octobre 27, 2020

Hunting Piranha

Titre Original : Okhota Na Piranyu

De : Andrei Kavun

Avec Vladimir Mashkov, Ramil Sabitov, Mikhail Yefremov, Viktoriya Isakova

Année : 2006

Pays : Russie

Genre : Action

Résumé :

Le colonel russe Kirill Mazur se voit confier une mission par son gouvernement : accompagné d’une jeune scientifique, il doit détruire laboratoire secret perdu au milieu de la Sibérie. Mais une fois sur place, ils s’aperçoivent que la vraie menace que contenait ce laboratoire est tombée sous la main de gangsters sans foi ni loi.

Avis :

Malgré une production prolifique, le cinéma russe a toutes les peines du monde à s’imposer dans l’hexagone. Est-ce dû au choix des distributeurs, à la qualité des métrages respectifs ou à une certaine propension à l’esbroufe ? Toujours est-il que les quelques DTV qui nous parviennent ne sont guère marquants et majoritairement médiocres. Sa démocratisation mesurée est survenue après le succès d’estime (en Occident) du diptyque Night Watch / Day Watch. Contrairement à ce que laisse présager le titre, Hunting Piranha n’est pas un survival animalier qui met en scène ces charmants petits poissons voraces. L’allusion trompeuse se situe plutôt du côté d’une force d’élite soviétique.

L’entame se fait par le biais d’un flashback dans les années 1970 où les facéties de laborantins incompétents mettent fin à leur jour et à leur expérience de manière assez radicale. On enchaîne avec une mission contemporaine qui joue de prétexte pour tenter de lancer la machine dans le cadre sauvage de la taïga. Sur fond de séquences sous-marines illisibles et ignobles, le subterfuge est suffisamment grossier pour ne pas convaincre. C’est là un moindre mal face à la débauche de médiocrité qui se succède au gré d’une chasse à l’homme plus ou moins improvisée. Bref, la première partie se révèle laborieuse quand le cœur de l’histoire n’est guère engageant.

Si l’environnement est l’un des rares points positifs, il ne sera jamais mis en avant ou valorisé. Le cadre sauvage, la configuration des espaces et des reliefs n’ont guère d’importance dans la fuite ou la poursuite des différents intervenants. On fait s’enchaîner les marais aux terrains escarpés sans transition ni cohérence. D’ailleurs, cette dernière donnée n’est pas de circonstances. En parallèle de l’histoire principale, le trafic de drogues n’apporte rien à l’intrigue. L’ultime partie, elle, se mue en une vendetta sur fond de cavales pour fugitifs recherchés par tous. Pourtant, il est bon de noter que l’illégalité est du côté du commanditaire…

On pourrait encore continuer sur la stupidité des comportements ou le fait qu’un « tireur d’élite » use d’un fusil à pompe pour faire feu dans un lieu ouvert et éloigné. Hunting Piranha est l’exemple type du film fourre-tout qui évoque tout et n’importe quoi sans jamais apporter la moindre épaisseur à la densité du contenu. Et ce n’est pas les allusions surannées à Rambo qui changeront la donne, bien au contraire. Véritable Mac Gyver du survivalisme en milieu hostile, Vladimir Mashkov a plus d’une corde à son arc pour faire bouffer la poussière (ou la boue) à ses adversaires. En termes de physique, il est un peu le chaînon « testostéroné » entre James Purefoy et Michel Cymes. Absurde ? Pas autant que la mise en scène !

Si le cinéma russe est connu pour son expansivité, sa propension à l’esbroufe, le présent métrage s’avance comme une bobine aux multiples tares. Effet de fondu enchaîné et montage épileptique ne sont que la partie émergée de l’iceberg à la dérive. Le réalisateur semble incapable de cadrer correctement un plan, encore moins de stabiliser sa caméra. Quant à la bande-son, des royalties ont dû être accordées en lieu et place d’un placement de produits. Pendant deux heures, on nous inflige deux ou trois morceaux répétitifs et rapidement agaçants pour les oreilles. Non seulement on nous ressert la même soupe, mais elle ne possède aucune justification par rapport aux images.

Au final, Hunting Piranha est assez représentatif des DTV russes qui nous parviennent. Des productions policées et sans âme qui sont aussi brouillonnes que vaines. Derrière une histoire abracadabrante qui raconte tout et son contraire, on nous inflige des séquences d’action mal chorégraphiées, des fusillades sans intérêt et des effets pyrotechniques abominables. Mention spéciale à l’un des mercenaires qui chutent d’une passerelle et explosent littéralement ! Non satisfait de se complaire dans une médiocrité effarante pendant plus de deux heures, le film multiplie les ralentis, les filtres de couleur et les raccourcis narratifs pour nous donner l’impression de visualiser une bande-annonce ou un clip musical. Autant dire que les moyens mis en œuvre sont aussi exacerbés que le résultat douteux.

Note : 05/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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