Reaper

De : Philip Shih

Avec Danny Trejo, Vinnie Jones, Jake Busey, James Jurdi

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un condamné à mort survit à son exécution et revient sous la forme d’une puissante force surnaturelle bientôt connue sous le nom du faucheur. Il sème la terreur dans une petite ville, notamment dans l’hôtel où se réfugie une belle auto-stoppeuse.

Avis :

Il fut un temps, pas si lointain, où certains acteurs étaient synonymes de bis assez réjouissant et de films d’horreur plus agréables. On pense bien évidemment à Danny Trejo dans Une Nuit en Enfer ou Machete ou encore Vinnie Jones et son rôle dans Midnight Meat Train. Puis, allez savoir pourquoi, de mauvais choix en train de vie peut-être fastueux (ou encore par pur choix artistique douteux), ces acteurs sont devenus des icones de films imbuvables, tournés pour trois francs six sous, et qui tirent vers le bas le septième art, n’arrivant jamais à susciter autre chose que du dégoût ou du rire malséant. Qui se souvient encore du film CarnageVinnie Jones campe une momie irlandaise qui joue dans les marécages ? Qui se souvient de L’Attaque du Requin à Trois TêtesDanny Trejo taille dans le squale avec une machette ? Pas grand monde hormis les amateurs de Z qui n’espèrent plus avoir peur et qui regardent ça par pure curiosité malsaine ou par plaisir coupable, dans l’espoir futile de rigoler un bon coup. Alors imaginons les deux acteurs réunis dans un même film fauché, avec pour compagnie un Jake Busey alcoolique et un boogeyman moisi de chez moisi.

Reaper est un film que l’on sent fauché dès le départ et qui interroge rapidement sur l’utilité de ce genre de métrage. En effet, la réalisation est complètement banale et sans une once de génie. Le problème vient du fait de la photographie lisse au possible et avec un manque flagrant d’implication dans la volonté de créer de quelque chose de glauque ou de malsain. Il ne suffit pas d’énumérer un tueur en série qui survit à une électrocution et qui s’échappe pour créer du malaise. Il ne suffit pas non plus de le montrer dans une tenue de faucheuse avec des câbles électriques pour susciter le moindre émoi. Rien n’est fait pour poser une ambiance qui fait peur et le film enchaîne les maladresses, que ce soit dans son histoire ou dans sa façon d’amener le tueur et les raisons de ce tueur. D’ailleurs, le film débute avec une jolie (même très jolie) femme qui fait du stop et qui va tomber sur un Jake Busey en roue libre, jouant un vendeur de climatiseurs alcoolique. Les ralentis sur les poses de la nénette sont nombreux et ne servent absolument à rien hormis à mettre en avant son physique plus qu’avantageux. Et à partir de là, on sait que l’on tombe dans un film qui ne va faire aucun effort pour quoi que ce soit.

D’autant plus que le message final du métrage est complètement calamiteux. Entre discours de bigots et un tueur qui veut flinguer tous ceux qui ont pêché selon son code précis (parce que visiblement, tuer n’est pas un pêché), le film se fourvoie complètement dans ce qu’il veut nous dire. A tire d’exemple, un dealer sera épargné parce qu’il regrette son chemin de vie. Une jeune femme qui arnaque des hommes ne sera pas une victime parce qu’elle a une bonne raison de faire cela, sa mère est très malade et il lui fait de l’argent pour lui payer un traitement. Il n’y a rien de cohérent dans ce film et la fin, qui montre quelqu’un bien décidé à se racheter une vie, ne fait que mettre en avant l’idiotie de l’entreprise. Une idiotie qui se retrouve dans le scénario, qui ne sera qu’un simple aller-retour dans un motel miteux où la jeune femme, personnage principal de l’histoire, va croiser tous les types qu’elle a arnaqué. Un fait très étrange quand on sait la taille des Etats-Unis, qu’elle fait constamment du stop et qu’elle arrive à réunir dans cet endroit un dealer, un voyou, un chef de gang et un pauvre vendeur. Bref, c’est improbable et on sent, dans les décors, l’aspect budgétaire plus que limite, où l’on ne retrouve que deux chambres et trois couloirs.

Et le pire dans tout ça, ce sont les acteurs complètement à côté de la plaque, ne sachant s’ils font exprès d’être mauvais ou s’ils sont vraiment mauvais (bon, on a quand même une petite idée là-dessus). Danny Trejo joue les papys salvateurs qui regrette son train de vie, alors que Vinnie Jones joue un chef de gang qui est amoureux de son couteau et que l’on voit environ cinq minutes dans le film (et ça suffit amplement). Jake Busey est imbuvable alors que les acteurs secondaires sont loin d’être des professionnels, mention spéciale à James Jurdi, scénariste du métrage, qui joue une petite frappe qui surjoue à chaque fois. D’ailleurs, il y a un réel problème avec les réactions des personnages, qui voient les morts s’accumuler, mais qui trouvent encore le courage de faire des blagues ou de rester dans le motel pour… on ne sait quelle raison. Et c’est bien dommage d’encore voir des films qui n’arrivent pas à gérer des réactions humaines intéressantes ou logiques et c’est tristounet. Et que dire du boogeyman, qui apparait et disparait dans des éclairs, et tue sans réelle distinction. Sa fin est d’ailleurs ridicule, à l’image du film ceci dit.

Au final, Reaper est une catastrophe, comme le laissait présager sa production miteuse et sa jaquette toute pourrie. Le problème avec ce genre de production, c’est qu’il n’y a aucune volonté de la part du réalisateur de créer une vraie atmosphère et de susciter la moindre peur. Il faudra d’ailleurs attendre pas moins d’une heure pour aller vers une sorte de film horrifique qui ne fonctionnera pas à cause de personnages bêtes et méchants et d’une histoire rocambolesque. Bref, Reaper est une bouse, sans surprise, et l’on est presque triste pour ces acteurs qui ont eu leur heure de gloire et qui jouent maintenant dans productions calamiteuses, minables, faisant de leur nom une moquerie appuyée.

Note : 01/20

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Par AqME

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