Amorphis – Queen of Time

Avis :

La Finlande est un pays qui est connu pour ses lacs, mais aussi pour ses groupes de métal qui foisonnent tant et si bien que certains possèdent des places et des rues à leur nom dans certaines villes. Une ouverture d’esprit bien plus grande que dans notre pays de la culture qui a toujours du mal avec les chants gutturaux et les guitares électriques saturées. Mais ça, c’est un autre débat. Quoi qu’il en soit, la Finlande regorge de petites pépites et Amorphis en fait résolument partie. Fondé au tout début des années 90 autour du guitariste Esa Holopainen et du claviériste Jan Rechberger, le groupe fait ses premiers pas dans un Death/Doom assez gras mais qui leur permet tout de même de sortir de la masse. Le premier album sort alors en 1992 et c’est à un rythme très régulier que la formation va sortir des galettes, alternant avec des concerts et des tournées. Seulement, au fil des années et des changements de line-up, le groupe va faire évoluer sa musique, au point de tourner en rond durant les années 2000, puis de réussir un joli coup d’éclat durant les années 2010, revenant sur le devant de la scène. La preuve en est avec Queen of Time, leur treizième album, qui est une énorme tuerie, pour ne pas dire l’un des albums de l’année, rien que ça.

Le skeud débute avec The Bee, un titre qui démarre presque de façon électro avant de lâcher les brides et de se lancer dans un chant guttural à faire trembler les murs de n’importe quel château. Et de château, il en est question dans ce titre ultra efficace, puissant, qui alterne savamment les chants gutturaux et les chants clairs, démontrant le talent incroyable de Tomi Joutsen, qui possède une palette vocale incroyable et une voix tout simplement sublime. On pourra profiter de cette voix avec Message in the Amber, qui se base sur la base structurale que le titre précédent, mais qui va y apporter une petite touche folk, voire épique, avec une rythmique plus médiévale qui n’est pas pour déplaire. Bien au contraire, le groupe se réinvente sans cesse, et surtout, malgré le côté un peu rude de leur musique, rend toutes les mélodies très accessibles. C’est dans ce morceau que l’on se rend compte de la présence importante des claviers, qui vont des ponts merveilleux. Bref, en seulement deux titres, Amorphis conquit son public avec une aisance folle et surtout une énergie communicative. Comment ne pas succomber aux riffs clairs de Daughter of Hate, un titre assez sombre, mais presque triste, ou encore à l’atmosphère enchanteresse de The Golden Elk, dont le refrain rentre immédiatement en tête. Là aussi, le gros alterne les phases de chant, tout en peaufinant une ambiance à la fois lyrique et sombre, qui fait que l’on est de suite happé par ce titre.

Cependant, ce qui est vraiment fort dans cet album, c’est que l’ensemble n’est pas qu’un mélange de growl et de moments plutôt folk métal, mais bel et bien un ensemble de différentes références. Par exemple, avec Wrong Direction, le groupe se fait plus accessible, plus commercial, avec un titre moins rugueux et plus grand public, sans pour autant renier le côté métal, avec des riffs lourds et une rythmique relativement rapide. Il en est de même avec Amongst Stars, qui se fait même symphonique, avec une chanteuse pour accompagner le tout et donner plus de douceur. Le morceau fonctionne à merveille et se fait vraiment très catchy. Les deux voix se mêlent parfaitement, le clavier est un liant parfait. Bref, c’est un très bon titre malgré son aspect plutôt doux. Ajoutons à cela un petit break à la flûte et c’est tout bonnement parfait. A contrario, le groupe sait aussi se faire plus prog, plus complexe dans les compos avec par exemple des titres comme Heart of the Giant, un morceau sublime, qui démarre de façon très mélancolique et qui pose une ambiance à la fois froide et désespérée mais aussi très folklorique. Lorsque l’orchestration démarre, c’est un véritable déluge et on ne peut qu’être subjugué par cette maîtrise technique et cette énergie communicative. Il en est de même pour Pyres on the Coast, un titre qui fait très Power/Doom et qui détient un dernier quart tout simplement épique. Enfin, pour la version japonaise, on appréciera grandement Honeyflow, un vrai titre qui mélange des instruments médiévaux avec le reste des instruments et le résultat est tout simplement bluffant.

Au final, Queen of Time, le dernier album en date d’Amorphis, est une véritable tuerie, une petite bombe qui explose à chaque titre, démontrant tout le talent de ce groupe que l’on avait un peu perdu de vue dans les années 2000 et qui revient en force et en forme. Ce treizième effort le prouve, c’est varié, puissant, beau, touchant, parfois agressif, d’autres fois calme, bref, c’est tout simplement divin et il serait vraiment dommage de passer à côté.

  1. The Bee
  2. Message in the Amber
  3. Daughter of Hate
  4. The Golden Elk
  5. Wrong Direction
  6. Heart of the Giant
  7. We Accursed
  8. Grain of Sand
  9. Amongst Stars
  10. Pyres on the Coast
  11. As Mountains Crumble
  12. Brother and Sister
  13. Honeyflow

Note : 19/20

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Par AqME

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