octobre 28, 2020

Immeuble 18

Titre Original : Vladenie 18

De : Svyatoslav Podgayevskiy

Avec Dmitriy Endaltsev, Mariya Fomina, Elena Gorina, Dmitriy Gudochkin

Année : 2014

Pays : Russie

Genre : Horreur

Résumé :

Un appartement spacieux est le rêve de tous jeunes. Max et sa chérie ont la chance d’en trouver un en périphérie de la ville. Leur nouvel univers n’est pas vraiment ce qu’ils espéraient…  

Avis :

S’il y a bien un cinéma que l’on connait assez mal, c’est le cinéma russe. Non pas que ce soit un pays assez pauvre en matière de productions, mais c’est surtout que peu de films parviennent jusqu’à chez nous, ou alors sous la forme de DTV qui ne valent pas grand-chose. On peut citer par exemple Guardians, qui était un navet sans nom vendu comme un produit capable de concurrencer les X-Men. Du coup, si on veut retrouver du film russe un peu intéressant, il faut se replonger dans la saga Night Watch, mais là aussi, c’est un peu la douche froide, et ça ne vole pas très haut. On remarquera que la plupart des productions russes qui nous parviennent, sont toutes des films fantastiques essayant de faire face au géant américain, comme une sorte de guerre froide perdue d’avance par les acolytes de Poutine. Voyant certainement que l’horreur bat son plein avec la maison de production Blumhouse, il semblerait que la Russie se soit lancée dans le genre pour essayer de faire aussi bien, si ce n’est mieux. Immeuble 18 est donc un film d’horreur qui sur le papier peut tenir de belles promesses. Mais encore une fois, ce n’est pas bon du tout.

Le pitch du film tourne autour de la crise immobilière à Moscou, où de jeunes personnes ont énormément de mal à se loger. Une agence propose alors des appartements pour une bouchée de pain dans un vieil immeuble en cours de réhabilitation dans un quartier désaffecté. Une aubaine pour Max et sa copine qui cherche à se reloger. Cependant, entre un immeuble assez vétuste, quasi désert et un gardien lugubre, la copine de Max ne se sent pas bien. Et à juste titre, puisqu’il semblerait que l’immeuble soit hanté. On voit très rapidement les dérives de ce genre de film. Des jump scare à foison dans un immeuble glauque avec des étages à l’abandon et trois personnes relativement bizarres à l’intérieur. Le plus étrange dans ce film, c’est son introduction, qui montre le couple absolument ravi par cet appartement au milieu de nulle part, dans un immeuble ignoble et presque inhabité. C’est lugubre, voire malsain, mais rien ne semble déranger notre petit couple. Rajoutons à cela une dose d’habitants complètement sinistres avec une fille agoraphobe, un vieillard défiguré et un concierge qui semble encore en guerre, on aura un panel de personnages inquiétants qui ne poussent pas les jeunes gens à fuir. Il s’agit là de la première incohérence du film.

Ensuite, si on peut croire le couple dans la nécessité de trouver un appartement rapidement, le jeu des acteurs ne favorise pas vraiment l’empathie et la rigidité russe fait son office. La copine de Max (je tairais les noms des acteurs par peur de les écorcher vu leurs écritures) est aussi charismatique qu’une huître à l’agonie, faisant tout le temps la tronche et n’arrivant pas à exprimer le moindre sentiment. On ne sait jamais si elle est bien ou si elle est mal. Le couple est d’ailleurs très mal assorti, l’alchimie entre eux ne prend jamais et on n’aura pas vraiment l’envie de s’attacher à ces jeunes qui semblent détestables sur bien des points. En fait, ils n’ont pas de background. On ne sait pas leur travail, leur vie en dehors de l’immeuble, ou avant et leur relation semble très platonique, comme si cela gênait de les voir heureux ensemble. Bref, les deux acteurs ne marchent pas. A partir de là, difficile donc de créer de la peur, et ce ne sont pas les seconds rôles qui prêteront main forte. La jeune fille agoraphobe va passer un quart d’heure à raconter sa vie et donc le secret de l’immeuble, histoire d’enlever tout mystère ou aspect étrange que l’on aurait pu découvrir. Le gardien ne fait que grogner ou menacer et ne sert pas à grand-chose. Quant au vieillard, il lui aurait fallu un monte-escalier pour vraiment susciter la moindre crainte. Avec de tels personnages, il est complexe de créer de la peur.

La peur d’ailleurs ne sera que peu présente. Le réalisateur n’arrive pas à créer une atmosphère oppressante autour de son film. Les plans de l’immeuble sont des images de synthèse abjectes et il n’y a aucun travail sur la lumière durant les phases de jour. C’est bien simple, le film baigne dans des tons ternes qui ne taquinent pas la rétine et c’est bien dommage. Le seul moment où il y a une recherche de lumière, c’est vers la fin avec des reflets bleutés, mais malheureusement, on a déjà vu ça des centaines de fois et de meilleur aloi, comme pour la saga Insidious par exemple. Le film sent les références, comme Ring ou Insidious, mais il n’arrive pas à les digérer et sort un scénario indigent, presque idiot, qui mettra en avant d’énormes incohérences. Concernant les effets de peur, on reste dans quelque chose de très classique et qui n’a pas vraiment d’impact. Les jump scares sont timides et se révèlent prévisibles et très mal foutus, à cause d’effets spéciaux au ras des pâquerettes. Les différentes apparitions du fantôme sont mauvaises et seule la fin sauve un peu la mise, avec des mouvements saccadés plutôt bien vus et une apparition qui évoque bien évidemment tous les films de fantômes japonais à la The Grudge. Malheureusement, cela arrive bien trop tard et la tension ne monte jamais vraiment.

Au final, Immeuble 18 est un ratage total et un autre film russe de genre à ranger dans les oubliettes des mauvais films de genre. Sans aucune épaisseur au niveau des personnages, une écriture indigente et clichée sur les films de fantômes, un manque évident de moyen et d’envie, avec en prime des acteurs au rabais, Immeuble 18 fait peine à voir. En fait, on a plus l’impression de voir un film avec une intention mais qui ne tient jamais debout, voulant dénoncer les arnaques à l’immobilier sous couvert d’un fantôme tueur, ce film ne fait que s’enfoncer dans les méandres de l’oubli et on ne saurait que trop vous dire de l’éviter.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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