Le Cinéma d’Horreur

Auteurs : Collectif

Editeur : Taschen

Genre : Guide Cinématographique

Résumé :

Préparez-vous à frémir de peur avec cette édition révisée et étoffée de notre histoire du cinéma d’horreur. Des tueurs en série aux satanistes, de Shining à Scream, ses quelque 600 pages explorent les thèmes favoris, les mythes et les motifs récurrents du genre et ose examiner de plus près 50 chefs-d’œuvre de l’horreur, des années 1920 aux années 2000.

Avis :

Le cinéma d’horreur est un vaste genre qui peut se prêter à tous les autres styles, se mélangeant allègrement avec la comédie, le drame, le fantastique ou encore la science-fiction. Du coup, de nombreux ouvrages se sont focalisés sur ce genre si productif et pourquoi le cinéma d’horreur avait un tel succès auprès du public, et notamment des adolescents qui sont souvent friands de ce genre. Si certaines maisons d’édition ont tenté de réfléchir sur les raisons d’un tel succès, d’autres auteurs se sont amusés à faire des fiches d’identité des plus grands boogeymen, ou plus globalement des méchants dans le septième art. Le problème avec ce genre d’ouvrages, c’est que bien souvent, on n’apprend pas grand-chose, les inédits étant rapidement trouvables sur le net et on peut se demander la légitimité de ces auteurs à nous pondre des œuvres, certes intéressantes et plaisantes, mais qui parfois enfoncent des portes ouvertes. Les éditions Taschen sont un cas un peu particulier car elles n’ont jamais vocation à être très précises ou très pointues, préférant être globales pour attirer un plus grand nombre. La preuve en est faite avec Le Cinéma d’Horreur, un gros morceau peu onéreux mais qui n’apprendra rien aux rompus du genre.

Le livre est composé de deux parties bien distinctes mais assez inégales. En effet, le première partie se concentre uniquement sur des thématiques chères au cinéma d’horreur comme les vampires, les loups-garous, les psychopathes, le vaudou, etc… alors que la seconde partie se concentre sur les 50 meilleurs films d’horreur selon… on ne sait pas qui. On va donc voir que la partie la plus intéressante, la première, dépasse légèrement les 200 pages alors que la seconde en fait presque 400. On sait bien que la quantité ne rime pas avec la qualité, mais on aurait aimé un poil plus pour cette première partie qui demeure la plus appétante car elle ne se focalise pas sur un seul film, mais bien sur divers thèmes abordés de différentes manières en fonction des films ou de l’époque. On découvre ainsi plusieurs films inconnus, on peut découvrir des variations de thématiques assez intéressantes et on se rend bien compte qu’en fonction de l’époque, des mœurs qui sont différents de nos jours, les thèmes évoluent, changent, pour correspondre à un public différent, lui aussi en constante évolution. Bref, cette première partie est la meilleure du bouquin, même si on retrouve quelques coquilles et des oublis parfois gênants.

Mais le plus décevant réside dans la seconde partie. Les éditions, qui ne mentionnent pas forcément les auteurs hormis avec leurs initiales, ont cru bon de faire un Top 50 des meilleurs films d’horreur de tous les temps, chose que l’on voit tout le temps sur le net. On retrouvera bien entendu tous les classiques du genre, ne prenant ainsi pas trop de risques, mais surtout, pour une édition augmentée en 2017, le dernier film du top est Les Autres d’Alejandro Amenabar, comme si derrière, dans les années suivantes, il n’y avait plus rien. C’est un peu de la fainéantise, mais au vu du prix, il ne faut pas trop se plaindre. Le plus maladroit dans ce top provient des petits textes qui accompagnent les films. On retrouve des sortes d’analyse grossière sur certains films, qui spoilent à mort si jamais vous n’avez pas vu le film, et qui parfois ne brassent que du vent, ne racontant rien et se voulant un peu trop intellectuel. Encore une fois, avec ces analyses ou les petits encadrés qui parlent de célébrités du monde de l’horreur, on n’apprend rien, et on n’est clairement pas dans un ouvrage qui souhaite approfondir son propos, mais qui essaye plutôt de s’adresser à un large public. Ce qui n’est pas plus mal, le genre horrifique ayant bien besoin de montrer qu’il n’est pas qu’un cinéma pour dérangés du bulbe ou adolescents pré-pubères. On notera aussi dans les bons points que le livre est agrémenté de belles photos et que les textes sont assez aérés, facilitant ainsi la lecture.

Au final, Le Cinéma d’Horreur paru aux éditions Taschen souffle le chaud et le froid et on peut difficilement en dire du mal tant on a la sensation que l’ouvrage veut s’ouvrir aux néophytes, à ceux qui veulent tenter l’expérience de l’horreur mais qui ne savent pas par quoi commencer. Il en résulte donc un livre hybride, pas foncièrement mauvais mais trop superficiel pour satisfaire le fan du genre, et auquel il manque clairement une bonne dizaine d’années pour être encore plus complet.

Note : 12/20

Par AqME

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