Almanac – Kingslayer

Avis :

Le métal n’a pas de frontières. Il s’agit d’une musique qui est transversale, qui traverse les années, mais aussi les pays, fournissant toujours des choses intéressantes à écouter. Outre les pays comme Israël avec Orphaned Land, on retrouve dans des groupes des membres de diverses origines. Si on connait grandement les musiciens de DragonForce puisqu’il y a un frenchy à l’intérieur, on connait un peu Almanac, et c’est bien normal, car le groupe est tout jeune. Il est né de l’esprit de Victor Smolski, ancien guitariste du groupe de Heavy/Thrash teuton Rage, qui a décidé en 2015 de quitter son groupe pour fonder Almanac avec d’autres musiciens. Il en résultera en 2016 Tsar, un premier album remarqué et remarquable, donnant les coudées franches pour une suite. C’est dans la foulée que sort alors Kingslayer, le second opus du groupe, qui change presque entièrement, puisque Smolski ne garde que la chanteuse Jeannette Marchewka, et revoie tous ses musiciens. Il en résulte un groupe cosmopolite (Allemagne, Bosnie, Espagne, Angleterre et Biélorussie) et qui va tenter de raconter quelques meurtres de rois à travers un album concept qui peut marcher comme il peut décevoir. En effet, derrière Kingslayer se cache un peu de précipitation et beaucoup de bonnes idées, pour un résultat plutôt bon, mais tout de même mitigé à cause de quelques errances au sein d’un album muni seulement de 10 pistes.

Le skeud débute avec Regicide, et on peut dire que le guitariste n’a pas fait les choses à moitié. Le début commence doucement, avec une voix assez grave, posant une ambiance assez dark, avant de lâcher des riffs bien lourds et d’offrir une rythme assez dense pour l’un des meilleurs morceaux de l’album. C’est bien simple, Regicide ouvre le bal de la plus belles des façons, avec un savant mélange d’une ambiance délétère et d’un démarrage par la suite des plus efficaces. La voix du chanteur se pose parfaitement sur la rythme et le refrain rentre vite en tête, malgré son côté un peu trop choral. Sans aucun doute possible, il s’agit de l’un des morceaux les plus marquants de cet album. Notamment grâce à son refrain, mais surtout à ses riffs bien lourds qui appuient le mot « Regicide ». Parmi les autres titres assez marquants de cet album, on peut aussi évoquer Headstrong et sa ligne de basse assez agréable au départ, puis à son solo de guitare dantesque qui lance par la suite une mélodie très Power Métal, mais qui fonctionne du tonnerre, donnant rapidement envie de dodeliner de la tête. Son orchestration est aussi très plaisante. D’autres titres seront tout aussi bon, comme Guilty as Charge malgré son aspect assez facile, ou encore la ballade Last Farewell, là aussi très classique, mais qui tourne à plein régime sans aucun problème.

Néanmoins, l’album possède aussi de grandes faiblesses. En voulant aller trop vite, Victor Smolski se fourvoie un tout petit peu en enchaînant des titres qui sont assez génériques et qui ne marquent pas vraiment l’auditeur. On peut par exemple citer Children of the Sacred Path, qui est plutôt plaisante, mais à laquelle il manque clairement un peu quelque chose pour la rendre plus marquante et plus attachante. Dans les faits, on a l’impression d’avoir déjà entendu cela des millions de fois et c’est plutôt dommage. Et si on couple ça avec d’autres titres du même acabit comme Hail to the King, trop gentillette, Losing my Mind qui commence pourtant de la meilleure des façons, ou encore Kingdom of the Blind qui manque aussi d’impact, malgré une orchestration fort plaisante, l’album prend une petite claque derrière la nuque. Non pas que ce soit mauvais, bien au contraire, on prend un réel plaisir à l’écoute, mais tout cela sent le réchauffé et on peut se demander sur Smolski ne confond vitesse et précipitation, de peur que son groupe tombe dans l’oubli. On peut aussi citer Red Flag qui clôture cet album d’une bonne façon, mais là aussi sans réel génie, avec une impression d’étaler son savoir-faire, mais sans chercher la moindre originalité. En un sens, on pourrait presque y voir le même schéma que Powerwolf, qui nous ressert sa sauce à chaque album, sans sortir de sa zone de confort.

Au final, Kingslayer, le dernier album d’Almanac, est une semi-réussite comme il peut paraître un semi-échec. Entre des rythmiques sympathiques et quelques mélodies attachantes, le groupe montre son envie de bien faire dans le Power, mais on aura du mal à retenir tout cela, la faute à un aspect générique assez déplaisant et à une sensation de morceaux qui s’enchaînent sans liant, alors qu’il y a un thème commun. Bref, un album qui dans les faits n’est pas si mal, mais qui manque de mordant.

  1. Regicide
  2. Children of the Sacred Path
  3. Guilty as Charge
  4. Hail to the King
  5. Losing my Mind
  6. Kingslayer
  7. Kingdom of the Blind
  8. Headstrong
  9. Last Farewell
  10. Red Flag

Note : 14/20

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Par AqME

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