octobre 28, 2020

Le Tailleur de Pierre – Camilla Lackberg

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Résumé :
La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer. Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l’avoir esquintée. Il jeta un coup d’œil par-dessus bord mais ce qu’il vit n’était pas le casier. C’était une main blanche qui fendit la surface agitée de l’eau et sembla montrer le ciel l’espace d’un instant.
Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs…
Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ?
Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrick Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pour­raient même avoir quitté la ville depuis longtemps.

Avis :

Camilla Lackberg fait partie de cette nouvelle vague d’auteurs de polars made in Suède. Initiée par Stieg Larsson avec la trilogie Millenium et son succès mondial, cette vague a promulgué la littérature suédoise au premier plan, notamment dans la littérature policière. Comme bon nombre d’auteurs, l’écrivaine possède son personnage principal, qu’elle utilise dans une continuité narrative au fur et à mesure de ses sorties. Mais dans un souci d’évolution assez logique, on va voir qu’au fil des tomes, son personnage principal va changer pour devenir plus secondaire. En effet, au début, on suit Erica Falck, une journaliste un peu trop curieuse. Elle tombe amoureuse et épouse Patrick Hedstrom, un jeune policier très compétent. Le Tailleur de Pierre est le troisième tome de la saga et on va pouvoir voir que Patrick détient le rôle principal à la place d’Erica, car cette dernière à accoucher d’une petite fille. Ce troisième tome est-il intéressant ? La saga de Camilla Lackberg n’est-elle pas en train de s’étouffer ? Petit tour à Fjallbacka, petite ville portuaire de Suède.
Le scénario est relativement efficace et part d’un meurtre très glauque. Un pêcheur trouve le cadavre d’une petite fille de sept ans dans une nasse à crabes. Il s’agit de la fille de la meilleure amie d’Erica. Alors que tout le monde pense à une noyade, le médecin légiste trouve de l’eau savonneuse dans les poumons de la fillette. Le meurtre ne fait alors aucun doute et la police va mener son enquête. Cela va les mener vers des secrets de famille mais aussi une enquête de pédophilie des plus répugnantes. Bien entendu, on sait d’avance que le tueur fait partie des personnages que l’on rencontre dès le départ de l’aventure. S’inspirant des plus grands auteurs policiers comme Agatha Christie, Camilla Lackberg essaye de brouiller les pistes et de rendre la fin inattendue.

Le style est assez fluide, cela se lit assez facilement et vite. Mais il y a tout de même quelques défauts. Par exemple, il y a énormément de personnages, certains secondaires mais très importants pour la suite du récit et de temps à autre, quand on arrive à leur paragraphe, on oublie leur nom et on doit se remémorer de qui il s’agit. C’est un léger frein à la lecture, d’autant plus que les noms suédois ne sont pas faciles à lire et à retenir.

L’une des difficultés dans le domaine de la littérature, c’est d’être asexué dans sa façon d’écrire. Et avec Camilla Lackberg, on voit de suite que c’est une femme qui a écrit le livre. Il ne faut pas voir là une facette machiste de ma part, mais certains thèmes, relativement dispensables dans l’intrigue se retrouvent dans le livre et c’est assez dommageable. Les rapports entre mère et bébé sont très expliqués et parfois bien trop longs. Du coup, on s’attarde longuement sur la dépression d’Ericka et peu sur l’enquête. C’est assez marrant aussi de voir la différence de traitement avec le chef de la police Mellberg et son fils, qu’il n’arrive pas à éduquer mais qu’il voit comme une projection de lui-même et qu’il s’autosatisfait. C’est presque féministe comme façon de voir.
Les personnages quant à eux sont assez bien développés. Que ce soient les personnages féminins ou masculins, beaucoup ont des démons et essayent de s’en acquitter ou au contraire d’y succomber. Un autre rapport assez efficace, c’est dans le temps. En effet, le livre est rythmé par les phases d’enquête et des phases historiques sur une jeune fille de bonne famille. Ce personnage est le plus travaillé et devient vraiment détestable au fil des pages.

Au final, Le Tailleur de Pierre de Camilla Lackberg n’est pas un mauvais bouquin, au contraire, c’est assez sympathique. C’est assez sympathique d’essayer de trouver avant la fin le criminel, mais les réponses ne viendront que tardivement et surtout, l’auteur s’oblige à fournir une raison en psychanalysant son tueur. Malgré quelques longueurs, le livre se laisse lire de façon assez agréable mais il cible clairement un public féminin.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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