Urban Cannibals – The Ghouls

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De : Chad Ferrin

Avec Timothy Muskatell, Tina Burchfield, Trent Haaga, Casey Powel

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Caméraman indépendant, Eric Hayes filme tout ce qui se présente de sulfureux, dans l’espoir de le vendre très cher à une grande chaîne de télévision. Meurtres, passages à tabac, suicides… Une réalité brutale, effroyable, que sa nouvelle découverte dépasse de très loin en horreur. Dans une rue sordide de Los Angeles, il tombe sur trois hommes dévorant la chair d’une femme. Un dantesque festin cannibale. Traumatisé, la caméraman poursuit néanmoins son enquête et s’engage dans un monde souterrain, refuge d’une communauté dont les instincts remontent à la nuit des temps…

Avis:

Pour tourner un film, il faut quatre choses très précises. La première chose est bien évidemment l’envie. L’envie de faire quelque chose de bien, de fort et de narrer une histoire prenante et originale. La deuxième chose est bien entendu le talent. Certains réalisateurs se font remarquer dès le premier court-métrage et parfois dès leur premier film comme Neill Blomkamp par exemple et il faut du talent pour se faire remarquer et percer dans le métier. La troisième chose est bien entendu les acteurs. Difficile d’être crédible si l’on fait jouer ses potes ou si l’on ne cherche pas quelqu’un de sérieux et d’assez charismatique pour son rôle principal. Enfin, et c’est le plus malheureux, pour faire un film, il faut de l’argent. Le budget est le nerf de la guerre dans le septième art et sans argent, on ne fait pas grand-chose et on tombe dans une sorte d’amateurisme voire d’obscurantisme. Urban Cannibals ou The Ghouls en version originale n’a couté que 9000 dollars et cela se voit. Peut-on faire quelque chose d’intéressant avec si peu d’argent? Le film se défend-il?

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Allez Paulette, je mets la caméra à l’épaulette!

Le scénario du film se base sur une histoire déjà existante, celle de Cannibal Holocaust. Néanmoins, ce film s’en éloigne de par sa narration et son lieu, il n’en garde que le côté sulfureux et cette recherche du sensationnel par la télévision. On va donc suivre Eric Hayes, un journaliste qui cherche par tous les moyens un scoop à faire vendre. Il écoute donc la radio des flics pour se rendre dans les lieux de crime ou de viol. Se faisant refouler à chaque fois, il erre sans but dans les quartiers pauvres de la ville, saoul. Soudain, des cris se font entendre et il est persuadé d’être tombé sur un viol. Malheureusement pour lui, il va rencontrer une bande de cannibales à la peau blanchâtre qui vit dans les égouts. Le premier constat quand on met la galette, c’est la qualité de l’image. C’est dégueulasse et on voit très rapidement le manque de moyens. On dirait un film privé sur son voisin. La qualité est proche des vidéo de nos vacances à la mer et cela gâche de suite l’immersion dans l’histoire et le film. Ensuite, l’histoire en elle-même est assez pauvre. On va voir la descente aux enfers d’un tocard qui espère gagner de l’argent en filmant de la merde et sans venir en aide aux gens. Alors ça veut dénoncer le côté sensationnel de la télé, la volonté des gens de toujours plus de sang ou de choses qui choquent, mais ça y va sans une once de finesse. Du coup, ça lorgne du côté du film de Deodato mais avec trop peu de moyens et surtout une mise en scène peu inventive et fatigante. Je ne suis pas contre le fait de faire des films à petit budget, mais encore faut-il avoir des idées et du talent. Et des amis bons comédiens…

Car dans le film, même les acteurs n’y croient pas trop. Timothy Muskatell joue le personnage central du film, celui qui cherche à tout prix son scoop et il n’est pas très bon. Non pas qu’il soit très mauvais, mais il reste plat et sans grand intérêt ni background. A ses côtés, peu de personnages, hormis une femme brune qu’il essaye vainement de reconquérir et qui demeure de glace, ou encore un ami qui reste aussi plat que lui et un peu débile. Alors on voit peut voir aussi très furtivement James Gunn, le réalisateur des films Horribilis et Super, qui doit apparaître environ deux secondes et qui voit son nom crédité sur la jaquette du DVD. Les cannibales ne sont pas hyper crédibles non plus. Si leurs visages ont l’air émacié et difforme, mais on ne verra cela qu’en quelques plans tressautant et c’est assez désagréables. De plus, leurs mouvements simiesques sont assez maladroits et peu enclin à susciter la peur. Alors que nous reste-t-il dans tout ça? L’aspect un peu gore et craspec du métrage. Quelques passages assez sales égrainent le métrage pour étancher la soif des plus demandeurs en barbaque. On y voit donc des boyaux, un mec coupé en deux ou encore un écorché vif. Sur ce dernier, hormis le visage qui est plutôt bien foutu, le reste demeure vraiment amateur et peu crédible. La fin est assez ridicule et confronte notre personnage face à la horde de cannibales. Le message est clair, il faut se retrouver en situation de danger pour comprendre que le sensationnalisme, c’est de la merde. Si on regardait un peu moins son nombril, le monde tournerait mieux et on n’aurait pas besoin de ce genre de message puéril.

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Mec, t’as pas de pot, t’as plus de peau!

Au final, Urban Cannibals est une vaste fumisterie pour ma part. Un vieux film de série Z, mais qui ne divertit pas et ennuie plus qu’autre chose. Je n’aime pas taper sur des films au si maigre budget et je préfère encourager et défendre les œuvres indépendantes ou avec des idées originales, mais malheureusement, ce film manque de tout, et surtout de talent et d’idées. Bref, un film à réserver aux amateurs de bizarreries et aux films amateurs tentant de faire quelque chose avec trois francs et six sous.

Note: 02/20

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Par AqME

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