Lake Bodom

Titre Original : Bodom

De : Taneli Mustonen

Avec Mimosa Willamo, Nelly Hirst-Gee, Mikael Gabriel, Santeri Helinheimo, Mäntylä

Année: 2017

Pays: Finlande, Estonie

Genre: Horreur

Résumé:

Quatre jeunes amis décident de camper au lac Bodom dans le but de reconstituer les meurtres survenus en 1960, et cette reconstitution se déroule mal…

Avis:

S’il y a bien un domaine dans lequel la Finlande excelle, c’est la musique métal. Le pays scandinave est d’ailleurs plus connu pour ses cris gutturaux sous les riffs assassins d’une guitare saturée plutôt que pour ses cris dans les bois lorsqu’un meurtrier fait son apparition devant une caméra tremblotante. Oui, le cinéma finlandais n’est pas forcément réputé, ou tout du moins, il semble avoir un mal fou à sortir des frontières de son pays. Mais comme le film d’horreur est universel et que l’hémoglobine, ça parle à tout le monde (comme le foutre), on arrive à trouver par moments des films d’horreur finlandais directement en VOD et c’est parfois une mauvaise idée. La preuve avec Lake Bodom qui, comme beaucoup de films horrifiques récents, s’inspire de faits réels, ici le meurtre de quatre adolescents qui étaient partis faire du camping autour d’un lac en 1960 et qui furent sauvagement assassinés sans que l’on trouve le meurtrier. Une démarche qui rappelle bien évidemment Wolf Creek dans sa façon de tétaniser le spectateur, lui donnant peu le goût de l’aventure dans ces contrées boisées. Encore faut-il que le film soit réussi.

Et ce n’est bien évidemment pas le cas ici, en atteste le cynisme dégoulinant de ces quelques lignes. Le point de départ de ce film n’est qu’un prétexte pour raconter une histoire horrifique qui lorgne entre le survival et le slasher. On va donc retrouver quatre jeunes de nos jours, qui souhaitent faire une reconstitution des faits de 1960, car l’un des jeunes a une hypothèse concernant le meurtrier. Manque de pot pour eux, ils vont se faire zigouiller les uns après les autres. Le principal problème avec ce film, c’est la caractérisation des personnages. On est rapidement mis dans le bain, le film ne voulant pas perdre de temps en présentation des personnages. On aura une jeune fille qui est visiblement la honte de la famille (on apprendra plus tard que des photos nues d’elle ont circulé sur le net) mais dont on apprendra quasiment rien sur elle. On aura aussi un intello de service qui veut faire étalage de sa connaissance sur les meurtres. Puis on aura conne d’habitude la fêtarde et le fêtard, qui vont bien se trouver. Hormis cela, on ne saura rien sur leur vie et on aura un mal fou à s’attacher à eux, notamment parce qu’ils ne font rien de bien probant et qu’ils ont des caractères complètement basiques et inintéressants au possible. Si on ajoute à cela des acteurs au rabais qui se demande encore ce qu’ils font devant une caméra, on obtient des personnages abjects dont on se fout royalement.

L’autre point négatif de ce film, c’est qu’il utilise une photographie dégueulasse. Les teintes de jour varient entre le grisâtre et le jaune pisse, et quand il fait nuit, on ne voit plus rien, sauf l’éclairage non naturel et les quelques machines à faire de la fumée. L’ambiance est complètement ratée. On ne ressent rien pour les personnages, mais même les moments de frousse semblent superficiels tant ils sont vus et revus. On n’évitera pas les sempiternelles jump scares où le son monte d’un coup, essayant de masquer vainement l’inutilité d’un plan, là un garçon qui soulève d’un coup l’entrée de la tente alors qu’il doit inspecter les environs. De ce fait, entre une ambiance peu prenante et des effets de peur qui ne marquent pas, Lake Bodom s’impose comme un film d’horreur à la saveur aigre. Peut-on alors se rattraper avec des effets gores? Et bien non, puisque le film en est dénué, si ce n’est quelques blessures de-ci de-là où le maquilleur fait le minimum syndical, à savoir badigeonner de sirop de glucose les quelques acteurs qui prennent dans la tronche.

Bref, on se rend vite compte que ce film est une vaste fumisterie qui n’a rien de bien sympathique à raconter. Cela va encore plus loin quand on va avoir droit à des « plot twist » imbuvables et impardonnables. En effet, le fond du film parle d’amour. Un amour malsain d’une copine pour une autre, qui est prête à l’humilier secrètement aux yeux des autres pour la garder prêt de soi. Un film qui parle donc d’égoïsme et de cette peur de perdre les gens que l’on aime, mais qui ne fonctionne pas, la faute à une explication trop précise et à une action gênante qui n’est pas de l’amour, mais bel et bien de la haine. Outre ce climax qui ne fera rougir personne, le film propose alors un autre retournement, la venue d’un serial killer conduisant une remorqueuse. Ce passage-là se veut nerveux et il est assez bien filmé. Mais il arrive comme un cheveu sur la soupe et tient plus de la note d’intention, voulant confirmer qu’un taré se balade dans les bois en Finlande. Le timing est trop parfait, l’attaque trop superflue, pour réellement impacter sur l’histoire ou le spectateur qui n’en a plus rien à foutre depuis longtemps des deux grognasses et de leur plan foireux. Le film devient pour dix minutes un survival ridicule et sans talent, où les fondus au noir essayent de distiller un semblant de gore et d’horreur, sans jamais parvenir à ses fins.

Au final, Lake Bodom est un mauvais film d’horreur qui n’a pas grand-chose pour lui, si ce n’est un très joli cadre forestier. Le film s’embourbe dans des twists improbables et dans des moments qui arrivent trop brusquement pour paraître naturel. Entre des personnages qui n’ont pas de script, une ambiance au rabais, une histoire foireuse et une mise en scène rébarbative, Lake Bodom ne donne pas envie de jeter un œil dans le cinéma finlandais, qui doit, comme n’importe quel pays, regorger de pépites du septième art. Là, on est plutôt dans le bousin.

Note: 05/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net