Les Prélats de Faneas T.01 – Les Terres d’Exil – Charlotte Abécassis Weigel

Auteur : Charlotte Abécassis Weigel

Editeur : Editions Féryl

Genre : Fantasy

Résumé :

Astéria est une jeune femme énergique au caractère bien trempé qui vient d’emménager à Maleross avec sa cousine Cléora. Les deux jeunes femmes arrivent tout droit du mystérieux royaume de Faneas où la magie et les dieux n’ont rien d’imaginaire et où chaque jour recèle son lot de surprises. Elles ont fui leurs terres natales envahies par le royaume limitrophe d’Endor et sont venues se réfugier dans notre monde. Elles cherchent à présent les prélats de Faneas afin de regagner leur monde et de restaurer la paix, mais la tâche s’avère bien plus ardue qu’il n’y parait et les mystérieux prélats demeurent introuvables. Leurs actions finissent par attirer l’attention d’un jeune homme observateur portant le nom de Noctis. Avec l’aide de son ami Klay, il compte bien découvrir ce qu’elles cachent.

Avis :

Les Prélats de Faneas est une série 100% française : l’auteure est parvenue, suite à un financement participatif, notamment via le site ulule, d’éditer elle-même son livre et d’en vendre plus de 1000 exemplaires. L’aventure se poursuit sous un bel augure avec la sortie récente du tome 2, intitulé le soulèvement des fiefs. Le cercle des fans ne cesse de grandir et d’enchanter l’auteure qui commence à devenir de plus en plus populaire.

L’univers du roman navigue entre originalité et déjà-vu. Les premières pages du livre nous laissent entrapercevoir un monde qui semble bien façonné, qui est lié à la magie, à un ensemble de divinités et à d’antiques légendes auxquels beaucoup ne croient plus. Le combat contre ses propres dieux est un thème qui revient plutôt souvent en fantasy. Pourtant, cela intrigue et marche quasiment toujours. Ce qui est le cas ici : le lecteur est rapidement captivé par cette bataille dont les tenants et aboutissants restent tout de même bien mystérieux mais prometteurs d’un récit épique. La suite du récit ne tient malheureusement pas les promesses de cette introduction riche et forte.

Effectivement, les aventures qui s’ensuivent manquent souvent d’intérêt, de dynamisme et de force. La majorité de l’histoire ne se passe pas au sein de l’univers des Prélats, mais dans un autre lieu source de moins de magie. On perd cette ambiance mystique pour une ambiance plus commune, moins détaillée et moins mystérieuse.

Les personnages principaux, des adolescents, bien qu’intéressants par certains côtés, ennuient vite étant donné que leurs états d’âme et soucis amoureux sont souvent mis sur le devant de la scène. Cette façon de faire, sans doute plaisante pour beaucoup de lecteurs du même âge, ne fait clairement pas avancer l’histoire et élimine le côté homérique ressenti lors des premières pages. Nous sommes loin des récits d’héroïque-fantasy de certaines sagas bien connues du genre, ce qui est bien dommage. De plus, les scènes d’actions sont longues à lire et se focalisent de nouveau un peu trop sur les émotions des personnages. Cela détruit le rythme rapide du moment.

La grande part de l’intrigue se concentre autour des pensées d’Astéria et de Cléora, deux jeunes femmes aux capacités étonnantes et aux caractères intéressants dont on ne voit finalement que peu de choses. Le lecteur fait souvent face à leurs multiples doutes et guerres sentimentales, ce qui lasse plus encore si l’on n’est pas émotionnellement attaché aux personnages. Leurs interrogations concernant l’avenir de leur royaume et leur rôle dans tout cela sont bien plus prenantes et mises en valeur par certaines de leurs actions. De ce fait, l’histoire nous semble ne pas progresser beaucoup et stagne.

L’arrivée de deux nouveaux personnages n’arrange pas tellement nos affaires. Noctis et Klay alimentent également les chapitres de leurs doutes et certains passages ne sont que disputes et rixes verbales entre nos quatre protagonistes. Même si cette façon de vivre peut être caractéristique de caractères forts, ce qui est le cas ici, le lecteur avide d’aventures et d’épopées se retrouve déçu. Ces passages, fort plaisants au début, finissent par agacer tant ils se multiplient.

L’univers des Prélats, vraie force du roman, n’est pas beaucoup exploité dans ce tome, si ce n’est au tout début. Le principe des Prélats, des protecteurs du royaume pour faire vite et ne rien dévoiler, est bien amené et politiquement prenant. Même si cela étonne au début, certains termes sont directement pris de la mythologie nordique et ne s’en cachent pas. Par exemple, le mont Ase Gard est un territoire important du roman. Cette utilisation perturbe un peu au début mais on se laisse vite prendre au jeu. Les différentes parties du royaume qui nous sont décrites paraissent riches et complexes. Il manquerait une carte pour plus facilement s’y retrouver.

La toute fin et le combat final sont bien menés et mis en valeur. La révélation qui y est faite étonne quelque peu et amène de nouvelles interrogations qui seront certainement éprouvées dans le prochain tome. La fin donne envie de savoir ce qui se passera ensuite même si le roman a traîné en longueur et que les problèmes adolescents ont lassé plus d’une fois. L’auteure écrit bien mais se donne trop dans les détails de beaucoup d’états d’âmes et d’émotions. Cela rallonge les combats et certains dialogues captivants qui perdent totalement de leur saveur.

Le tome 1 des Prélats de Faneas est plutôt à conseiller à de jeunes lecteurs qui pourront s’attacher plus facilement aux personnages et aux intrigues sentimentales qui en découlent.

Note : 10/20

Par Lildrille

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