Mercy

De : Chris Sparling

Avec James Wolk, Constance Barron, Michael Donovan, Caitlin Fitzgerald

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé :

Quand de vieux secrets refont surface lors d’une dernière visite à leur mère mourante, frères et demi-frères s’affrontent violemment pour préserver leurs propres vies.

Avis :

Chris Sparling n’est pas vraiment un inconnu dans le milieu du septième, même si son nom n’évoque pas grand-chose de prime abord. Et pour cause, puisque l’homme évolue dans l’ombre, maniant plutôt la plume que la caméra. Il est le scénariste du thriller claustrophobe Buried avec Ryan Reynolds, mais aussi de ATM où trois personnes sont bloquées dans un distributeur de billets en plein hiver à cause d’un psychopathe qui rôde à l’extérieur, ainsi que du film d’horreur Le Projet Atticus. Film qui sera d’ailleurs sa première réalisation en 2015 et qui connaîtra un sort plus ou moins funeste, étant immédiatement destiné au marché du DTV chez nous. Et il faut croire que passer derrière la caméra lui a plu, car un an plus tard, il décide d’y retourner pour réaliser Mercy, un thriller mélangeant religion et Home Invasion, qui sera malheureusement lui aussi destiné à la VOD, production Netflix oblige. Et la question que l’on peut se poser, c’est est-ce que ce film est comme 90% des productions Netflix, à savoir un film mineur et vite oubliable ?

La réponse ne se fera pas attendre et c’est un grand oui. Mercy est le genre de film qui n’a que peu d’intérêt quand on le regarde, essayant de la jouer petit malin, mais n’arrivant jamais à interpeller le spectateur. L’histoire est assez nébuleuse et débute avec une femme en souffrance aux portes de la grande faucheuse. Un homme donne alors une valise au mari de la presque défunte. Ce dernier appelle alors ses deux fils, ainsi que les deux fils qu’a eus sa femme avec son premier mari. Les quelques bribes de conversations que l’on aura mettront alors en avant un stratagème de la part du vieil homme pour que ses fils à lui héritent et non pas ses deux beaux-fils. La chose se sait, et les discussions vont devenir plus vives. Sauf qu’une fois la nuit venue, des hommes cagoulés vont tenter de pénétrer de force dans la maison. C’est un peu le postulat de départ de ce film qui va mélanger secret de famille et invasion de maison par des étrangers que l’on va penser connaître. En effet, le film s’amuse avec notre perspective et nous laisse croire que les envahisseurs ne sont que deux, et pourraient bien être les demi-frères qui veulent faire peur aux autres. Sauf que rapidement, on va éluder ce mystère avec plusieurs présences, et une phrase lancée par la copine de l’un des deux fistons de la mère.

A partir de là, scénaristiquement, le film ne raconte plus grand-chose. Déjà que ce n’était pas la panacée auparavant, on va vite partir dans le délire religieux et sectaire de quelques illuminés qui voient en la mère mourante une sainte vierge prêchant la bonne parole. Oui, le film baigne dans un environnement de béni oui-oui pour tenter de montrer la perfidie des religions. Ici, on tue, on saccage, on force à faire les choses, mais pour une noble cause, ce qui fait que Dieu pardonnera certainement ces actes odieux. Très clairement, le scénario ne tient pas beaucoup la route, et le final reste l’une des choses les plus inutiles vues dans un film ces derniers temps. C’est bien simple, il détruit tout ce qui a été fait auparavant et ne sert vraiment à que dalle. Il faut ajouter à cela que le film se croit tellement malin qu’il va nous faire un flashback vers son trois quart pour expliquer ce qu’il s’est passé avec un autre personnage durant un temps donné. Cela va permettre de voir que les hommes cagoulés sont plus nombreux, qu’ils ont déjà éliminé d’autres personnes et qu’in fine, les quatre bonhommes de la maison seront bien impuissants. Un twist qui se veut percutant, mais qui ne sert à rien, le spectateur attentif ayant déjà eu tôt fait de tout deviner.

C’est assez dommage car le film n’a pas que des défauts. Même si ça roule sur des rails déjà tout tracé et que rien ne viendra surprendre le cervelet du spectateur, Chris Sparling essaye de faire de son film un bel objet. Il faut entendre par là que son film est assez joli et quelques plans larges bénéficient d’une belle photographie. On remarquera par exemple un gros travail sur le lever du soleil, montrant une église immaculée sur un fond rouge orangé au début, mais aussi une volonté de jouer sur les contraste entre lumière et ombre, les « gentils » vivant dans la lumière et les « méchants » restant cachés dans la forêt noire. Alors oui, c’est plutôt joli et les plans larges sont intéressants, mais les séquences d’action sont tout simplement abominables. La caméra bouge dans tous les sens, on a un rendu vraiment illisible et on devine vite que c’est un jeune réalisateur qui est derrière la caméra. Enfin, difficile de ne pas jeter un mot sur les personnages, tous imbuvables et détestables, ne voulant rien dire sur leurs ressentis ou sur le passé de leur mère, et devenant alors insupportables. Les relations sont exécrables, personne n’est attachant et on se fout pas mal qu’ils puissent mourir ou non.

Au final, Mercy est un thriller passablement mauvais. Entre un scénario indigent qui se veut intelligent mais qui ne l’est pas, des acteurs transparents jouant des personnages détestables et un fond qui essaye de tirer à boulets rouges sur la religion mais qui n’y parvient pas, on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Quelques plans larges, mais c’est bien peu de chose face à l’océan de médiocrité dans lequel baigne le métrage. Bref, une production Netflix de plus qui prend l’eau et on a juste envie de dire : Mercy ? Non merci !

Note : 05/20

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Par AqME

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