décembre 2, 2020

The Forest

De : Jason Zada

Avec Natalie Dormer, Taylor Kinney, Yukiyoshi Ozawa, Eoin Macken

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune américaine enquête sur la disparition mystérieuse de sa sœur jumelle. Elle est bientôt amenée à entrer dans la forêt d’Aokigahara, au Japon, celle où les gens partent finir leurs vies…

Avis :

Il existe sur Terre plusieurs endroits complètement fantasmés qui attisent la curiosité de certaines personnes et qui forcément inspirent un grand nombre de scénaristes et autres réalisateurs. Et s’il y a bien un lieu qui se prête volontiers au jeu de l’horreur et des croyances effrayantes, c’est la forêt d’Aokigahara. Il s’agit d’une grande forêt au pied du mont Fujiyama au Japon et la légende raconte que de nombreuses personnes viennent y finir leur vie, s’éloignant des sentiers balisés pour se suicider. Bien évidemment, cela à donner des idées à divers conteurs et que ce soit au cinéma ou dans la bande-dessinée, la forêt alimente les fantasmes et les imageries fantasmagoriques. Si on ajoute à cela la culture nippone et leurs croyances aux fantômes et autres Yurei, il était évident que la forêt serait l’un de ces lieux emblématiques pour faire de l’horreur. Et c’est là qu’a choisi de poser sa caméra le tout jeune Jason Zada pour son premier métrage. Enfin, pas tout à fait, car si son histoire se déroule dans la forêt japonaise, le tournage a eu lieu en Roumanie…

Fort heureusement, cela ne se ressent pas vraiment au sein du film, certains acteurs étant japonais et la topographie du lieu est assez peu utilisée. Et puis de toute façon, ce n’est pas le fond du film, puisque la forêt ne sera qu’un prétexte pour mettre en avant des fantômes et une histoire de sœurs jumelles qui souhaitent se retrouver. L’histoire débute très rapidement et ne tergiverse pas en présentation des personnages. On suivra donc Sara qui souhaite retrouver sa sœur, visiblement disparue au sein de la forêt d’Aokigahara. On apprendra cela dès le début du film, avec des scènes courtes, montrant Sara en plein doute et voulant partir au Japon pour retrouver sa sœur qui, elle le sent, est toujours en vie. Son personnage sera approfondi par la suite, lors d’une rencontre avec un guide touristique bégueule et dragueur. On apprendra donc qu’elle a un lien très intime avec sa jumelle, qu’elle a eu une histoire très compliquée avec ses parents qui sont décédés et qu’elle ressent en elle comme un souffle qui lui prouve que sa sœur est bien en vie. On n’évitera pas les clichés inhérents au genre, avec cette histoire familiale tragique et le reste des personnages demeure minimaliste, du guide (Taylor Kinney) beau gosse qui semble cacher quelque chose aux japonais qui sont complètement apeurés par cette forêt dite maléfique. Bref, ce n’est pas la joie, mais le jeu des acteurs est suffisamment convaincant pour ne pas lasser, Natalie Dormer en tête.

Le problème avec ce genre de film, c’est qu’il faut qu’il amène un minimum de peur et de passages angoissants. The Forest arrivera à créer une ambiance assez étrange grâce à son montage très syncopé et qui s’amuse à confondre rêve et réalité. Certains moments éthérés sont plutôt bien fichus et on ressentira une certaine peur pour l’actrice principale, qui va faire des rencontres  pour le moins saugrenues dans cette maudite forêt. On se surprendra à craindre pour elle lorsqu’elle tombera sur une étudiante assez bizarre en pleine nuit, mais aussi lorsqu’elle va commencer à perdre les pédales, devenant une personne paranoïaque. Le problème, c’est qu’au bout d’un moment, on commence à être rodé par cette mécanique et ce montage si particulier, ce qui fait que l’on sait rapidement si l’on est dans un rêve ou dans un moment éveillé. Le film abuse de ce ressort horrifique et ne parvient plus à sortir d’un schéma répétitif. L’autre gros défaut, c’est que le côté croyance japonaise n’est pas du tout exploité. On aura bien quelques apparitions, des yurei assez agressifs, mais cela reste très simpliste et hormis le fait que l’on sache que la forêt soit habitée par des créatures malsaines, on n’aura pas une ambiance vraiment délétère. La mise en scène est assez propre, les plans sont plutôt jolis et il y a une volonté de bien faire, mais tout cela manque d’impact et surtout d’une atmosphère glauque et prégnante. Il y avait tellement mieux à faire.

Enfin, le dernier point noir du film, c’est sa conclusion et sa volonté d’apporter un twist complètement inutile, voire débile. Bien évidemment, le décès des parents de l’héroïne n’est pas anodin et apporte une certaine instabilité au personnage principal. Elle va s’en vouloir d’avoir laissé sa sœur regarder la scène et on va voir que ces regrets, ces pensées morbides, vont avoir un impact sur l’appréhension globale de la forêt et de ses esprits. Le film exploite cela dans sa deuxième partie, montrant une jeune femme qui perd les pédales, qui ne fait plus confiance à personne et qui va se retrouver en danger. Si on aura une explication sur le twist de fin, on n’aura rien concernant la vraie nature de certaines personnes, ne sachant alors pas si elles sont gentilles ou méchantes, ou si c’est seulement Sara qui pète un plomb. On a l’impression que le réalisateur ne savait pas quoi faire de certains protagonistes et bâcle un peu sa fin pour se focaliser uniquement sur les jumelles, qui ne sont pourtant pas les seules dans cette histoire. Une impression de vide se dégage alors du film, malgré un rythme assez soutenu et des idées de montage plutôt intéressantes.

Au final, The Forest ne tient pas toutes ses promesses même s’il reste un film d’horreur regardable en cette période de vache maigre. On appréciera la prestation des acteurs, notamment de Natalie Dormer, assez touchante, et la mise en scène qui contient un montage alternant de façon sympathique les moments de cauchemar et les moments réels. Le problème, c’est que le film n’exploite pas suffisamment son environnement, devenant quelconque dans l’ambiance et qu’il veut faire le petit malin à la fin, sans jamais réussir à percuter le spectateur. Un tout petit film d’horreur donc, mais qui a au moins le mérite d’être regardable et plutôt bien réalisé.

Note : 10/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.