Bikini Atoll 2.1

Auteurs : Christophe Bec et Bernard Khattou

Editeur : Glénat

Genre : Thriller

Résumé :

Près d’un mois s’est écoulé depuis le carnage dont Lysette et Alan sont les seuls rescapés. Survivant tels Robinson et Vendredi, ils reprennent espoir lorsqu’ils aperçoivent un yacht amarré au large de leur île… À bord, une équipe de photographes lubriques accompagnés de bimbos à la plastique de rêve, venus faire un shooting pour une marque de maillot de bain. Lysette voudrait fuir au plus vite cet endroit maudit, mais ils ont du mal à prendre son histoire au sérieux et comptent bien profiter de ce paradis un maximum de temps. Ils ignorent que c’est en enfer qu’ils ont posé les pieds.

Avis :

Initiée en 2016, la collection Flesh and Bones se propose d’exploiter les sous-genres qui composent l’horreur, le fantastique et l’épouvante. À l’instar des premiers comics horrifiques des années 1940 et 1950, le ton donné ne laisse aucun doute quant au contenu. Du gore, du sexe plus ou moins suggestif et une brutalité exacerbée dans l’exposition des assassinats ou des morts. La première fournée soufflait le chaud et le froid, renvoyant à d’excellentes histoires, notamment Voyage au pays de la peur, et des incursions pour le moins dispensables telles que Blood Red Lake. L’éditeur Glénat sort au compte-goutte une seconde série de comics dans la continuité de leurs prédécesseurs.

Avancé comme un survival animalier, Bikini atoll premier du nom se révélait finalement un slasher. L’amalgame entre les deux genres atténuait considérablement l’avis que l’on aurait pu se faire sur une intrigue somme toute dynamique. En l’occurrence, il ne paraissait pas indispensable d’y octroyer une suite, mais les auteurs se sont laissés porter par le courant pour une nouvelle incursion sur l’île de Bikini. À l’instar de grands noms du slasher, l’exploration de lieux familiers en compagnie d’une survivante au premier opus donne le coup d’envoi à ce qui semble être une redite plus assumée.

Dès lors, on occulte le requin sur la couverture qui, malgré le contexte, n’aura droit qu’à une furtive apparition au fil des pages. À peine deux ou trois vignettes sur le squale monstrueux, des plans larges pour les ailerons et l’on s’en tiendra là. Ce qui aurait pu constituer une menace supplémentaire pour notre nouvelle brochette de bimbos décérébrées se fait clairement oublier, même lors d’une petite excursion sur l’épave échouée au large de l’île. Contrairement au premier comics, ce choix n’est pas préjudiciable outre mesure puisque l’orientation de l’histoire lorgne vers une autre direction. Et si on peut attendre de pied ferme un slasher en bonne et due forme, la déconvenue sera pourtant de taille.

Alors oui, le récit semble receler tous les ingrédients qui composent ce sous-genre. Le cadre isolé, le (ou les) tueur(s) et les femmes fraîchement vêtues de maillots de bain deux pièces. Jusque-là, on navigue en terrain connu et la transition avec le premier opus est belle et bien présente. On appréciera également quelques flashbacks pour effectuer un petit rappel et un parallèle avec les événements passés. Tout cela reste assez structuré et cohérent. Hormis quelques ellipses, la progression se départit des scories de son aîné, notamment au niveau de menues contradictions. L’on se dit que les défauts ont été gommés pour ne laisser place qu’à un défouloir basique et néanmoins efficace.

Seulement, les auteurs préfèrent exposer les jeunes donzelles dans toutes les positions imaginables pour leur shooting en oubliant l’intérêt premier de ce type de récit. Certes, cela reste inhérent au slasher, mais les séquences sont uniquement focalisées sur ce point avec quelques rivalités entre mannequins et dialogues de sourds au passage. Il ne se passe absolument rien avant le dernier quart du livre et, même dans son dénouement, Bikini Atoll 2 déçoit. Tout juste a-t-on droit à deux morts poussives pour contenter le chaland. Pour le reste, on demeure avec une multitude d’interrogations non résolues et une conclusion ouverte vers une seconde partie.

Cette première partie de Bikini Atoll 2 s’avance comme un épisode introductif pour le moins frustrant. La faute au choix de scinder une nouvelle incursion sur Bikini en deux parties en lieu et place de fournir un unique comics avec une approche soignée et un rythme dynamique. Ici, l’histoire reste statique et peine à développer des prétextes suffisamment convaincants. Finalement, il s’agit d’une entame laborieuse faisant se succéder des physiques de rêve sur une île d’apparence paradisiaque. Pour le reste, il faut reconnaître qu’il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Malgré quelques idées qui devraient se dévoiler par la suite, le livre de Christophe Bec et Bernard Khattou se révèle terriblement vide et long. Rien qui ne justifiait de diviser cette suite en deux tomes.

Note : 08/20

Par Dante

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