octobre 21, 2020

Gremlin

Titre Original : The Box

De : Ryan Bellgardt

Avec Adam Hampton, Kristy K. Boone, Catcher Stair, Katie Burgess

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Adam reçoit une mystérieuse boîte. Dans celle-ci, une créature prête à tuer tous ceux qu’il aime. Seule solution pour se débarrasser de la malédiction : donner la boîte à un proche.

Avis:

Que faut-il pour qu’un film d’horreur soit efficace ? La question peut se poser légitimement quand on voit les derniers bousins que l’on doit se fader et qui n’arrivent plus à faire peur, ou tout du moins à construire quelque chose qui fait peur. Il me semble que pour qu’un film d’horreur soit bon, il lui faut deux choses primordiales. Premièrement, des personnages pour lesquels on ressent de l’empathie et qui sont crédibles dans leur background. On ne demande pas grand-chose, mais les choses les plus simples sont les plus prégnantes et bien souvent, il suffit de montrer des gens bienveillants et comme tout le monde pour que le lien se fasse. Ensuite, il faut peaufiner une ambiance anxiogène, qui fait monter la pression petit à petit, par à-coups sporadiques pour montrer qu’un danger rôde et grandit. En règle générale, si ces deux choses sont présentes dans un film d’horreur, alors le pari est bien souvent gagné. Cependant, on tend de plus en plus à accumuler les jump scare sans travailler l’ambiance, et on présente des personnages pénibles, caricaturaux, pour lesquels on ne ressentira rien. Et à titre d’exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire, Gremlin en impose un paquet.

Bon, on se doute qu’avec un film comme celui-ci, on ne va pas avoir droit à un chef-d’œuvre et encore moins à un film qui va rafler des oscars. Mais on peut s’attendre à être surpris par une prise de risque, par des personnages attachants ou par une mise en scène étonnante. Malheureusement pour nous, le résultat sera bien médiocre et cela sur bien des points, même si on notera un léger effort qui fait gagner un bon point au métrage (et non, je ne parle même pas de sa courte durée). Le pitch de ce film est assez étrange. On commence avec un homme qui attend devant une boîte, fusil à la main. La boîte s’ouvre et une petite créature très agressive en sort, s’attaquant alors à la femme de ce dernier, la tuant d’un coup précis avant de retourner dans sa boîte. Il décide alors de donner cette boîte à sa mère, lui disant de l’offrir au plus vite à quelqu’un qu’elle aime. Et elle l’offre de suite au mari de sa petite-fille, qui vit avec elle, ainsi que sa femme et ses deux enfants. Il ne faudra pas longtemps pour que le monstre sorte puisque le fils de la grand-mère ne lui a pas parlé de la malédiction et elle offre l’objet sans lui dire de le passer à quelqu’un qu’il aime profondément. Bref, nous sommes face à une famille qui va en prendre plein la gueule par un amas de pixels dégueulasse dont le design semble provenir d’un artwork d’une personne alcoolisée. Qu’on se le dise, le pitch ne vaut pas grand-chose et le film va accumuler les tares au fur et à mesure des minutes. Tout d’abord parce que cela avance très lentement et ensuite parce que le film ne fait rien pour rendre le film un peu prenant.

Pour en revenir aux différents points de l’introduction, Gremlin est l’exemple même du film qui ne peaufine absolument pas son ambiance. Que ce soit au niveau de la mise en scène, de la photographie, de l’éclairage, etc… rien n’est marquant et rien ne va venir titiller l’œil du spectateur. C’est fade, sans réel génie et même si les coupes budgétaires devaient être serrées, on reste sur quelque chose de moins intéressant que chez un youtuber un peu consciencieux. C’est dommage parce que derrière ce manque d’ambiance, il y avait quand même une volonté de raconter une histoire un peu à part, avec un monstre issu de la mythologie et une boîte qui n’est en fait qu’un cheval de Troie. Si le mystère reste complet durant une bonne partie du film, on ne peut que regretter le fait de n’avoir pas plus travaillé le background de la bestiole ou tout du moins de ses origines. On sent un travail bâclé de ce côté-là et c’est bien triste. D’autant plus que des films comme celui-là, peu couteux et sans réel enjeu sur le marché de l’horreur, on peut prendre le temps de le peaufiner. Quoiqu’il en soit, on reste de marbre devant un film qui est censé faire peur et qui ne fait que rire finalement. Et encore, on rit jaune.

Ensuite, on va vraiment rester sur notre faim quant aux personnages. Si on va suivre une famille tout ce qu’il peut y avoir de plus normal, c’est-à-dire un couple avec deux enfants, elle est tellement dysfonctionnelle que cela en devient risible, voire même stupide. C’est bien simple, on a droit à la femme qui est un peu dépressive, le mari architecte infidèle qui se tape une bombasse derrière le dos de sa femme, le jeune fils à moitié autiste qui aime vivre dans un carton et la fille adolescente qui tombe enceinte. Bref, un portrait ridicule et qui va agacer plus qu’attendrir. Il faut dire que les acteurs ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes (en même temps, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne) et certains passages frôlent l’indécence. A titre d’exemple, on peut citer ce moment où la bestiole attaque la famille à l’extérieur, perce un pare-brise avant de disparaître et que la fille de la famille décide de sortir de la voiture en marchant, claquant la porte à son petit copain. Il y a un vrai laissé aller dans ce film, dans les personnages et dans les réactions et cela rend l’ensemble très pénible. Pour ne pas dire énervant.

Cependant, le film se sauve avec une petite chose, son absence de pitié. Si la volonté première est certainement de choquer le spectateur en tuant des personnages dont on ne se doutait pas, cela reste presque libérateur, permettant de ne plus voir quelques sales gueules insupportables. Et les morts sont plutôt cool, allant du simple coup de patte dans le cœur à de l’éventration pure et dure. Si ça reste mal fait, c’est assez gore pour susciter du rire et ce n’est pas plus mal. Et le film d’aller jusqu’au bout de son concept, n’hésitant pas non plus à tuer des enfants ou des adolescents. Là, on est dans la surprise et l’inattendu et c’est plutôt pas mal. Par contre, la fin est complètement ratée, montrant un monstre géant et résolvant le film d’un coup de cuillère à pot, sans pour autant conclure vraiment l’intrigue. Cela montre encore une fois la faiblesse de l’écriture d’une telle entreprise, typique des productions bas de gamme américaines qui sortent à la pelle chaque mois.

Au final, Gremlin est un mauvais film d’horreur. Voulant mettre en avant une créature maléfique mythologique sortant d’une boîte de Pandore, le film se perd dans son manque de budget et dans son manque d’ambition. L’atmosphère est quelconque, les personnages sont pénibles en plus de ne pas être crédibles, les effets spéciaux sont ridicules et l’histoire ne tient pas debout. Reste les quelques meurtres sympathiques, mais c’est bien trop peu de chose. Bref, un navet de plus dans le cinéma d’horreur.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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