Vampire Hunter D

Auteurs : Hideyuki Kikuchi et Saiko Takaki

Editeur : Kazé

Genre : Fantastique, Horreur

Résumé :

A la suite d’une apocalypse nucléaire, les vampires ont surgi des ténèbres à la tête de hordes monstrueuses et asservi le monde. Pendant des millénaires, ils ont régné en maître, mais la fin de leur ère approche. Les nobles, comme ils aiment à s’appeler, malgré leurs immenses pouvoirs, sont de plus en plus attaqués par des chasseurs prêts à en découdre. L’un de ces Vampire Hunters est un dhampir, mi-homme mi-vampire. Il erre à travers les contrées désertiques qui bordent le monde civilisé à la recherche de clients prêts à payer un bon prix pour la tête d’un seigneur immortel. Son nom… D
Haï par les vampires et rejeté de la société des humains, il erre à travers un monde desséché peuplé de créatures terrifiantes, comptant avec précision chaque minute qui sépare ses frères de sang de l’extinction.

Avis :

L’animation japonaise regorge de petites pépites qui peuvent aisément rentrer au panthéon du cinéma mondial. Les énumérer serait inutile puisqu’il y a beaucoup et cela dans tous les domaines, que ce soit le fantastique, le thriller, la science-fiction ou même la romance. Néanmoins, parmi les œuvres les plus marquantes des années 2000, toujours dans l’animation japonaise, il y Vampire Hunter D Bloodlust. Deuxième film de la licence, ce film a mis tous les fans d’accord, à un tel point qu’il suscite l’engouement pour une adaptation papier, alors qu’en général, c’est plutôt le contraire. Sorti en 2007 au Japon, c’est en 2015 que la maison d’édition Kazé décide de les adapter pour la France, pour le plus grand plaisir des amateurs des films d’animation. Mais est-ce que le médium papier équivaut à la version animée ? Rien n’est moins sûr.

Série terminée en huit tomes, Vampire Hunter D plonge le lecteur dans un monde futuriste. Dès le départ, on a droit à une introduction qui annonce la mort des humains et l’avènement des vampires, avant le déclin de ces derniers pour laisser place à une nouvelle race d’êtres humains surdéveloppés, les Vampire Hunter. Nous évoluons donc dans un univers futuriste fantasmé qui serait le juste milieu entre le post-apocalyptique et le steampunk. Au sein de cet univers, on va suivre D, un Dhampir (mélange entre une humaine et vampire que l’on nomme les nobles), chasseur de vampires surpuissant, fils supposé de Dracula, qui va faire des missions pour gagner sa vie. On pourrait croire qu’à travers les huit tomes, il y aurait un semblant de fil rouge, mais il n’en est rien. Chaque tome est une histoire à part entière, avec le chevalier errant qui trouve du job et démonte du vampire hunter et du vampire tout court. On aura bien quelques éléments concernant la filiation du héros, qui cherche son père désespérément, mais ce sera le seul liant entre les tomes et c’est bien dommage.

C’est dommage car cette façon de faire empêche tout développement du personnage principal. On aura juste droit à ses errances, à quelques remarques de la part des gens qui le croisent pour nous dire qu’il est beau et magnétique, et c’est bien tout. De même que certaines attributions nous sont inconnues et pas du tout présentées dans le manga. Par exemple, la main gauche de D est un parasite qui l’aide dans ses enquêtes, mais on ne sait pas d’où elle vient ni de qui il s’agit. Si on cumule tout cela, on se rend vite compte que Vampire Hunter D version papier n’est qu’un moyen fallacieux de surfer sur le succès de la licence. Rajoutons à cela des personnages secondaires complètement foireux et dont on se fout éperdument, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent, ou plutôt sous les yeux.

Le problème réside aussi dans l’univers exploré. On nous balance quelques informations de ci et de là, mais rien de véritablement travaillé. On sent que l’univers est un peu steampunk, avec de vieilles machines, des chevaux mécaniques ou des armes qui semblent détenir quelques mécanismes, mais on aura aussi des éléments propres à la science-fiction comme une machine à partir dans les étoiles pour changer de planète ou encore des villes flottantes et des technologies très avancées en ce qui concerne le génome humain. C’est très étrange, ça aurait pu être intéressant, mais comme tout le reste, c’est balancé à vau l’eau sans aucune recherche, sans scénario pour amener de la profondeur et on se surprend à en n’avoir plus rien à foutre tant tout est mal fichu, ou tout du moins, sans envie de mettre en avant un univers dense et varié. Même sur le fond du problème, à savoir la recherche de l’immortalité, les liens de parenté de D et d’autres personnages mutants, on n’aura aucune explication et on n’aura pas d’éléments de réponses pour avoir un peu de grain à moudre. C’est ennuyeux et très ennuyant.

Enfin, parlons du dessin. Ce n’est pas que c’est moche. Au contraire, certaines planches sont très agréables à regarder et les débuts de chaque tome, avec le petit dessin en couleur, sont sublimes. Mais on reste sur les mêmes traits pour des personnages différents. On nous dit que D est beau, pourtant il ressemble à Glenn, un vampire hunter blond que l’on rencontre sur la fin. C’est pareil chez les personnages féminins qui se ressemblent tous, avec des poitrines opulentes et des lèvres pulpeuses. On est clairement dans du fan service de mauvais goût, d’autant plus que cela ne sert dans aucune histoire. Le nu intégral du premier tome est totalement gratuit et sans aucun intérêt, si ce n’est montrer des boobs énormes. Cependant, là où le bât blesse, c’est clairement au niveau des combats qui sont illisibles. Il y a des traits dans tous les sens, les personnages sautent, font des roulé-boulé, se mettent des coups de latte, mais on ne sait plus qui fait quoi. Et comme les combats durent en moyenne trois pages sans texte, on passe vite à autre chose histoire d’avoir moins mal au crâne. Il n’y a aucun sens du dynamisme et de la mise en page efficace, contrairement à, par exemple, Berserk.

Au final, Vampire Hunter D version papier, c’est mauvais et quasiment sur tous les niveaux. Entre des histoires basiques et sans grand intérêt, une absence de fil rouge intéressant, des dessins bordéliques et par forcément égaux ou encore un refus permanent de creuser un peu un univers qui semblait prometteur, la version papier de Vampire Hunter D est une belle déception, qui frise bien souvent la catastrophe industriel. Bref, replongez-vous dans le film de 2000, c’est beaucoup mieux.

Note : 08/20

Par AqME

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