Babysitting 2

De : Nicolas Benamou et Philippe Lacheau

Avec Philippe Lacheau, Alice David, Vincent Desagnat, Tarek Boudali, Julien Arruti, Christian Clavier

Année : 2015

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Sonia souhaite présenter Franck à son père, Jean-Pierre directeur d’un hôtel écologique au Brésil. Toute la bande s’y retrouve ainsi pour y passer des vacances de rêve. Un matin, les garçons partent en excursion dans la forêt amazonienne. Jean-Pierre leur confie sa mère acariâtre Yolande. Le lendemain, ils ont tous disparu… On a juste retrouvé la petite caméra avec laquelle ils étaient partis. Sonia et son père vont regarder cette vidéo pour retrouver leur trace…

Avis :

La comédie français pourrait presque se qualifier à part dans le septième art. Depuis quelques années maintenant, on se rend vite compte que la comédie franchouillarde cartonne au cinéma, en exploitant les mêmes ficelles qui font mouche auprès d’un public pas forcément cinéphile, mais qui aime bien « rire » un petit coup. Quand on parle de « rire », ça veut dire se moquer de quidams qui existent vraiment et se foutre royalement de leur gueule, créant ainsi un sentiment de puissance, pointant du doigt des gens qui n’ont pas conscience d’être des cas sociaux. Le plus malheureux là-dedans, c’est que les gens qui rient devant ces films, sont eux-mêmes les ploucs dont ils se moquent. Il suffit de voir Bienvenue Chez les Ch’tis pour voir que les gens du Nord sont heureux qu’on les qualifie d’alcoolique et d’illettrés. Bref, la comédie française nouvelle génération est à gerber et ce ne sont pas Les Tuche, Qu’est-ce qu’on a Fait au Bon Dieu ? ou encore Epouse-moi mon Pote qui viendront nous faire dire le contraire.

Pourtant, en 2014, on aurait pu croire à une résurrection de ce style en perdition avec le premier Babysitting. Une bande de potes un peu geek sur les bords se lance dans la réalisation d’une comédie référentielle en found-footage sans moquerie perpétuelle sur une minorité. Oui, le film de Nicolas Benamou et Philippe Lacheau était une bonne surprise. Malheureusement, avec un carton de plus de 2 millions de spectateurs dans les salles, il fallait que l’équipe fasse une suite, voulant surfer sur une vague pécuniaire non négligeable. Et qui pourrait les blâmer ? Seulement voilà, cette suite de Babysitting ne tient absolument pas la route et le côté opportuniste se voit à des lieues à la ronde.

Du côté du scénario, on ne peut pas dire que Philippe Lacheau et son frère se soient foulés. Au lieu de placer un gamin dans leurs pattes, ce qui aurait été une redite, ils vont devoir surveiller une grand-mère qui se décide de partir en excursion avec eux. Comme pour le premier, le propriétaire de l’hôtel retrouve une caméra et va passer le film devant sa fille pour tenter de trouver les disparus. Dans les grandes lignes, c’est exactement les mêmes mécaniques que pour le premier film, avec des séquences en found-footage et d’autres séquences en caméra fixe, montrant ceux qui regardent les vidéos. Le problème avec ce genre montage, c’est qu’il est peu crédible. On retrouvera des morceaux de musique durant les séquences found-footage, ce qui n’a pas lieu d’être et les réactions de ceux qui regardent sont sensiblement les mêmes que Gérard Jugnot et Clotilde Courau dans le premier métrage. Bref, on a la sensation de retrouver le même film, dans un cadre différent. Alors certes, on retrouvera l’esprit du premier, mais la surprise en moins et force est de constater que ça marche beaucoup moins bien.

D’ailleurs, le principal problème de ce film, c’est que l’effet de surprise a complètement disparu et que l’on s’emmerde grandement devant le métrage ou les péripéties des personnages. On assiste constamment à des gags visuels qui sont usées jusqu’à la corde et qui se lisent à des kilomètres. On pense par exemple à la fusée de détresse pour montrer sa position à un homme qui fait du deltaplane et comme par hasard, la fusée va éclater le deltaplane. On pense au guide qui dit connaître les grottes comme sa poche et qui va tomber dans un trou. On peut aussi citer la vanne de la grand-mère qui tombe dans les courants ou encore quand elle est recueillie chez les indigènes. Bref, tout est prévisible, et de ce fait, les gags ne peuvent pas marcher. Même les blagues absurdes, comme le coup de harpon dans la valise et les vêtements troués du personnage principal ne fonctionnent pas car elles ne servent à rien. Les seuls fois où l’on peut rire, c’est lorsque il se passe quelque chose qui tient du cartoon. Par exemple, le coup de la pierre pour voir la profondeur du trou et qui atterrit finalement sur la tête du guide. Ou encore le coup des vêtements pour faire une corde que l’on lance mais qui n’a pas été attachée. Des sortes de moments absurdes, mais qui tirent vers le dessin animé. Mais ces passages sont peu nombreux et c’est un peu triste.

L’autre déception provient des messages du film. Les deux scénaristes ont voulu glisser quelques messages plus ou moins pertinents dans cette aventure, comme le fait d’être viril, de ne pas avoir peur, de combattre ses phobies, ou encore l’écologie et les retombées toxiques des hôtels soi-disant écologiques. Le problème, c’est que non seulement ça part dans tous les sens et que c’est à peine survoler, mais surtout, là aussi c’est ultra prévisible et ça ne sert pas à grand-chose. En fait, on a vraiment la sensation que les scénaristes se sont forcés à mettre du fond pour rendre l’ensemble moins crétin qu’il n’y parait, mais ça ne marche pas vraiment. Et la chose qui déçoit vraiment, c’est la vulgarité de cet opus. Si le premier évitait brillamment cela, ce deuxième film tombe dans la gratuité et la moquerie. Les homosexuels vont en prendre pour leur grade avec l’indigène qui suce la couille de Lacheau pour lui enlever le venin. Les arabes seront aussi moqués avec la misogynie de Tarek Boudali pourtant très drôle d’habitude, et d’une lourdeur insupportable dans ce film. D’ailleurs, le film sera une ode au corps de la femme, puisque les sublimes Alice David et Elodie Fontan seront constamment à petit maillot de bain, et si les hommes sont en maillot, ils se révèleront beaucoup moins sexys qu’elles. On peut donc y voir une certaine misogynie et c’est presque dérangeant.

Au final, Babysitting 2 est une vraie déception. Alors que le premier était une vraie bonne surprise, un film relativement frais, ce second opus tombe dans la vulgarité gratuite et la blague qui se base uniquement sur la moquerie. On ne pensait pas que Philippe Lacheau pourrait tomber aussi bas, entrainant avec lui toute sa bande de potes et c’est bien dommage. Reste à savoir si un troisième opus voit le jour, mais si c’est pour prendre une telle direction, autant abandonner tout de suite l’idée.

Note : 05/20

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Par AqME

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