10 000 Days

De : Eric Small

Avec John Schneider, Riley Smith, Kim Myers, Jill Remez

Année : 2014

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Cela fait 27 ans que la comète 23 a frappé la Terre. L’éloignant de son orbite et du Soleil, elle plonge l’humanité toute entière dans une nouvelle ère glaciaire. 10 000 jours plus tard, 4 clans, autrefois alliés et aujourd’hui ennemis, se battent pour survivre…

Avis :

La science-fiction post-apocalyptique est un genre relativement prisé du cinéma, et pour cause. Il permet à quelque part d’entrevoir un avenir funeste et donc d’essayer d’anticiper les réactions que pourront avoir les êtres humains dans des conditions déplorables. Ainsi donc, les films se sont succédés avec des thématiques aussi diverses que variées et donnant à la planète des sorts différents, comme une ère glacière ou encore une terre aride et étouffante. Dans les deux cas, la lutte pour la survie est le centre même du problème. Et bien souvent, on peut y voir une régression, notamment technologique. Le problème avec ce genre de films, c’est qu’il faut du budget pour donner un semblant de crédibilité, ou alors savoir se faire intimiste, limitant les décors et les effets visuels tape à l’œil. Exactement ce que n’a pas su faire Eric Small avec 10 000 Days, un film au budget microscopique mais qui se veut tout de même grandiloquent dans ses décors et son histoire. Le résultat est donc déplorable, car en plus d’une mauvaise gestion du scénario en fonction du budget, le film se veut déplorable dans tout ce qu’il entreprend.

Dès le départ, on sent non seulement les limites budgétaires, mais surtout le mauvais goût de son réalisateur. En effet, le film débute sur la chute d’un peuple dans une crevasse où seul un enfant arrive à se sauver. Le fond vert est visible à des kilomètres, les effets spéciaux sont tout bonnement ignobles et on ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe à l’écran. En fait, le film, édité par Zylo chez nous, fait immédiatement penser à certaines bouses numériques comme Despiser ou les films de requins de chez Asylum tant tout est abject, avec aucun effort pour rendre l’ensemble joli ou plaisant. Le pire dans tout ça, c’est que le film se prend vraiment au sérieux et enchaîne les répliques débiles ou les moments de bravoure qui n’ont aucun sens. Et c’est là qu’il faut se poser les bonnes questions. Pourquoi, quand on a un budget infinitésimal, s’évertuer à faire des effets spéciaux dégueulasses et des situations qui demandent du boulot numérique ? Certains réalisateurs ont bien eu des idées pour faire du post-apo sans avoir recours à des CGI dégueulasses comme par exemple The Divide de Xavier Gens ou encore, dans une moindre mesure, 10 Cloverfield Lane (même si là c’est plus un choix scénaristique). L’intention d’Eric Small sur ce film est incompréhensible et rend l’ensemble complètement débile.

D’autant plus débile que les interactions entre les protagonistes sont d’une nullité affligeante. On a deux chefs de clan qui décident de se faire la guerre plutôt que de faire front commun, mais l’un des chefs est amoureux de la fille de l’autre et on va avoir de l’espionnage, des guérillas et discours sur l’avenir de l’humanité complètement à côté de leurs pompes. Si on ajoute à cela des acteurs complètement à la ramasse qui surjoue constamment, on est dans le haut du panier des navets intergalactiques même pas drôles. Parce qu’on sait qu’un nanar est un film involontairement drôle, mais là, le film se prend tellement sérieux, il est tellement sûr de sa force que l’on se retrouve face à quelque chose qui n’aura aucun point d’accroche, même pour rire. Et rajoutons la découverte de Air Force One et de codes nucléaires pour obtenir une hypothétique solution pour réchauffer la planète de la façon la plus stupide du monde. Bref, c’est non seulement hideux, mais en plus c’est bête comme ses pieds, accumulant les incohérences et les décors pauvres.

D’ailleurs, rien ne sera expliqué, comme par exemple comment les survivants arrivent à avoir de l’électricité dans leur observatoire, ou comment il se fait que dans cet observatoire, certaines chambres soient décorées comme un hôtel de passe. On aura bien quelques explications sur certaines technologies, comme les lampes qui se rechargent avec du sang (n’importe quoi), mais cela ne servira à rien dans l’intrigue. On ne peut pas non plus compter sur une quelconque réflexion sur l’humanité, les deux clans s’affrontant pour des raisons stupides, et les deux chefs sont des idiots patentés. Rajoutons des situations improbables, comme cet avion qui remonte à la surface au lieu de couler, et une mise en scène imbuvable, qui se veut contemplative sur des moments risibles avec un sublime fond vert, ou trop dynamique dans les combats, illisibles et dotés de chorégraphies simplistes et inutiles. Là aussi, aucun effort n’a été fourni et 10 000 Days relève plus de l’arnaque filmique que de la véritable recherche, que ce soit dans son fond ou dans sa forme. Et cerise sur le gâteau, le film ne contient pas de fin, se terminant sur deux adolescents se décidant à partir à la conquête d’un nouveau monde qu’ils découvrent sur la fin, laissant le chef poursuivre l’autre chef qui a récupéré les codes de l’arme atomique. Alors je ne sais pas si Eric Small a prévu de faire une suite à ce film, ou s’il n’avait plus le budget pour terminer complètement son métrage.

Au final, 10 000 Days est un navet infâme et tout bonnement insupportable qui interroge vraiment sur les intentions de son réalisateur. Sommes-nous face à quelqu’un qui, malgré les restrictions budgétaires, à quand même voulu faire un film supposément grandiloquent, ou sommes-nous face à un cinéaste conscient de ses faiblesses qui veut quand même faire un film en espérant qu’il soit pris pour un nanar afin de faire parler de lui ? Quoi qu’il en soit, le film est une purge insultante, dont la justification existentielle nous interroge encore…

Note : 01/20

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Par AqME

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