octobre 29, 2020

Enter Shikari – The Spark

Avis :

Derrière cette pochette énigmatique se cache en réalité un groupe complètement atypique, Enter Shikari. Formé à la toute fin des années 90, le groupe britannique va connaître un succès fulgurant grâce non pas à des prestations scéniques de fou, mais à MySpace et à internet. En effet, sentant l’avenir sur cette plateforme, le groupe devient suivi par plus de 85 000 personnes et va voir des majors les approcher. Le groupe va systématiquement refuser chaque proposition afin de créer son propre label, Ambush Reality. Très indépendant, Enter Shikari fait pourtant salle comble à chaque concert et devient même l’un des groupes britanniques les plus influents. Cependant, il est très difficile de faire rentrer Enter Shikari dans une case bien précise tant le groupe trouble les frontières entre les genres. A la fois punk, électro, pop, parfois métal voire même hardcore, le groupe ne connait aucune limite et arrive à produire quelque chose de bien qui ne ressemble à rien de connu. Après s’être fait connaître avec Sorry you’re not a Winner qui lorgnait du côté métal électro, le groupe change de fusil d’épaule à chaque album et surprend, dans le bon sens du terme. Seulement, nous ne sommes jamais à l’abri d’un faux pas, d’un mélange de trop, d’une aseptisation de cette folie. Alors qu’en est-il de The Spark, le dernier album en date du groupe ?

Le premier constat que l’on peut faire après plusieurs écoutes, c’est que le groupe reste fidèle à ses habitudes et va surprendre à quasiment tous les morceaux car rien ne se ressemble vraiment. Après une introduction en version électro qui ne sert pas à grand-chose, le groupe attaque The Sight, un titre résolument pop au refrain entêtant et à la montée en puissance crescendo. On aura même droit à quelques cris du chanteur qui possède une voix très puissante avant les refrains et le tout est assez bien troussé. Contrairement au morceau suivant, Live Outside, un titre qui se veut joyeux et hyper accessible mais qui manque clairement de punch et d’énergie. On aura même tendance à s’ennuyer en l’écoutant, notamment à cause d’une mélodie presque trop enfantine et qui ne fait pas mouche. Fort heureusement, le groupe se reprend avec Take my Country Back, qui démarre pourtant de la pire des façons. En effet, on pourrait croire à une petite ballade électro avant de partir vers un rythme plus soutenu, avec notamment une batterie omniprésente et un clavier qui balance des sons qui font penser à des jeux vidéo 8 bit. Le vrai succès de ce titre, c’est la puissance vocale du chanteur sur les refrains et sa montée en puissance. Et en parlant de ballade, le groupe va surprendre encore une fois avec Airfield, un titre tout timide, très simpliste dans l’instrumentalisation, qui monte d’un cran que quelques secondes avant la fin et qui en fait un titre assez moyen, ne marquant pas assez.

Et c’est alors qu’arrive le meilleur titre de l’album, Rabble Rouser, un ovni au sein de l’album. En effet, le groupe garde son côté électro mais retire son aspect punk/rock pour y incorporer du rap et une pointe de riff très métal. Le résultat est à la hauteur des attentes, un titre unique, puissant, dansant, au flow incroyable et qui donne immédiatement envie de bouger dans tous les sens. Il s’agit clairement du meilleur titre de l’album malgré sa lourdeur sur certains passages. Mais le groupe va faire baisser la température avec Shinrin-Yoku, un morceau très lent, très Deep House dans sa démarche et hormis la qualité incroyable du batteur, on n’aura rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. Puis arrive le hit du skeud, Undercover Agents, qui pourrait être la quintessence du groupe, à savoir de l’électro très rythmé, un chant fédérateur et un titre au final ultra hybride, assez jovial et qui fait le taf sans pour autant révolutionner l’album. Contrairement à The Revolt of the Atoms qui s’amuse à reprendre le refrain de Tainted Love pour insuffler une rythmique entêtante et fournir un excellent morceau entre rap électro et Trip Hop halluciné. Le refrain rentre de suite en tête et on va se surprendre à chanter en même temps que le chanteur. Puis le final du titre est complètement fou, partant en vrille avec des riffs surpuissants, mélangeant alors un chant presque métal avec un substrat rock électro et l’ensemble marche parfaitement. Puis le groupe va conclure son album sur une dernière ballade assez touchante et relativement bien foutue, An Ode to Lost Jigsaw Pieces, qui fait très pop britannique et là aussi le groupe réussit ce qu’il entreprend.

Au final, The Spark, le dernier album d’Enter Shikari, est assez étrange et souffle le chaud et le froid. Si certains titres sont tout bonnement incroyables, d’autres passent complètement à la trappe, et c’est bien dommage. Cependant, on ne peut renier le talent intrinsèque du groupe et cette volonté de faire quelque chose de varié et d’unique, ce qui marche à plein régime pour le coup. Bref, avec cet album, Enter Shikari a encore obtenu ce qu’il voulait, à savoir le top 10 dès les premières semaines en Angleterre et on peut comprendre aisément le succès d’une telle formation, qui n’a pas changé depuis 1999.

  1. The Spark
  2. The Sight
  3. Live Outside
  4. Take my Country Back
  5. Airfield
  6. Rabble Rouser
  7. Shinrin-Yoku
  8. Undercover Agents
  9. The Revolt of the Atoms
  10. An Ode to Lost Jigsaw Pieces
  11. The Embers

Note: 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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