Trecelence – Justified Atrocities

Avis :

Il faut un début à tout. Quel que soit le support sur lequel on travaille, nos premières œuvres sont toujours des zones d’essai qui peuvent parfois frôler le mauvais. On peut ainsi citer le fameux Piranha 2 de James Cameron qui est une purge, et la musique n’échappe pas à cette règle presque fondamentale. Car oui, ce n’est pas toujours le cas et parfois les premières œuvres touchent au sublime, à un tel point que leur créateur n’arrivera plus jamais à retrouver une telle verve. Ce n’est pas tellement le cas avec Trecelence, groupe américain qui essaye de faire dans le Speed et le Thrash sans jamais arriver à choisir. Formé en 2011 autour de quatre garçons faisant partie de projets divers et variés (pour ceux qui connaissent Gladius, Sepulchra, Skeptic Feast ou encore Laceration), Trecelence va sortir une démo en 2012 puis un EP en 2013. Il faudra alors attendre trois ans avant de voir venir leur premier album, Justified Atrocities, dont la jaquette peut laisser pantois. Néanmoins, on ne juge pas un album à son design, mais plutôt à son intérieur, et c’est entre incompréhension et déception que se situe ce groupe si prometteur, mais qui n’arrive pas à tenir ses engagements, la faute à un chant tout pété et des mélodies qui frôlent le non-sens musical.

Le skeud débute avec une introduction, Canis Major, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne sert strictement à rien. Si on entend bien une paire de guitares en mode solo proche d’un Power Métal, on restera sur notre faim, à cause d’une fin abrupte et d’un décollage un poil trop abrupt, oubliant de créer une atmosphère. Qu’importe, on se plonge alors à bras le corps dans Into the Gateway. Et là, c’est déjà un peu mieux. Le rythme est rapide, les guitares sont sèches, ça tabasse pas mal au niveau de la batterie, et le chanteur aime osciller entre le chant grave et les fulgurances aigues qui rappellent des groupes de Heavy et de Power. Mais Trecelence n’est pas un groupe qui se range dans une catégorie. Lorsque le premier couplet démarre, on sent les vibrations un peu Thrash et Punk du chant, qui reste assez plaisant, malgré quelques hésitations. On sent la volonté de ressembler presque à un Pantera, mais ça reste de la mimique. Shrapnel Surroundings sera un titre plus rugueux sur les grattes, plus Thrash que le précédent, mais qui aura toutes les peines du monde à s’imposer, la faute à des ruptures de rythmique insupportable au niveau des guitares, qui pensent prouver leur technicité en complexifiant des mélodies qui n’en ont pas besoin. Et ce sera la même chose avec Systematic Intimidation et d’autres morceaux de l’album, le groupe n’arrivant pas vraiment à créer quelque chose d’accrocheur ou même de plaisant à l’oreille.

Et c’est là le gros défaut de ce premier album, où rien, absolument rien ne reste en tête, tant les mélodies sont soit trop rapides, soit trop complexes et n’ont pas de refrain bien marqué. Prenons un exemple tout bête : Corporatocracy. Le morceau débute plutôt bien, puis sur la fin, il va partir en eau de boudin, avec des solos de grattes qui n’ont ni queue ni tête et qui n’impressionneront même pas, ne faisant aucune rupture avec le rythme nerveux du titre. On aura même l’impression d’écouter du Mathcore, mais sans réelle cohérence. De ce fait, on aura un mal fou à trouver des mélodies accrocheuses, la faute à des musiciens qui se la racontent un peu trop, oubliant que leur musique doit aussi faire plaisir aux oreilles des autres. Le pire du pire étant par exemple Agenda 21, qui est un non-sens musical, avec des guitares saturées et un piano en arrière son qui vient foutre un bordel pas possible, nous irritant les tympans plus qu’autre chose. Ensuite, il y a un autre point qui est très dommageable dans ce skeud, c’est l’incapacité du chanteur de se mettre en accord avec ses musiciens. Par exemple, Burning the Pendulum est un capharnaüm auditif. Entre les couplets ultra rapides niveau musique et la voix punk du chanteur qui va plus doucement que le reste, on obtient quelque chose de presque inécoutable et qui met vraiment sur les nerfs. On peut aussi citer Aridscape qui clôture cet album de la pure dure des façons, voulant faire toujours plus lourds et plus rapides alors que le chant ne suit absolument pas.

Au final, Justified Atrocities, le premier album de Trecelence, est un mauvais album. Non pas que l’on remette en cause la performance technique des musiciens, mais il manque une chose essentielle à cette galette, l’osmose entre le chant et la musique, et surtout, un aspect mélodique percutant. Là, on est clairement dans la performance, au détriment de la mélodie et le groupe se perd entre vitesse musique, n’arrivant jamais à coller une bonne voix aux riffs. Bref, il s’agit-là d’un premier essai raté, en espérant que le groupe, qui est toujours actif, en prenne conscience pour leur second opus.

  1. Canis Major
  2. Into the Gateway
  3. Shrapnel Surroundings
  4. Systematic Intimidation
  5. Corporatocracy
  6. Beyond the Grey
  7. Agenda 21
  8. Burning the Pendulum
  9. Under the Elusive Sky
  10. Battle Beneath the Skull
  11. Aridscape

Note : 07/20

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Par AqME

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