Roberto Succo

De : Cédric Kahn

Avec Stefano Cassetti, Isild Le Besco, Patrick Dell’Isola, Vincent Deneriaz

Année : 2001

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Kurt est âgé d’une vingtaine d’années, il a une Golf décapotable et un accent indéfinissable. Léa, une lycéenne, est plus jeune et plus timide. Ils font connaissance sur la Côte d’Azur, à la fin de l’été. Les vacances terminées, la jeune fille retourne chez elle en Savoie. Mais tous les week-ends, avec une régularité de métronome, Kurt part retrouver Léa. Leur relation est celle de deux enfants plutôt que de deux amoureux. Kurt est solitaire et taciturne, il vole des voitures, s’habille en treillis, se procure des armes et des munitions. Parallèlement, Thomas, qui dirige la section des recherches de la gendarmerie, enquête sur le meurtre d’un policier en Savoie, sur une série de cambriolages, des enlèvements de femmes et d’autres types d’agression. Ces faits hautement répréhensibles le mènent bientôt sur la piste d’un criminel italien en cavale.

Avis :

Manifestant une envie de cinéma très tôt, après l’obtention de son BAC, Cédric Kahn monte dans la capitale bien déterminé à faire du cinéma. Très vite, il arrive sur les plateaux ou dans les salles de montage. Depuis son premier long sorti en 1991, Cédric Kahn n’a pas posé sa caméra, et en vingt-sept ans de carrière, il a réalisé onze films. « Roberto Succo » est son cinquième. Roberto Succo est un tueur qui a défrayé la chronique entre 1987 et 1988. Tuant et agressant sans vraiment de logique apparente, les enquêteurs de l’époque ont mis un temps fou à faire un lien entre tous ces meurtres, enlèvements et autres agressions.

Comme vous pouvez l’imaginer, l’histoire de Roberto Succo avait tout pour faire un redoutable film et étant quelque peu fasciné par l’histoire folle et illogique de ce tueur, j’étais curieux de voir le film de Cédric Kahn et à la sortie de cette séance, c’est un sentiment très partagé qui m’envahit. Un sentiment qui fait que dans le fond, je suis loin d’avoir passé un mauvais moment, mais qui dans un autre sens n’arrive pas à me satisfaire vraiment tant il manque à ce « Roberto Succo » l’aspect psychologique du tueur. Succo, c’était un tueur complexe, et malheureusement Cédric Kahn, malgré une mise en scène qui frôle le documentaire, passe à côté de cet aspect qui est sûrement le plus important de l’histoire.

Vendredi 03 Avril 1987, vers six heures du matin à Tresserve, près du lac du Bourget, un coup de feu retentit. La police retrouve le corps d’André Castillo, un brigadier de trente-huit ans. Son arme de service lui a été volée. Ce meurtre n’est pas le premier de Roberto Succo, qui a tué ses parents voilà cinq ans. Échappé en 1986 lors d’une permission, Succo, qui se fait appeler Kurt, va alors tuer, enlever et agresser sans aucune logique apparente.

Le cas « Roberto Succo« … Cinquième film de Cédric Kahn, qui après avoir beaucoup œuvré dans la comédie, se lance dans un drame noir aux fortes allures de thriller, le tout façonné comme un documentaire qui retrace les dix mois pendant lesquels Roberto Succo a fait régner sa terreur.

L’idée était on ne peut plus excellente, tant il y a matière à faire un film. De plus, Cédric Kahn est loin d’être un manche et dans un sens, comme je le disais, « Roberto Succo » est un film intéressant et bon. Cédric Kahn ouvre son film de manière glaçante par exemple, avec la découverte des corps des parents du jeune Roberto Succo. Le film suit alors une ligne directrice très classique, retrouvant le tueur peu après qu’il se « soit » évadé de son institut.

Commençant comme une romance avec une jolie rencontre dans une boite de nuit, Cédric Kahn va peu à peu faire basculer son film dans l’horreur, retraçant sans vraiment de logique, si ce n’est celle de l’histoire, « la chevauchée » meurtrière du tueur de la pleine lune. On appréciera cette mise en scène sans logique apparente, qui finalement ressemble beaucoup à l’état d’esprit désordonné de Roberto Succo. On lui reprochera toutefois de parfois ne pas plus s’attarder que cela sur des points importants de l’affaire, comme l’enlèvement d’une jeune femme dont on ne sait toujours pas ce qu’elle est devenue ou encore ce moment où un corps va être retrouvé dans un cabanon des mois après son assassinat. Mais bon dans un sens, c’est logique dans son illogisme et ça reste cohérent.

Si Cédric Kahn arrive à convaincre de ce côté-là, il déçoit d’un autre côté livrant un film qui aurait dû être plus riche et fourni du point de vue de la psychologie de son tueur. Il y avait tellement à faire et explorer de ce côté-là. Et d’ailleurs, si le film se suit avec intérêt, plusieurs scènes vont paraître étranges, car il manque cette dimension-là au film. D’emblée, on pense à la scène du chauffeur de taxi miraculeusement rescapé grâce à la schizophrénie du tueur.

De plus, Cédric Kahn a fait le choix de Stefano Cassetti pour incarner son « Roberto Succo » et l’acteur, qui d’ordinaire est bon, est ici en demi-teinte. Parfois terrifiant, il est d’autres fois quelconque, voire même mauvais. Mais là encore, la faute ne vient pas forcément de lui, mais plus du manque de fond dans la psychologie du tueur.

Je ressors donc partagé, car si dans le fond, je n’ai pas passé un mauvais moment devant ce film, et qu’il reste un bon film qui retrace fidèlement l’épopée meurtrière de Roberto Succo, il n’en demeure pas moins décevant d’un certain côté. « Roberto Succo » méritait un film plus sombre, plus riche, plus torturé, plus tordu encore. Après, peut-être que ces déceptions viennent aussi du fait que je connaisse l’histoire et que j’en attendais peut-être trop…

Note : 10/20

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Par Cinéted

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