Sorrow Plagues – Homecoming

Avis :

Le Black Métal est un genre très mal vu par la masse populaire. Il faut dire qu’entre une musique très agressive, des blasts bien lourdingues et des chants criés aux paroles souvent satanistes, il suffit de rajouter un look un peu gothique dégueulasse pour rendre le chrétien lambda complètement fou. Et on ne peut pas trop blâmer les gens quand on entend des histoires de meurtres, de cannibalismes ou d’autres histoires grotesques entourant des groupes mythiques de Black Métal. Des rumeurs qui empêchent le genre de devenir un peu plus mainstream, mais c’est aussi un peu ce que cherche le Black. Fort heureusement, le Black a aussi su se diversifier et proposer des alternatives à ceux qui n’entravent que dalle à ce genre tout de même extrême. Ainsi est né le Black Métal Atmosphérique ou encore le Post Black Métal, des genres qui utilisent les codes du Black, avec parfois des paroles douteuses, mais qui adoucissent leurs propos avec des mélodies plus marquées, plus aériennes et donc plus préhensible pour le commun des mortels. Et si certains groupes Solstafir en ont fait leur cheval de bataille, d’autres groupes essayent de faire de même, comme Sorrow Plagues, qui possède une âme toute particulière.

En effet, il s’agit d’un groupe anglais mais à partir d’une seule personne. Sorrow Plagues est ce que l’on appelle communément un One Man Band, dans lequel David Lovejoy joue de tous les instruments. Autant dire que le boulot doit être immense, le talent aussi quand on écoute Homecoming qui est le deuxième effort de l’artiste après un album éponyme sorti en 2016. Avec Homecoming, le musicien va créer une ambiance assez étrange, avec des mélodies très douces, un chant crié en arrière-plan, et des moments un peu plus virulents, le tout en six plages dépassant toutes allègrement les sept minutes. Oui, Sorrow Plagues ne se laisse pas apprivoiser comme ça, et c’est tant mieux. Avec cet album, David Lovejoy nous emporte dans un voyage aussi triste que beau, aussi désespéré qu’éthéré. Tout commence avec Departure, qui est très aérien, relativement calme et qui n’aura une aura Black que lors des chants qui sont en arrière de la musique et qui donne justement un ton très désespéré, presque macabre. Avec Disillusioned, tout commence de façon très calme, avec une rythmique pouvant presque faire penser à Every Breathe You Take de Police et pourtant, la batterie penche vers un autre style plus froid et plus grandiloquent. D’ailleurs, lorsque les blasts commencent à se faire entendre, on se doute bien que nous sommes face à du Black, mais il y a une mélopée derrière qui rend le tout très touchant et on ressent vraiment une vague émotionnelle nous toucher.

Avec Isolated, le musicien commence plus fort, plus rapide, avec une batterie qui blaste du feu de dieu, tout en gardant une mélodie doucereuse en arrière-plan, offrant une vraie dichotomie, mais aussi une vraie patine à ce morceau un poil plus violent que le reste. Le plus surprenant, c’est que même si ça reste spécial et très violent, c’est aussi très doux et très prenant, nous emportant dans une zone qui fait parler nos sentiments. Les solos de gratte sont vraiment beaux et bons et on reste très attentif du début à la fin du titre. Avec Irreversible, le chanteur change son fusil d’épaule et livre quelque chose de très orchestral, alors qu’avec Relinquish, il vise vraiment quelque chose de plus brutal et va se lâcher, aussi bien au niveau des blasts que du chant, plus présent et plus guttural. Enfin, le voyage se termine avec Homecoming, un morceau très calme, qui se réveille en son milieu avec un solo… de saxophone. Oui, le musicien a osé placer cet instrument dans du Black Atmosphérique et il faut bien reconnaître que ça marche, donnant une réelle identité à Sorrow Plagues. Néanmoins, l’album n’est pas exempt de quelques menus reproches et notamment sur la longueur des pistes. Si elles n’ennuient jamais, elles restent très longues et donc ont moins d’impact sur celui qui écoute. On pourra aussi retrouver une structure assez redondante au niveau des morceaux qui fait que Homecoming est un bon album, mais qui aurait peut-être pu être encore meilleur avec quelques variations.

Au final, Homecoming, le dernier album de Sorrow Plagues, sorti en 2017, est une belle surprise et un skeud complètement inattendu. Il s’agit d’un Black Atmosphérique très beau, très touchant, qu’il faut à tout prix écouter avec un casque et le calme absolu afin de saisir toutes les facettes de ce voyage dans des contrées inconnues et belles. Si l’album possède une paire de défauts, il se pose sur le haut du panier des albums de Black Atmos et David Lovejoy n’a pas à rougir face à d’autres groupes plus connus, car il a fait un taf impressionnant. Chapeau l’artiste.

  1. Departure
  2. Disillusioned
  3. Isolated
  4. Irreversible
  5. Relinquish
  6. Homecoming

Note : 15/20

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Par AqME

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