L’Exercice de l’Etat

De : Pierre Schoeller

Avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman, Laurent Stocker

Année : 2011

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?

Avis :

Pierre Schœller est un réalisateur français qui navigue dans le milieu du cinéma depuis la toute fin des années 80. D’abord scénariste, il commence à réaliser des courts-métrages dans les années 90, avant de livrer un premier film, « Zéro défaut« , en 2003. Depuis, le réalisateur a confirmé son talent avec « Versailles« , « Les Anonymes« , ou encore ce sympathique « L’exercice de l’état« .

Troisième long-métrage de Pierre Schœller, « L’exercice de l’état » est un film quasi-documentaire qui nous invite à suivre un ministre et son ministère dans l’exercice de ses fonctions. Très documenté, réaliste, loin de tout effet de spectacle, « L’exercice de l’état » va s’avérer être intéressant à plus d’un titre, décrivant une certaine réalité parfois brutale, où la stratégie est un maître-mot. Bref, un bon film parfois complexe, mais tout le temps prenant et intéressant, d’autant plus qu’il est tenu par un Olivier Gourmet impeccable.

Le ministre des transports est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un bus vient de quitter la route et le bilan est dramatique. Le ministre se déplace, c’est l’une de ses fonctions, il n’a pas le choix. À partir de là, on entre dans le quotidien de cet homme et de ceux qui l’entourent. Un quotidien où une urgence chasse l’autre, où la bataille est constante, où le pouvoir est fragile et manipulable.

Entrez donc dans les coulisses du pouvoir. Avec son troisième film, Pierre Schœller nous entraîne dans un quotidien souvent critiqué, mais qu’on ne connaissait pas si bien que ça.

« L’exercice de l’état« , comme son nom l’indique, est un exercice et certains vont le réussir, quand d’autres vont totalement le rater et c’est là-dessus que tient la tension constante de ce film. Ayant un parti-pris à la limite du documentaire, le réalisateur Pierre Schœller va décrire avec le plus de réalisme possible une lutte incessante. Une lutte où les idées et les idéaux sont à défendre en permanence. Mené par un Olivier Gourmet magistral, soutenu par un Michel Blanc et une Zabou Breitman tout deux excellents, « L’exercice de l’état » décrit très bien ce monde de « requins », qui peut détruire des hommes et en glorifier d’autres.

Très bien écrit, intelligemment mis en scène, même si le film se fait un peu long sur la fin, Pierre Schœller aborde ici la crise sociale, le chômage, les grèves, les passe-droits. Il aborde des décisions importantes, comme ici la privatisation des gares, il fait se confronter des idées, il peint des portraits forts, tout comme il peint un monde de manipulation, de trahison, un monde où la confiance n’est pas si évidente que cela. Un monde où le moindre mot, la moindre phrase est réfléchie, le film abordera plusieurs fois des discours. Des discours qui se veulent humains, mais qui seront toujours ciblés, n’osant jamais finalement être libre de penser. D’ailleurs, la seule fois où un personnage osera un discours libre de penser, il sera murmuré et résume parfaitement à lui seul l’idée qu’on se fait de ce milieu. Bien sûr, Pierre Schœller n’oubliera pas de livrer un portait humain et touchant. Il y a beaucoup de nuances chez ce ministre et c’est aussi ce qui le rend particulièrement intéressant, puis le personnage jouit de la présence d’Olivier Gourmet. D’ailleurs, une fois le film vu, on a bien du mal à imaginer un autre qu’Olivier Gourmet pour ce rôle.

Si « L’exercice de l’état » est très réaliste dans son apparat, Pierre Schœller nous raconte aussi ce destin avec cynisme. L’ambiance de son film est froide, voire même austère. Il y a quelque chose qui s’avère assez dérangeant dans ce film. La mise en scène donne une impression de tension en permanence, comme si le film pouvait basculer vers un autre film n’importe quand, et c’est ce qui le rend plus prenant et intéressant encore.

« L’exercice de l’état » est donc un bon film politique qui a l’intelligence de ne pas se lancer dans une caricature ou dans un spectacle. On suit ce film avec intérêt, curiosité et divertissement, car tout en faisant un film politique, Pierre Schœller livre un film qui met sous pression ses personnages, et quelque peu son spectateur. Puis il faut aussi noter que « L’exercice de l’état » est un film qui tient un bel esthétisme. Bref, ce troisième film signé Pierre Schœller est bon, intéressant et divertissant. On recommande, si vous avez envie d’explorer un peu la politique française.

Note : 14/20

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Par Cinéted

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