Un Homme Pressé – Sauvé par Luchini

De : Hervé Mirman

Avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder, Igor Gotesman

Année : 2018

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n’y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d’un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre.

Avis :

Hervé Mirman est un réalisateur français dont « Un homme pressé » est le premier film solo. Oui, avant de passer seul derrière la caméra, Hervé Mirman avait fait un duo avec l’actrice et réalisatrice Géraldine Nakache. Ensemble, ils avaient livré la surprise de 2010, « Tout ce qui brille« . Ils avaient aussi fait ensemble le décevant « Nous York« .

Cela faisait donc six ans qu’on n’avait plus vraiment de nouvelles du réalisateur et voici qu’il fait son comeback avec un certain Fabrice Luchini. Bon autant le dire d’emblée, Fabrice Luchini, c’est chez moi un gage de qualité tant je pourrais écouter l’acteur parler pendant des heures. Alors quand celui-ci débarque avec une idée aussi loufoque que celle que tenait le scénario de cet « … homme pressé« , forcément, je me suis rué sur la première avant-première que j’ai pu trouver et c’est malheureusement avec une déception que je suis sorti de la salle. Non pas que le film soit détestable, mais malheureusement, cet « … homme pressé » laisse une sensation d’être un film qui a une idée géniale et un comédien au top. Retirez-lui ces deux éléments, et bien il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent et c’est vraiment, vraiment dommage.

Alain est un homme d’affaire on ne peut plus respecté. Bourreau de travail et brillant orateur, il s’est oublié, enfermé peu à peu. Un matin comme un autre, Alain fait deux AVC consécutifs. Si physiquement, il s’en sort plutôt bien, les AVC ont touché la partie de son cerveau qui gère la diction et la mémoire. Pour essayer de redevenir l’homme qu’il était, Alain doit alors apprendre à s’arrêter et se calmer, ce qui est on peut plus difficile pour un homme comme lui.

Imaginez donc, un film où Fabrice Luchini frappé par deux AVC mélangerait les mots et les syllabes. Lui, le féru de la langue française, le féru de la diction qui s’emmêlerait les pinceaux, ça peut donner quelque chose de tordant et forcément avec une telle idée, « Un homme pressé » avait de quoi attirer les curiosités.

Dans ses bons points, « Un homme pressé » nous offre, dans un sens, ce que l’on est venu chercher. Ici, le show que Fabrice Luchini offre est excellent. Le comédien livre une prestation dont seul lui pouvait avoir le secret. Il est bluffant de bout en bout et arrive à faire un exploit assez incroyable, puisque sans qu’on ne comprenne ce qu’il raconte, tout devient compréhensible après un temps d’adaptation. C’est donc le comédien qui rend le film amusant et qui fait qu’on suit cet « … homme pressé » jusqu’au bout de sa reconstruction.

Mais voilà, si on enlève Fabrice Luchini de ce film et si on enlève l’idée elle-même, et bien, il ne nous reste pas grand-chose et c’est vraiment dommage, car avec un tel sujet, il y avait de quoi offrir bien plus touchant et mordant.

Si Hervé Mirman aborde la reconstruction d’un homme touché en pleine ligne droite, jamais le réalisateur va traiter son sujet avec profondeur. Il ne fera que survoler les soucis que rencontre cet homme, restant beaucoup dans le domaine de l’humour et du show que Luchini est capable d’offrir et le tout apparaît décevant d’un côté, car ça manque cruellement d’émotion et c’est très convenu de l’autre, car finalement, le film ne réserve pas de surprise et se déroule comme un parchemin qu’on balance. Et ce constat est d’autant plus dur que le réalisateur soulève de jolis sujets autour de cet homme, comme ce qui est fait autour du personnage de Leïla Bekhti. Mais bon, là encore, même si c’est dans un sens, le sujet le plus touchant du film (ce qui est triste, puisque ce n’est qu’une sous-intrigue), le tout est terriblement survolé.

L’idée était belle sur le papier, mais à l’image, on retiendra surtout le spectacle qu’offre Fabrice Luchini. Un spectacle drôle que seul lui pouvait tenir. Amusant, quoi qu’un peu longuet sur son final qui s’étire, « Un homme pressé« , même si dans le fond a su se faire divertissant, demeurera comme une déception. Une déception qui laisse le cul entre deux chaises, partagé entre le génie de Luchini et ce sujet qui manque cruellement de profondeur et d’émotion. C’est vraiment dommage.

Note : 10/20

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Par Cinéted

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