 69 Dollars sonne comme un bon vieux rock blues sudiste de la vieille époque. Rock Me Baby fera certainement le bonheur des bikers avec une introduction lourde et allant chercher vers ce qui se fait de plus américain dans le rock blues. I Need a Lil’ Mojo va plus vers une espèce de soul funk rock très agréable et avec un refrain hyper efficace. Bref, tout cela est très varié et démontre que l’on peut faire de nombreuses choses différentes dans un même style. Il faut aussi noter les deux pièces durant plus de huit minutes. La première, The People Blues est un chef d’œuvre du genre, reprenant tous les classiques du blues pour en faire une pièce impressionnante de maîtrise et de technique. La seconde est un peu décevante et est surement le point faible de l’album. Popa Chubby se fait plaisir et reprend Over the Rainbow. Mais entre une intro très longue où le monsieur s’amuse à faire la lettre à Elise à la guitare puis un morceau redondant sans grande prouesse technique, c’est un peu dommage. On attend davantage d’une reprise comme celle-là et c’est dommage de voir le chanteur faire dans une complexité pas forcément judicieuse et nécessaire. Mais en outrepassant cela, on reste dans du très haut niveau.

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On pourrait croire que tout le talent de Popa Chubby réside dans sa guitare, qui pourrait lui servir de cure-dent. Mais il n’en est rien, car le monsieur possède aussi une très belle voix.  A la fois grave et typiquement américaine, elle est taillée pour faire du rock, du blues, mais aussi du hard rock. Il reprend très souvent Ace of Spades de Motorhead lors de ses concerts. Bien entendu, sur certains morceaux plus doux, ou qui oscille vers la soul ou le funk, il s’accompagne de chœurs féminins, donnant une certaine douceur mais aussi un entrain renouvelé. Ces ajouts sont toujours judicieux et bien choisis.

Au final, Universal Breakdown Blues, le dernier bébé de Popa Chubby est un excellent album. Alternant des morceaux rock avec d’autres morceaux beaucoup blues, le guitariste permet à sa guitare de s’exprimer librement tout comme sa voix. Les titres lourds et puissants côtoient les moments plus calmes et plus blues pour fournir quelque chose de varié, de bon et de techniquement impeccable. Seule Over the Rainbow reste en dessous des autres titres, sinon, c’est parfait !

  1. I Don’t Need Nobody
  2. I Ain’t Giving Up
  3. Universal Breakdown Blues
  4. The People Blues
  5. Rock me Baby
  6. 69 Dollars
  7. Over the Rainbow
  8. I Need a Lil’ Mojo
  9. Danger Man
  10. Goin’ Back to Amsterdam
  11. The Finger Bangin’ Boogie
  12. Mind Bender

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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