Blackkklansman

De : Spike Lee

Avec John David Washington, Adam Driver, Topher Grace, Laura Harrier

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Policier, Biopic

Résumé :

Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d’en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le « Grand Wizard » du Klan, David Duke, enchanté par l’engagement de Ron en faveur d’une Amérique blanche. Tandis que l’enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu’une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d’aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.

Avis :

S’il y a bien un réalisateur qui n’a pas la langue dans sa poche, c’est bien Spike Lee. Réalisateur new-yorkais qui a souvent navigué dans les questions identitaires à travers ses films, Spike Lee s’est fait un sacré nom vers la fin des années 80 et durant les années 90. Des films comme « Do the Right Thing« , « Mo’ Better Blues« , « Malcolm X« , « Jungle Fever » ont marqué. Mais pour retrouver un véritable succès de Spike Lee, il faut alors remonter à 2006 avec « Inside Man : L’Homme de l’intérieur« . Depuis ce film, Spike Lee a bien sorti des œuvres, mais ces dernières sont restées plus discrètes ou alors ont été complétement brisées avant même leur sortie. Non mais qu’elle idée de remaker « Old Boy » ?

Bref, quoi qu’il en soit, après plus d’une dizaine d’années sans succès, voici que Spike Lee est de retour et avec « Blackkklansman« , on ne peut pas parler d’un petit retour ! Tragique mais aussi drôle parfois, il va être très effrayant de par son actualité, Spike Lee livre-là l’une de ses œuvres majeures. Un film qui fera date. Un film qui pose une nouvelle pierre angulaire dans la carrière du réalisateur. On ressort de « Blackkklansman » aussi amusé, diverti que choqué. Le réalisateur n’a clairement pas volé son Grand Prix au dernier Festival de Cannes.

Dans les années 70, alors que l’Amérique vit une époque charnière de son histoire, dans la ville de Colorado Springs, Ron Stallworth est le premier homme noir qui intègre la police. Ambitieux, très vite, il gagne des échelons et atterrit aux renseignements et c’est là qu’il va monter une incroyable mission d’infiltration. Et croyez-le ou non, Ron Stallworth aidé de collègues, va alors infiltrer la cellule locale du Ku Klux Klan…

Incroyable, une claque, un bijou, le nouveau film de Spike Lee, on ne l’a pas vu venir et malgré qu’il soit d’un drame absolu qui demeure terrifiant, « Blackkklasman » est une petite bombe qui fait du bien.

Retraçant des faits réels, avec ce film, Spike Lee nous entraîne dans plusieurs films en un, entre comédie, drame historique et pamphlet politique qui reste aujourd’hui plus de quarante ans après les faits, encore d’actualité, le cinéaste mélange les genres, les styles et nous livre un film brillant.

« Blackkklansman« , c’est dans un premier lieu un scénario en béton. Un scénario qui sait autant nous amuser qu’il pose de vraies et très bonnes questions. On ne voit pas passer les deux heures et quart que dure ce film. L’enquête est excellente, même si elle a quelques petites incohérences, comme la double infiltration d’un côté sur le terrain et de l’autre au téléphone. Bien compliqué tout ceci. Mais malgré ça, Spike Lee arrive à nous emporter dans cette folle et dramatique histoire.

Plus que l’enquête de police et cette mission d’infiltration, « Blackkklansman » c’est aussi une plongée totale dans une Amérique qui change. Une Amérique en révolte sur tous les fronts. Le contexte social et sociétal est très bien exploré par Spike Lee. Encore une fois, le réalisateur nous tient en intérêt à chaque instant et il le fait avec parfois beaucoup de légèreté, ce qui fait du bien, et d’autres fois avec sérieux et vérité, dénonçant et pointant du doigt tel ou tel sujet. Et c’est d’ailleurs ce qui fera la force folle de ce film, qui peu à peu bascule vers le pamphlet politique. Plus le film avance et plus la comédie s’éloigne et finalement dans ces derniers moments « Blackkklansman » va se faire terrifiant. Alors que Spike Lee nous avait divertis avec une certaine passion jusque-là, le réalisateur, en quelques instants, fera basculer son film et « Blackkklansman » le divertissement deviendra alors l’un des films les plus essentiels de cette année, poussant un cri d’alarme terrible. Un cri puissant qui démontrera que ces sujets sont aujourd’hui plus que jamais d’actualité. On quitte la salle sur le cul, avec des images terrifiantes en tête.

Spike Lee a très souvent fait un cinéma engagé et militant, et avec « Blackkklansman« , il continue donc sur cette voie de cinéma militant. Si le film est drôle, si le film tient une bonne enquête et une bonne mission d’infiltration, qui soit dit en passant ridiculise quelques peu le Ku Klux Klan, (mention pour Topher Grace, terrible en chef du Klan, ou encore John David Washington et Adam Driver), c’est bien le cri de colère, le cri d’alerte de son réalisateur qui fait de « Blackkklansman » un grand film. Un film qui devient même une arme dans les mains de Spike Lee, tant ce dernier n’ira pas avec le dos de la cuillère. Bref, ce retour de Spike Lee est bluffant et il ne fait nul doute que « Blackkklansman » sera dans les films qui resteront de cette année 2018.

Note : 18/20

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Par Cinéted

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