Beast in Black – Berserker

Avis :

Se faire virer d’un groupe que l’on a fondé, ça fait toujours mal au cœur et il est parfois difficile de se retourner pour faire autre chose. Battle Beast est un groupe de Heavy Métal finlandais fondé en 2005 autour du guitariste Anton Kabanen et qui va réellement se faire connaître en 2010 en remportant notamment la finale du Wacken Open Air, un grand festival de métal. Mais en 2015, le guitariste, chanteur et fondateur du groupe va se faire éjecter de sa place de leader, notamment à cause de divergences artistiques et de relations plutôt toxiques d’après les autres membres du groupe. Qu’importe pour Kabanen qui ne lâche pas sa guitare et qui va construire un autre groupe, espérant certainement faire de l’ombre à ses anciens camarades. Il fonde alors la même année que son rejet Beast in Black et en reprend même la mascotte du groupe, un lion-garou sauvage. C’est deux ans plus tard que né alors Berserker, le premier effort de Beast in Black et qui s’inspire du manga Berserk de Kentaro Miura. Le problème quand on reforme un groupe, c’est que l’on a tendance à se répéter et à parfois produire le même son. On peut citer l’exemple de System of a Down et de Serj Tarkian dont les sonorités sont similaires. Et effectivement, il y a bien une filiation entre Beast in Black et Battle Beast. Est-ce que pour autant cet album est réussi ?

L’album débute avec le nom du groupe et il s’agit d’un titre très classique pour qui est rompu au Heavy à tendance Power dans ses paroles. Après une introduction grandiloquente avec un cri « chanté » de la part du chanteur, le morceau part sur les chapeaux de roue et ne démord jamais de sa rythmique diabolique. Néanmoins, on ressent rapidement les limites du groupe qui ne va pas vraiment se livrer dans ce titre ; C’est-à-dire que l’on reste dans quelque chose de très classique, de très propre mais qui ressemble à n’importe quel bon groupe de Heavy/Power. On peut par exemple citer Rhapsody pour les plus vieux. On repèrera tout de même quelques ajouts aux claviers qui ne sont pas dégueulasses et qui donnent un vrai cachet au titre. Des claviers qui seront très présents, comme dans l’introduction de Blind and Frozen avec d’entamer un chant clair étonnant qui fait penser à une femme alors qu’il s’agit bien d’un homme derrière le micro. Cela permet de voir toute l’étendue vocale du chanteur qui s’en donne à cœur joie et peut alterner entre des chants plus gutturaux et des moments vraiment doux. Mais encore une fois, la prise de risque est absente et le groupe se contente du minimum syndical pour nous surprendre. Et on regrettera presque certains titres comme Born Again ou encore The Fifth Angel, qui sont très morceaux génériques, sympathiques mais vite oubliables.

Fort heureusement, le groupe possède une certaine identité qui va lui permettre de sortir un petit peu de la masse. Et cette identité se trouve dans l’utilisation presque abusive du clavier qui donne une certaine aura au groupe et qui va même lui permettre de sortir de sa zone de confort. S’il ne le fait pas avec Blood of a Lion, qui est l’un des meilleurs titres de l’album et qui bénéficie des claviers en introduction, c’est surtout avec Crazy, Mad, Insane que Beast in Black va prouver qu’il est capable de tout. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce titre est un savant mélange de Métal et de… disco ! Entre la batterie électronique, la rythmique au clavier et la mélodie qui semble provenir tout droit des années 80, le groupe surprend, mais dans le bon sens du terme. Alors qu’il pourrait être sur la tangente avec une telle production, c’est vraiment bien fait, c’est entrainant et surtout, ce n’est jamais putassier, montrant finalement que le groupe peut proposer autre chose. Le mélange est culotté et vraiment payant. On retrouvera un peu de cette verve dans Eternal Fire qui résonne presque comme The Final Countdown de Europe et c’est presque un plaisir coupable que d’écouter ce morceau. Bref, le groupe arrive malgré tout à trouver une certaine identité et à surprendre au milieu de son classicisme pour qui écoute tout le temps du Heavy/Power. On notera aussi une belle ballade pour clôturer l’ensemble.

Au final, Berserker, le premier album de Beast in Black, est un album fort sympathique et qui annonce l’arrivée d’un tout nouveau groupe assez prometteur. Si on pourra lui reprocher parfois de faire dans la facilité, il sait aussi prendre des risques pour surprendre et afficher une nette différence avec la concurrence. Et puis il n’en demeure pas moins un groupe technique et mélodieux, qui fait déjà ses preuves sur scènes et c’est tant mieux. Bref, un album agréable, pas inoubliable mais qui annonce, on l’espère un grand groupe en devenir.

  1. Beast in Black
  2. Blind and Frozen
  3. Blood of a Lion
  4. Born Again
  5. Zood the Immortal
  6. The Fifth Angel
  7. Crazy, Mad, Insane
  8. Hell for all Eternity
  9. Eternal Fire
  10. Go to Hell
  11. End of the World
  12. Ghost in the Rain

Note : 14/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net