octobre 26, 2020

Renaissances

Titre Original : Sleep/Less

De : Tarsem Singh

Avec Ryan Reynolds, Ben Kingsley, Natalie Martinez, Matthew Goode

Année: 2015

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction, Thriller

Résumé :

Que feriez-vous si on vous proposait de vivre éternellement ? Damian Hale, un richissime homme d’affaire new yorkais atteint d’une maladie incurable, se voit proposer une opération révolutionnaire par le mystérieux groupe Phénix : transférer son esprit dans un corps de substitution, « une enveloppe vide », un nouveau corps jeune et athlétique pour prolonger sa vie. Comment résister à une telle proposition ? Damian Hale procède au transfert et redécouvre les joies de la jeunesse, du luxe et des femmes dans son nouveau corps. Jusqu’au jour où Damian découvre un terrible secret sur l’opération. Un secret pour lequel Phénix est prêt à tuer.

Avis :

C’est en 2000 que Tarsem Singh commence à se faire connaître grâce à un film étrange qui n’a pas su forcément trouver son public. Ce film, c’est The CellJennifer Lopez va entrer dans le cerveau malade d’un psychopathe. Fort heureusement, le réalisateur d’origine indienne va revenir six ans plus tard avec The Fall, un film fantastique qui va démontrer tout son talent et tout son amour pour les costumes et les récits dantesques. A ce moment-là, le réalisateur possède vraiment une patte graphique et on peut reconnaître l’un de ses films parmi tant d’autres. Il le prouvera ensuite avec Les Immortels. Mais c’est son dernier film en date qui nous intéresse particulièrement. Sorti en 2015, Renaissances est un film d’anticipation dans lequel un homme atteint d’un cancer généralisé va payer une somme astronomique pour intégrer un corps plus jeune et en bonne santé. Le fait que ce soit Tarsem Singh qui écope du projet est assez cocasse, puisque c’est grâce à ses origines indiennes et à sa forte croyance en la réincarnation que le cinéaste va prendre les rênes de ce film dont le scénario est signé des frères Pastor. Mais est-ce de bonnes raisons pour filer un projet aussi lourd ?

Dès le départ, le film va accumuler les incohérences concernant le transfert de corps. En effet, on promet de ne transférer que l’esprit de la personne dans un corps fait en laboratoire, mais comment est-ce possible si le corps est sans vie. Ce n’est pas un simple transfert d’esprit qui va réanimer un corps mort. A partir de là, le film va avoir du mal à vraiment nous convaincre. En effet, si le pitch de départ est erroné, ou comporte une incohérence aussi grossière, il est difficile alors de rentrer dans le délire et d’accepter cet état de fait. Quant à la suite, ce qui amène l’action du film, ce n’est pas vraiment mieux. Si l’homme ne prend pas une pilule par jour, il va avoir des hallucinations, ce qui arrive forcément et Ryan Reynolds va alors remonter le passé de son corps. Et c’est là que tout bascule dans le n’importe quoi. Il va se faire traquer, mais avant ça il va dragouiller la femme de son hôte, puis il va se découvrir des capacités physiques hors-normes, lui permettant de s’en sortir à chaque fois. Le film ne sera alors qu’une vaste course-poursuite pour avoir des pilules, puis une pensée sur le fait de mourir vraiment pour laisser sa place à quelqu’un d’autre. C’est assez grossier et c’est vraiment mal fait dans le sens où l’intrigue n’a pas de raison d’être. Surtout qu’au départ, Ben Kingsley est un enfoiré et il va se découvrir une conscience avec ce nouveau corps.

En plus d’avoir un scénario indigent qui pourtant devait figurer sur la « blacklist » hollywoodienne, le film est complètement impersonnel. Exit les costumes colorés, les effets de caméra aérien ou encore le gros spectacle chatoyant, Tarsem Singh signe son film le plus transparent. Alors le réalisateur essaye de sauver les meubles en disant qu’il voulait se rapprocher d’un genre plus réaliste, mais cela ne prend vraiment pas et il perd complètement ce qui faisait son génie. La photographie est grise, La Nouvelle-Orléans n’est pas du tout mise en valeur, et même les scènes d’action sont assez communes, ne faisant pas ressentir les coups. On pourrait alors croire que le laboratoire secret révèle une mise en scène plus intéressante, mais il n’en sera rien, puisqu’on nous pose deux scanners un peu modifiés dans un hangar noir et c’est assez triste de voir cela. Et que dire de la direction des acteurs, avec un Ben Kingsley mauvais et un Ryan Reynolds qui fait ce qu’il peut pour sauver le film du naufrage.

Alors il y a bien un message là-dedans. On y parle de la vie éternelle au détriment de celle de quelqu’un d’autre. On y parle de la difficulté de faire le deuil, notamment d’un enfant, mais globalement, tout ça n’est fait qu’en surface et rien n’est vraiment approfondi. D’ailleurs, on reste tellement vague sur tout que l’on ne ressent aucune empathie pour les personnages, que ce soit Vincent Garber et son fils décédé ou encore le héros qui cherche à se racheter une conscience. Fort heureusement, le film peut se targuer d’un rythme assez intéressant et un « spectacle » devant lequel on ne s’ennuie pas trop. Les palabres ne sont pas forcément de mise et on va suivre ce film du coin de l’œil sans jamais s’ennuyer. Mais c’est une bien maigre consolation, surtout quand on voit le bad guy du film, complètement à côté de ses pompes, incarné par un Matthew Goode qui surjoue à mort et qui ne sait pas quoi faire à part se toucher les lunettes et sortir des poncifs insupportables.

Au final, Renaissances est un mauvais film qui se sauve quelque peu avec son rythme enlevé et une paire de scènes d’action. Pour le reste, on repassera, car avec un scénario perclus d’incohérences, des acteurs en roue libre et un réalisateur qui s’efface complètement dans l’espoir de donner plus de réalisme à son film, on est vraiment dans ce que la SF et le film d’anticipation ont de plus mauvais…

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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