octobre 24, 2020

Strike Saison 2

D’Après une Idée de : Ben Richards

Avec Tom Burke, Holliday Grainger, David Avery, Leo Bill

Pays: Angleterre

Nombre d’Episodes: 2

Genre: Policier

Résumé:

Au bureau, Robin reçoit un paquet et y découvre la jambe coupée d’une femme. Strike dresse une liste de suspects qui ont des vendettas contre lui.

Avis :

En l’espace de trois romans et d’une première saison convaincante, le détective privé Cormoran Strike est devenu l’une des principales figures actuelles des séries policières britanniques. En dépeignant une véritable « gueule cassée » de la vie, J.K. Rowling (ou Robert Galbraith) était parvenue à s’approprier les codes du polar à l’ancienne dans un environnement contemporain. Les deux premières enquêtes avaient eu droit à une adaptation plaisante et respectueuse du matériau de base. Pour cette deuxième saison, on s’attarde sur La carrière du mal, histoire hautement décevante du point de vue de l’intrigue et de sa progression. Cette transposition télévisuelle réussit-elle à inverser la donne ?

Malgré quelques prises de risque au niveau de son entame, on reprochait au roman son inertie et sa complaisance à s’endormir sur ses acquis. Là où on aurait pu insuffler une dynamique nouvelle, La carrière du mal s’essouffle bien vite face à des ambitions littéraires pour le moins ténues. De même, l’histoire en elle-même souffrait de nombreuses maladresses proprement incompréhensibles de la part d’une auteure chevronnée. Aussi, il est difficile d’escompter un quelconque sursaut d’orgueil, sauf si l’on privilégie une libre adaptation du livre.

Au vu du (bon) travail réalisé précédemment, ce n’est pas le cas pour cette troisième enquête. Enfin, dans une certaine mesure. Car si l’intrigue emprunte une connotation personnelle indéniable, elle sera à moitié claire pour les spectateurs n’ayant pas lu le roman. Lorsqu’on effectue une adaptation, il est évident que l’on ne peut pas incorporer tous les éléments de l’histoire, même sous le format d’une série. Pour autant, on s’assure de l’intelligibilité de la progression et de la cohérence des séquences. Une base narrative qui échappe apparemment aux scénaristes. De fait, certains indices ou thématiques sont complètement occultés.

Pourtant longtemps décrit dans les pages du livre, le rôle de Shanker et le passé qui l’unit à Strike ne sont nullement expliqués, ne serait-ce que brièvement. La nouvelle relation amoureuse de Strike s’invite de manière inopportune au milieu de l’intrigue alors qu’elle occupe une place essentielle dans les aspirations sentimentales du détective privé et ses liens avec Robin. De même, les trois suspects sont mal présentés et les tenants susceptibles d’éclaircir le mobile sont remisés à une histoire de vengeance encore plus édulcorée qu’auparavant. Certes, on évite le point de vue du psychopathe hautement dispensable, mais on se demande où se trouvent les justifications sur la fascination que porte la victime, Kelsey Platt, à l’égard de Strike.

Les séquences s’enchaînent et l’on se dit que les éléments à conserver pour cette seconde saison ont été tirés au sort. Se plier au jeu des sept différences relève parfois de considérations mineures, voire négligeables. En l’occurrence, elle met ici en exergue un scénario à l’intérêt aléatoire qui demeure trop circonspect sur certains passages clefs, tandis que les séquences les plus inutiles disposent d’une place de choix. Preuve en est avec la rencontre de Robin et sa mère. Cette dernière incite à renouer avec son futur ex-époux de manière détournée alors que la scène originale suggère un soutien indéfectible des parents, quelle que soit la décision de la jeune femme.

En revanche, un soin tout particulier a été apporté pour proposer une résolution de l’enquête tout aussi bâclée que celle du roman. Il est même possible que l’on bénéficie encore moins d’explications. Cela sans compter un unique indice qui pointe, comme par enchantement, un coupable tout désigné et passablement absent au cours des deux épisodes. Quant à l’épilogue saugrenu, celui-ci laisse en suspens une relation chaotique et ambivalente entre les deux protagonistes. Dommage, car l’alchimie entre les deux personnages et leur interprétation demeure l’une des rares qualités que l’on peut apprécier.

Au final, la saison 2 de Strike est tout aussi décevante et pénible que son modèle littéraire. En ce qui concerne l’intrigue, les défauts restent sensiblement les mêmes. À savoir, un scénario cousu de fil blanc et d’un intérêt limité à cause de son absence d’enjeux. À cela s’ajoute une sélection maladroite des faits qui rend l’enquête bâclée. La progression, elle, manque de clarté et de logique dans le cheminement des déductions et du champ d’investigation. Cela vaut surtout pour les spectateurs n’ayant pas lu le livre qui risquent de se perdre par une évolution tantôt atermoyante, tantôt précipitée. À l’image du roman face aux deux précédents tomes, il en ressort une adaptation médiocre et poussive, bien loin d’égaler la première saison.

Note : 09/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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