décembre 5, 2020

Under the Silver Lake – La Face Cachée d’Hollywood

De : David Robert Mitchell

Avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace, Callie Hernandez

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Comédie

Résumé :

À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Avis :

Tout nouveau dans le paysage du cinéma américain, on peut dire que David Robert Mitchell a su marquer les esprits presque d’entrée de jeu car si son premier film « The Myth of the American Sleepover : la légende des soirées pyjamas » est passé totalement inaperçu, avec une sortie directement en DVD en 2014, son deuxième essai lui, l’excellentissime « It Follows« , n’est pas loin de devenir culte.

Sorti en 2015, « It Follows » était l’une des très belles surprises horrifiques de cette année-là et bien sûr, après un tel succès, le prochain film de David Robert Mitchell était on ne peut plus attendu. Et voici qu’après un tour au festival de Cannes en compétition officielle (il est reparti bredouille), le tripé « Under the Silver Lake » débarque dans nos salles et le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’il va faire parler de lui.

Déroutant et déjanté, référencé et fascinant, « Under the Silver Lake » est le genre d’ovni cinématographique auquel on adhère énormément ou pas du tout. Pour ma part, le film fut une grande claque que j’ai adoré prendre et c’est avec énormément d’impatience que j’ai d’ors et déjà envie d’en reprendre une, afin de pousser encore un peu plus l’expérience et découvrir ici et là toutes les nuances et autres indices que je n’ai pas vu à ce premier visionnage. Nuances et indices qui permettront de peut-être (ou non) comprendre ce « Under the Silver Lake« .

Sam, la trentaine, rêve de célébrité. Il vit à Los Angeles, dans un appartement où il passe une bonne partie de son temps à observer ses voisins. Un jour, il fait la connaissance de Sarah, une voisine aussi sublime qu’elle est énigmatique pour le jeune homme. Après une soirée merveilleuse avec Sarah, les deux jeunes gens conviennent de se retrouver le lendemain, mais quand Sam vient frapper à la porte de Sarah, il découvre que la jeune femme a déménagé dans la nuit… Étrange…

Après nous avoir fait vibrer dans une ambiance tout ce qu’il y avait de plus « John Carpenterienne », David Robert Mitchell oublie ses adolescents et cette fois-ci, il nous entraîne dans un film résolument plus adulte. Un film qui nous offre un savoureux mélange d’ambiance, quelque part entre Sir Alfred Hitchcock et Mr David Lynch. Si « It Follows » était un film qu’on qualifiera d’accessible ou de plus linéaire, « Under The Silver Lake » lui, ne se laissera pas autant gagner et comprendre si facilement.

« Under The Silver Lake » est un film qui demande de la réflexion. C’est un film qui ne se livre pas à la première, voire même la deuxième, vision. « Under the Silver Lake« , c’est une sorte d’immense bordel organisé, où le drame, la comédie, le thriller, la satire, le burlesque, le fantasme, le complot, la nostalgie et le trip font très, très bon ménage.

La première chose qui va se remarquer chez « Under the Silver Lake« , c’est son ambiance. Une ambiance incroyable, qui rappellera énormément certains films des années 50 (énorme mention pour la BO de Disasterpeace qui avait déjà signé la BO de « It Follows« ). Très personnel dans un sens, le film rappellera tel ou tel film. De mon côté, j’ai énormément pensé à des films comme « Fenêtre sur cour« , « Body Double » ou encore « Boulevard du crépuscule« .

La mise en scène est impeccable, colorée et noire à la fois. Une mise en scène pop (énorme coup de cœur pour les costumes fous de ce film), référencée et en même temps qu’on a bien du mal à situer dans le temps finalement. Une mise en scène sublime qui passe d’un style à l’autre avec une fluidité fascinante. Et même si le récit est loin d’être évident, même si l’on va se sentir plus d’une fois perdu dans les déambulations du personnage principal dont la quête se fait de plus en plus mystérieuse tant « Under the Silver Lake » a tendance à partir dans tous les sens, le réalisateur sait parfaitement comment tenir son spectateur en intrigue, en suspens et en interrogations. Il y a quelque chose dans cette mise en scène qui happe d’emblée, ou qu’on rejette de suite. Comme je le disais plus haut, « Under the Silver Lake » est un film sans trop de juste-milieu, et si beaucoup ont été comblé, beaucoup d’autres, face à cette folie, face à cet abandon de logique, on fuit la salle très vite. Il faut donc savoir où l’on met les pieds.

Si la mise en scène est incroyable et folle, « Under the Silver Lake« , c’est aussi un scénario fou. C’est un scénario imprévisible, dont il faut finalement en savoir le moins possible. C’est un scénario qu’il faut accepter, et qui s’aventure dans un Hollywood aussi fantasmé que cliché et caricaturé. C’est un scénario parfaitement écrit, qui va demander plus d’un visionnage pour en comprendre toutes les subtilités de son enquête et ses dérives, si toutefois, tout peut être vraiment compris. D’ailleurs, à titre personnel, je ne suis pas sûr de vouloir tout comprendre, préférant peut-être garder une part de mystère, voire de fantasme sur ce film et surtout la multitude de sujets qu’il aborde. Le tueur de chien, le ou les complots, la face cachée d’Hollywood et ses démons noirs, le compositeur (vouer à devenir culte), les riches, les supers puissants, cette parano, les rêves, les disparitions… Bref, j’en dis beaucoup, mais beaucoup trop-là.

Enfin, « Under the Silver Lake« , c’est Andrew Garfield. Un Andrew Garfield transcendé par ce rôle. Un Andrew Garfield qui porte sur ses épaules le film à lui seul. Un Andrew Garfield qui continue parfaitement son aventure post « Spiderman« , car oui, après avoir fait des merveilles chez Gibson et Scorsese, il offre encore une nouvelle facette. Andrew Garfield est aussi attachant que dérangeant. Jouant le looser parfait, il est aussi drôle que creepy et l’on adore le suivre dans cette enquête tordue.

Vous l’aurez donc compris, « Under the Silver Lake« , plus qu’un film, est une expérience. Une expérience unique en son genre. Une expérience qui fait du bien, même si tout le mystère, le trip et le délire qui l’entoure a tendance à faire du mal à nos neurones, plus habituées à ce genre de film qui ose ne pas se donner facilement.

Pour son troisième film, David Robert Mitchell nous offre donc un film dont on n’a pas fini de parler, car qu’on l’adore comme c’est mon cas (au point d’en être hanté) ou qu’on le déteste, « Under the Silver Lake« , dans sa proposition de cinéma, ne peut laisser indifférent.

Note : 17/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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