Voïvod – The Wake

Avis :

On l’oublie souvent, mais la musique n’est parfois pas qu’une question de musique. Je m’explique. Quand on écume les magasins spécialisés ou autres boutiques de vente, on ne s’arrête pas toujours aux casques qui sont à disposition pour écouter le dernier album d’un groupe connu, mais il arrive parfois que l’on regarde les jaquettes de groupes qui nous sont inconnus. Du coup, le design de la jaquette fait partie intégrante de l’attrait que l’on peut avoir pour un groupe. Et s’il est évident qu’une belle pochette peut cacher un groupe de merde, l’inverse est aussi vrai. Seulement, une jaquette moche n’attirera pas forcément les foules ou les yeux des curieux. Mais qu’importe pour Voivod qui fait confiance à son batteur pour livrer des pochettes qui oscillent constamment entre le vertige créatif et le design puéril d’un enfant pris de démence. Target Earth, le précédent album, bénéficiait déjà d’une pochette étrange et très moche, mais avec The Wake, on réalise que l’on tombe sur quelque chose d’étrange, de plus parlant en termes de démence et que l’on sait que Voivod ne propose pas forcément des comptines pour enfants. Quatorzième album studio qui affiche un tout nouveau bassiste, Voivod revient après cinq ans d’absence et on sent que le groupe en a sous la casquette, offrant une galette riche, peut-être même un peu trop.

Le skeud débute avec Obsolete Beings et on peut ressentir un petit retour aux sources. Il faut savoir que Voivod est à la base un groupe de Thrash Métal qui a petit à petit dévié vers le Métal Prog tout en gardant quelques fulgurances de son passé. Avec ce premier titre, la formation ne fait pas forcément dans la dentelle et envoie la purée très rapidement. Si le titre est long, d’un point de vue structurel, c’est assez classique et ça se laisse bien écouter. Les riffs sont agressifs, ça va assez vite et globalement, le groupe surprend dans le bon sens du terme. Il surprend car parfois, le groupe part dans des délires usants avec des sons discordants et des moments aériens assez pénibles, qui ressemblent plus à des étapes forcées pour coller au Prog. D’autres titres seront d’ailleurs dans la même veine, durant tout de même plus de cinq minutes, mais réussissant à livrer un son pur et brutal, qui peut parfois dénoter avec la voix nasillarde du chanteur. On pense par exemple à IConspiracy et à ses solos dissonants mais aussi à son énergie débordante et à la rage qui en découle. On peut aussi évoquer Always Moving et son introduction qui fait presque penser à du punk à cause de sa batterie qui tabasse fort. Seulement, le morceau diffère des autres à cause de son couplet très planant, affichant la bizarrerie avouée du groupe, qui aime proposer des choses étranges et hors du temps ou de l’espace.

Ce délire d’ailleurs, d’être un peu en dehors des clous au niveau des voix ou des mélodies, porte aussi préjudice au groupe qui reste tout de même un peu underground malgré sa grosse notoriété et sa longévité. Certains titres sont très longs (le plus long durant plus de douze minutes) et aucun n’est réellement catchy ou n’accroche l’oreille. Tant et si bien que l’on quitte l’album après plusieurs écoutes sans avoir vraiment de mélodies en tête. On ne gardera que les quelques sons bizarres et la complexité de certaines structures, à défaut de pouvoir chanter avec le groupe. Le premier titre qui est dans cette veine, c’est The End of Dormancy, qui reste assez accessible, mais qui possède tout de même des moments difficiles d’accès, notamment dans les riffs qui ne sonnent pas forcément justes. Mais le refrain est plutôt intéressant et rentre bien en tête. On peut aussi citer Orb Confusion et son rythme syncopé à mort qui pourrait presque faire penser à du Punk en plus nerveux et aux riffs plus lourds. Il y a aussi Spherical Perspective et son solo incroyable en fin de morceau qui relance ensuite sur une mélodie très scandée et un chant aérien un poil hors de propos. Enfin, difficile de passer à côté de Sonic Mycelium, le dernier titre qui dépasse les douze minutes et qui s’avère un peu longuet, avec des moments rudes, des passages typiquement Prog et un final au violon qui tombe de façon un peu incongrue.

Au final, The Wake, le dernier album de Voivod, est un très bon album si l’on s’en tient uniquement à la technique des musiciens. Les compositions sont riches, les structures sont souvent complexes mais ont un vrai sens. Le problème, assez récurrent avec ce groupe, c’est qu’il est très difficile d’approche, que ce soit dans ses thématiques ou dans ses mélodies. Entre des moments assez discordants, des sonorités bizarres et des cordes qui semblent dissoner, on est dans un métal progressif particulier qui peut plaire comme il peut rebuter. Ajoutons à cela une voix nasillarde mais puissante et on obtient certainement l’un des groupes les plus difficiles d’accès du moment. Néanmoins, ça vaut le coup, au moins pour la curiosité.

  1. Obsolete Beings
  2. The End of Dormancy
  3. Orb Confusion
  4. IConspiracy
  5. Spherical Perspective
  6. Event Horizon
  7. Always Moving
  8. Sonic Mycelium

Note : 14/20

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Par AqME

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