octobre 27, 2020

Girl

De : Lukas Dhont

Avec Victor Polster, Arieh Worthalter, Oliver Bodart, Tijmen Govaerts

Année: 2018

Pays: Belgique

Genre: Drame

Résumé:

Lara, 15 ans, rêve de devenir danseuse étoile. Avec le soutien de son père, elle se lance à corps perdu dans cette quête d’absolu. Mais ce corps ne se plie pas si facilement à la discipline que lui impose Lara, car celle-ci est née garçon.

Avis :

Ovationné au dernier festival de Cannes, « Girl » est le premier film du belge Lukas Dhont, âgé de vingt-six ans. Lukas Dhont commence ses études de cinéma en 2009. C’est pendant ses études qu’il découvre dans le journal, l’histoire d’une fille de quinze ans née dans le corps d’un garçon. Elle veut être danseuse étoile. Intrigué, le jeune réalisateur demande à la rencontrer, si elle refusera qu’il lui consacre un documentaire, elle lui racontera son histoire. Une histoire marquante, qui après plusieurs courts-métrages sur d’autres sujets, fera toutefois que Lukas Dhont choisissent de raconter une histoire similaire dans son premier film.

Porté par un très beau bouche à oreille, voici qu’arrive en salle le premier film de Lukas Dhont et autant dire que pour son premier long-métrage, le jeune réalisateur n’a pas fait dans la facilité. « Girl« , c’est l’histoire d’une jeune fille née garçon et qui veut devenir danseuse étoile et femme en même temps. Mis en scène avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, ce premier film est un très beau moment d’émotion doublé d’un film puissant et rempli d’humanisme. On quitte la salle secoué, ému et touché. Bref, c’est ce que l’on appelle une réussite.

Lara a quinze ans et elle veut devenir une danseuse étoile. Lara a du talent et elle vient d’intégrer la meilleure école de danse de Belgique. Soutenue avec fierté par son père, Lara se lance à corps perdu dans cette discipline exigeante. Redoublant d’efforts, Lara a une difficulté que les autres filles de l’école n’ont pas, puisqu’elle est née garçon. Elle doit alors faire plier ce corps de garçon et essayer de faire que sa vie personnelle n’entre pas dans l’école, puisqu’en parallèle, Lara commence le processus de transition.

La transsexualité, voilà un sujet pour le moins difficile, tabou et plus encore casse-gueule. Alors quand cette transsexualité est ici racontée et vécue par une adolescente de quinze ans, autant dire que « Girl » devient un film quasi-impossible, tant il aurait été tellement facile de se casser la gueule et de franchir les limites. Et pourtant malgré tous les pièges que le sujet pouvait parsemer sur son chemin, Lukas Dhont a fait des miracles et les a tous, absolument tous, évités. Le résultat ? Eh bien ça donne un film sublime et subtil. Un film beau et dur en même temps. Un film pudique, délicat et en même temps qui ose poser les bonnes questions. Un film passionnant et touchant qui est en plus porté par un jeune acteur, Victor Polster, absolument bluffant de bout en bout.

Le scénario qu’a écrit Lukas Dhont est brillant et d’une très grande richesse. « Girl« , c’est un ensemble de détails, de simplicité, de vérité, d’humanisme, de travail. C’est un film qui veut faire avancer les choses et qui ouvre un regard complexe et sublime à la fois sur la question des transsexuelles. Lukas Dhont et son comédien ont parfaitement su mettre en scène les envies et les doutes de ce personnage. Ils ont réussi à s’aventurer très loin dans la psychologie et la douleur de ce personnage, sans pourtant dépasser les frontières du larmoyant ou tomber dans la caricature. Non, ici, tout sonne et résonne juste et surtout bienveillant.

De plus, « Girl » est offert avec une mise en scène sublime et maîtrisée. Une mise en scène pleine de maturité qui ne laisse en aucun cas transparaître un premier film. Ici, tout est justifié, placé, et sert l’intrigue. Lukas Dhont a aussi bien réussi des scènes intimes de famille que les scènes de cours de danse. Quant à ce final, il nous laisse partagé entre plusieurs belles émotions.

Vous l’aurez donc compris, « Girl« , premier film de Lukas Dhont, est une très belle réussite. Doté d’un sujet brûlant et tabou, le jeune cinéaste livre un film profond, juste, utile et nécessaire. Bref, comme je le disais, c’est une réussite !

Note : 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.