Le Maître de Guerre

lemaitredeguerreaff

Titre Original: Heartbreak Ridge

De : Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Mario Van Peebles, Marsha Mason, Moses Gunn

Année: 1986

Pays: Etats-Unis

Genre: Guerre

Résumé:

Un brillant sergent, Tom Highway qui ne supporte pas le temps de paix, rejoint son corps d’origine, le 2eme régiment de reconnaissance des Marines pour y former les jeunes recrues. Il se trouve confronté à une garnison qui se laisse aller, encadrée par des officiers ambitieux ou inefficaces. Tom Highway prend les choses en mains, entraine les hommes et crée un nouvel état d’esprit. Il retrouve en même temps sa femme avec laquelle renait une fragile complicité. Alors que les classes touchent à leur fin, les Marines reçoivent l’ordre d’embarquer pour un obscur ilot des Caraïbes…

Avis:

Réduire Clint Eastwood à ses dernières réalisations est un peu réducteur. Certes, il est vrai que depuis le succès mérité de Million Dollar Baby, le géant qui semble immortel a enfilé des films forts sympathiques comme le magnifique Gran Torino (putain de fin qui tire les larmes!). Mais bien avant ça, il a réalisé une pléthore de films, puisqu’il a commencé en 1971 avec Un Frisson dans la Nuit et qu’il n’a pas arrêté depuis, fournissant encore un lot de films à 83 ans. La guerre est un des sujets préférés du réalisateur. Entre Mémoires de Nos Pères ou encore Lettres d’Iwo Jima, on peut voir que le monsieur a un regard acide sur certaines parties de notre histoire. En 1986, il réalise Le Maître de Guerre, un film de guerre un peu plus léger, mais qui contient aussi son lot de dénonciation dans le corps des marines. Et malgré son âge, le film n’a pas pris une ride. Pourquoi? Allons voir ça de plus près!

le_maitre_de_guerre_heartbreak_ridge_1986_diaporama_portrait

Le black (Mario Van Peebles) a un regard presque pervers envers Clint Eastwood!

Le scénario part d’un pitch assez simple. On croise le sergent Highway en prison suite à une rixe. Il est alors dans une section des régiments des Marines qui ne lui convient pas du tout. Son rêve est de retourner dans la section de reconnaissance, au plus près du combat. Alors qu’il lui reste une année à tirer, on le nomme à la tête du deuxième régiment de reconnaissance, où les soldats sont de fortes têtes et ne pensent qu’à s’amuser. Il va devoir les mater puis les former car un combat va bientôt éclater. On pourrait croire que le pitch est assez léger pour un film de guerre, et c’est un peu le cas. Entre les scènes de matage, plutôt drôles, notamment lorsque Clint Eastwood défonce un géant suédois, ou encore lors de la phase des t-shirts, et les scènes d’entrainement où Eastwood met souvent un vent à ses élèves, on pourrait croire que le film est plus une comédie de guerre qu’un vrai film de guerre. Mais le film va au-delà. En effet, il dénonce la perfidie d’un système qui profite à des bureaucrates flemmards et en recherche de reconnaissance plutôt qu’à des hommes d’action qui connaissent le terrain. En ce sens le film est très équivoque, notamment avec la présence du chef que Eastwood s’amuse à asticoter. On voit aussi un système perverti par des égos démesurés qui ne servent pas la guerre, mais plutôt à faire des erreurs et de mauvais jugements. Mais surtout, comme c’est souvent le cas avec les films de Clint Eastwood, c’est avant tout une histoire d’hommes, de personnages et de relations entre personnages. On pourra retrouver les liens qui se construisent au fur et à mesure entre le sergent et ses élèves, mais aussi envers ses ennemis qui vont devoir se rendre compte de  leurs erreurs et de leurs fautes de jugement. Mais il n’y a pas que la guerre dans ce film, puisque l’on peut aussi y voir un homme qui essaye de renouer avec l’amour et essaye de reconstruire les fautes du passé avec son ex-femme. Bref, nous sommes face à un film bien plus profond qu’il n’y parait. La réalisation est parfaite, nerveuse et toujours intéressante.

Bien entendu, on retrouve le grand Clint Eastwood au casting. Cela lui fournit un acteur pour pas cher et en plus il est vraiment bon. Il campe encore une forte tête, un dur qui ne se laisse pas faire et qui n’a peur de pas grand-chose. Il est excellent dans ce rôle et on peut le voir plus sensible, notamment lorsqu’il essaye de reconquérir son ex-femme. Il est vraiment touchant et révèle une autre facette de son jeu d’acteur. A ses côtés, on retrouve Mario Van Peebles en petit joueur de rock et raté notoire mais qui possède un véritable un charisme et un personnage attachant. Malgré son côté énergique énervant, il parvient à donner le sourire et le spectateur se prendra vraiment d’affection pour lui. Tout comme le suédois, grosse barbaque mais avec un grand cœur. Au niveau du « méchant », Everett McGill manque un peu de charisme et semble un peu trop statique, mais il tient bien son rôle. Marsha Mason est l’atout charme et féminin du film et elle tient bien son rôle et demeure très touchante dès les premiers instants. Enfin, les seconds couteaux tiennent bien leurs rôles, mais il réside un léger problème. Lors de la phase de guerre, à la fin du film, on n’aura pas de tristesse envers les morts car les différents élèves sont trop nombreux et on n’aura pas le temps de s’attacher à tous. Du coup, cet aspect, que l’on retrouve par exemple dans Full Metal Jacket ne sera pas présent dans ce film et c’est dommage.

maitre-de-guerre-1986-08-g

Euh, les gars, on fait un film de guerre, pas un porno gay!

Au final, Le Maître de Guerre fait partie des films assez méconnus de Clint Eastwood et qui pourtant mérite vraiment le coup d’œil. Drôle, nerveux et touchant, le film est relativement contemporain malgré sa presque trentaine. Alors, on n’est pas dans un film spectaculaire  la Apocalypse Now ou Platoon, mais il réside quelque chose de fort dans ce film et il vaut vraiment son pesant de cacahuètes!

Note: 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

ServalNote de Serval: 18/20

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net