The Rebel

Titre Original : Dong Mau Anh Hung

De : Charlie Nguyen

Avec Johnny Nguyen, Dustin Nguyen, Stephane Gauger, David Minetti

Année : 2007

Pays : Vietnam

Genre : Action

Résumé :

Dans les années 1920, le Vietnam est une colonie française et des rebellions contre cette domination éclatent dans le pays. Pour lutter contre ces troubles, la puissance coloniale met en place des groupes d’autochtones. Lo Ven Cuong est chargé d’assassiner un leader de la résistance. Mais lorsqu’il rencontre la fille de celui-ci, une combattante farouche, experte en arts martiaux, ses sentiments comme ses idées vont changer…

Avis :

Au vu de leur histoire et de leur origine, les arts martiaux sont indissociables du cinéma d’action asiatique. L’un ne va pas sans l’autre et s’en affranchir relève de la gageure. Au début des années 2000, Ong-Bak marquait le regain d’intérêt occidental pour le genre, tandis que les figures hollywoodiennes sombraient progressivement dans les affres du DTV. Le traitement se révélait efficace et la qualité des prestations physiques (sans trucage) permettait d’oublier un « scénario prétexte ». Si les films thaïlandais touchent un public relativement restreint en France, les productions vietnamiennes sont encore plus rares ; hormis peut-être le contemplatif L’odeur de la papaye verte ou A la verticale de l’été.

Certes, nombre de métrages évoquent la guerre du Vietnam, mais toujours sous un angle extérieur. A fortiori, cette page de l’histoire occulte également l’époque de la colonisation française dans le Sud-est asiatique de la fin du XIXe siècle jusqu’à la moitié du XXe siècle. Là encore, L’amant ou Indochine sont des films narrés sous le prisme de l’occupation française. On le devine à son approche et à quelques explications en guise de mise en bouche, The Rebel tient à développer le contexte avant d’être un film d’action pur et dur. Une période trouble et peu reluisante de l’histoire colonialiste française dont on ne fait guère étalage.

Il est aisé de distinguer des propos nationalistes qui prônent l’indépendance et l’identité culturelle face à l’oppresseur occidental. En ce sens, le discours est orienté vers un traitement très manichéen, et ce, malgré quelques allusions qui tentent d’écarter toute généralité. Cependant, le ton patriotique n’est en rien un écueil. D’une part, cela sert l’histoire sans pour autant la supplanter. D’autre part, la critique de ces considérations est aussi déplacée que l’ergotage sur les actes de la résistance française sous l’occupation allemande. Le cadre, l’époque et les partis sont différents, mais les circonstances demeurent similaires à plus d’un titre.

Le fait de dépeindre l’armée française sous un jour peu glorieux reste intéressant, mais l’initiative s’avère assez peu convaincante, car trop caricaturale. Ce point aurait gagné à ne pas se contenter de lignes de dialogue simplistes et redondantes où l’on se cantonne à quelques allusions racistes telles que « le fléau de l’homme blanc ». Pour le reste, les antagonistes se limitent à dire « (sale) bâtard », « bande de chiens » ou « Retournez-vous ! ». Dans un exercice de style différent, il aurait été plus judicieux de nuancer le propos afin d’éviter un clivage trop flagrant. On songe notamment à L’ennemi intime, également sorti en 2007, qui parvenait à crédibiliser le portrait des soldats sans pour autant minimiser leurs actes ou justifier leurs crimes lors de la guerre d’Algérie.

Quant aux combats, principale attraction de ce type de métrage, on reconnaît le savoir-faire asiatique en la matière. Les jeux de caméra sont dynamiques et maîtrisés. Les enchaînements se révèlent particulièrement fluides, même après un contre ou un blocage de l’adversaire. Le fait que les performances physiques des acteurs ne soient ni diminuées ni exagérées concourt à rendre les affrontements plus brutaux et spectaculaires sur un intervalle de temps assez court. Étant donné l’origine du film, l’art martial qui se distingue est le Vovinam Viet Vo Dạo. L’exécution des ciseaux volants ou l’alternance entre le combat rapproché à mains nues, puis à l’aide d’armes blanches, restent assez caractéristiques. On fera néanmoins l’impasse sur sa présence anachronique puisqu’il a été créé à la fin des années 1930 et non au cours des années 1920, cadre temporel de l’intrigue.

Au final, The Rebel est un film d’action plutôt surprenant dans le sens où son réalisateur aime à mélanger les genres et les styles. Tour à tour fresque historique, drame romantique et même western (l’assaut final du train), le film de Charlie Nguyen ne se limite pas à un domaine restreint pour développer son récit. En cela, certaines séquences volontairement lentes sont susceptibles de décontenancer les puristes. Pour autant, The Rebel développe son contexte avec une rigueur évidente ; qualité que l’on aimerait retrouver dans d’autres productions du même acabit. Malgré quelques maladresses par rapport à l’image caricaturale des antagonistes et des fusillades moins percutantes que les combats, on tient là un métrage qui respecte ses promesses et bénéficie d’un travail chorégraphique d’excellente facture.

Note : 14/20

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Par Dante

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