septembre 24, 2020

Exit 14

De : Joe Salcedo

Avec Tom Sizemore, Laura Flannery, Ashton Leigh, Anthony Del Negro

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Un groupe de springbreakers se perd après avoir pris la mauvaise sortie d’autoroute. Ils rencontrent Roy, qui leur raconte une histoire de fantôme…

Avis:

Si les films d’horreur sont souvent le point de passage presque obligatoire pour les cinéastes en devenir, ils demeurent aussi le cimetière de gloires passées qui tentent par tous les moyens un retour plus ou moins fracassant. Malheureusement, on le sait, il ne s’agit pas de retours mais plutôt de trous creusés plus profondément, enterrant à tout jamais une carrière qui fut plus ou moins prolifique. Danny Trejo est certainement l’un des meilleurs exemples que l’on puisse avoir, mais il n’est pas le seul. On peut y inclure Gary Busey, Vinnie Jones ou encore Tom Sizemore. D’ailleurs, parlons un peu de ce dernier. S’il commence sa carrière à la fin des années 80 avec des prestations dans des films comme Né un 4 Juillet, il connaitra la gloire au milieu des années 90, tournant pour les plus grands comme Michael Mann dans Heat ou encore Oliver Stone pour Tueurs Nés. Mais les années 2000 vont sonner le glas de sa carrière, enchainant les seconds rôles ou les films de merde. Et films de merde est un mot mesuré puisque petit à petit, l’acteur va sombrer dans une sorte de déchéance presque gênante. Et il touchera le fond en 2016 avec Exit 14, un film d’horreur affreux dans lequel il fait une prestation… transparente.

L’histoire de ce film tient sur un post-it. Quatre jeunes, deux filles et deux garçons, partent fêter le springbreak, sauf qu’en cours de route, ils perdent leur chemin et prennent la sortie 14. Alors que la voiture subit une avarie, ils sont aidés par un garagiste fort sympathique qui leur propose de les héberger le temps d’une nuit. Alors que les quatre jeunes commencent à faire un jeu à la con avec de la bière, les ennuis commencent, puisque l’un d’eux tombe malade et les autres commencent à disparaître. Bref, c’est la merde et comme par hasard, les téléphones portables se déchargent très rapidement. Le pitch du film pourrait faire penser à un slasher bas de gamme, avec un tueur qui semble être sympathique de prime abord. D’ailleurs, le début du film tend vers cette hypothèse puisque l’on entend la radio parler d’un tueur en série qui sévit dans la région. Le doute n’est plus permis lorsque l’on voit Tom Sizemore ranger des affaires et affichant un sourire lorsque l’affaire est évoquée. Seulement, le film va vouloir partir dans une autre direction par la suite, celle de la présence fantomatique démoniaque, et là, ça n’a plus de sens.

En fait, Exit 14 ne saura jamais sur quel pied danser et quel chemin prendre entre le film de tueur, le film de fantôme revanchard et le film de possession. Joe Salcedo, le réalisateur, n’arrive pas à se décider et livre finalement un navet qui ne va jamais au bout de ses idées, délivrant quelques bribes de chaque chose sans que cela ait de liant. Le film ne durant qu’une heure et quart, le cinéaste, dont c’est le premier film, n’arrive pas à poser un semblant d’ambiance. Les lumières ne sont pas travaillés, la direction photographique est inexistante et il n’y a aucune envie de faire un film « joli ». C’est-à-dire que rien ne met en valeur l’histoire, les personnages ou encore les différentes ambiances voulues. Quand on est dans le film de serial killer avec une station-service un peu cradingue, on reste dans quelque chose de très lisse. Quand on sombre dans le film de fantôme, rien n’est fait pour rendre l’ensemble éthéré ou angoissant. Et quand on est dans le film de possession, rien n’est fait pour susciter le mal-être ou la peur. C’est bien simple, Joe Salcedo se fout royalement de son film, ou tout du moins de l’ambiance qu’il veut lui donner. C’est fade, sans génie, et on ne parle même pas de la mise en scène complètement apathique et sans intérêt.

Et tout ça n’est pas qu’un problème de budget. Si on peut penser que Tom Sizemore a happé pas mal de billets, une machine à fumée, un filtre nuit ou d’autres gadgets permettent de renforcer une ambiance glauque et malsaine pour pas grand-chose. Mais là, rien n’y fait, on s’en fiche complètement. D’ailleurs, même les acteurs s’en contrefoutent. Les quatre jeunes acteurs en font des caisses et ne jouent que grâce à leur physique. Il n’est pas étonnant par ailleurs qu’ils n’aient rien fait d’autre tant ils sont mauvais. Et en plus d’être mauvais, leurs personnages sont détestables. Un problème d’écriture récurrent dans ce genre de film, où les quatre jeunes ne pensent qu’à faire la fête et à se bourrer la gueule sans pour autant être vraiment solidaires, le but étant qu’ils s’engueulent face à un problème. Le résultat est consternant et on a qu’une seule envie, c’est de les baffer durant tout le film. On repassera aussi sur les surjeux permanents quand il faut jouer le mec bourré ou la fille super chaude. A ce petit jeu, Anthony Del Negro est imbattable et il en devient exécrable du début à la fin. Et que dire de Tom Sizemore, visiblement amusé de faire ce rôle inutile où il ne tue personne et se pose en vieux compère dragueur libidineux.

Enfin, comme on pouvait s’en douter, Exit 14 ne fait absolument pas peur. Les effets gores sont torchés à la va-vite et les quelques effets spéciaux qui résident dans le film sont dignes d’un magasin de farces et attrapes lorsque Halloween approche. On retrouvera des gens dans des miroirs, quelques blessures en plastique et c’est bien tout. Le film bouffe tellement à tous les râteliers que même les effets visuels propres à chaque sous-genre sont ratés. Les apparitions du fantôme sont téléphonées et nonsensiques puisqu’il ne fait rien hormis apparaître dans le dos et le phénomène de possession avec le rituel à deux balles est plombé par une mise en scène hideuse et une absence totale d’ambiance. Là encore, si les limites budgétaires peuvent expliquer certaines choses, on reste dans le néant absolu niveau envie de bien faire.

Au final, Exit 14 est une purge pure et dure. Entre une réalisation bâclée, un scénario indigent qui n’a aucun sens, une ambiance aux abonnés absents, des acteurs qui s’en foutent royalement et des effets de peur qui tombent complètement à plat, ce premier film de Joe Salcedo risque fort d’être son dernier. Il existe plein de films à petit budget qui sont bien meilleurs que celui-ci qui ne mérite même pas un coup d’œil tant c’est mauvais, voire même nocif pour la santé mentale.

Note: 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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