Black Veil Brides – Vale

 

Avis :

Parmi les « nouveaux groupes qui ont le vent en poupe, on peut dire que Black Veil Brides fait partie du haut du panier, notamment en ce qui concerne la catégorie rock/métal. En effet, le groupe est tout jeune, se formant en 2006 autour du chanteur Andrew Biersack, avant de trouver sa forme définitive en 2009 avec tous les autres membres du groupe. Et depuis 2010, le groupe ne chôme pas, puisque Vale, dont nous allons parler maintenant, est le cinquième effort du groupe, soit un album quasiment tous les deux ans, voire avec des délais plus courts encore. Un rythme effréné quand on sait aussi que le frontman a des projets parallèles comme The Relentless, un groupe fictif pour le film American Satan dans lequel il a le premier rôle, ou encore une carrière solo qui s’inspire de Depeche Mode. Mais est-ce que cette vitalité n’est pas un trop plein d’énergie mal dirigée ? Car il faut le dire, Black Veil Brides ne plait pas à tout le monde et c’est peu de le dire, car beaucoup de « métalleux » ne considère pas ce groupe comme du métal, mais plutôt comme du glam ou du rock pour midinettes. Et quand on écoute Vale, on ne peut pas trop leur en vouloir, car Black Veil Brides, c’est un peu ça, malgré des qualités techniques indéniables.

Le skeud s’ouvre avec une très courte introduction où l’on nous parle du réveil d’une légion, et quand on regarde la jaquette, on pense bien que l’on va nous parler d’enfer et de démons, mais pas forcément dans le sens qu’on l’entend. En effet, ce qui a fait le succès de Black Veil Brides, c’est avant tout sa défense des opprimés, des jeunes qui se sentent marginaux et d’autres combats sociétaux comme la défense des droits des LGBT. Des intentions louables, mais qui prennent vraiment le pas sur l’ambiance du skeud, qui manque clairement de mordant. On peut prendre par exemple Dead Man Walking, un long titre de plus de huit minutes, mais qui a vraiment du mal à prendre, la faute à un refrain un poil trop commercial et une structure bien trop classique. Mais le pire dans certaines pistes, comme Wake Up ou The Last One, c’est que l’on sent que le groupe veut combler le vide avec des rajouts vocaux pop absolument dégueulasses. On pense aux « ohohoh », ou encore aux « lalala » qui ne rendent pas hommage aux paroles ou encore aux structures des titres. Difficile d’y voir autre chose que de la fainéantise ou un procédé fallacieux pour rendre l’ensemble catchy et entêtant. Et il semblerait que Our Destiny en soit le digne représentant, malgré une instrumentalisation assez plaisante, avec en sus des violons pas si désagréables que cela.

Le plus dommageable dans cet album, et plus globalement pour le groupe, c’est que les musiciens sont vraiment bons et qu’Andrew Biersack possède une voix assez granuleuse qui n’est pas inintéressante. On retrouve cela par exemple sur My Vow, le titre le plus heavy de l’album, qui aligne les riffs rapides les lourds, avec une voix saturée pour donner plus de puissance à l’ensemble. Il est dommage que le refrain soit si pop, faisant passer le morceau de bon, à moyen. Néanmoins, c’est un bon exemple pour montrer le talent des musicos, notamment dans le refrain qui, pour une fois, donne une furieuse envie de headbanger dans tous les sens. On peut aussi citer Throw the First Stone qui possède des riffs assez lourds, même si l’on a fait mieux, pour du Black Veil Brides, c’est plutôt pas mal et ça montre un potentiel pas suffisamment exploité. En fait, l’autre principal souci avec ce groupe et cet album en particulier, c’est que tous les morceaux sont basés sur la même structure, avec couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain, et au bout d’un moment, cela devient vraiment lassant. D’autant plus que l’on ne peut s’empêcher d’entendre par moments la voix du chanteur de Rise Against, la hargne en moins, l’aspect mercantile en plus. Et puis il y a une chose absolument insupportable avec ce genre de groupe, c’est l’accent qui est mis sur le chanteur. Alors oui, il est beau comme un dieu, mais doit-il en faire autant sur chaque morceau ?

Au final, Vale, le dernier album de Black Veil Brides, démontre tout le talent du groupe sans jamais arriver à l’exploiter pleinement. On se retrouve donc devant un effort qui n’est pas désagréable, mais qui manque d’ambition et de mordant, trouvant toujours le moyen de rendre l’ensemble populaire et se voulant rassembleur. En faisant ainsi, le groupe peut s’assurer un certain succès, mais sûrement pas l’adhésion des « métalleux » qui trouveront là une galette insipide qui se repose exclusivement sur le charisme de son leader.

  1. Incipiens Ad Finem
  2. The Last One
  3. Wake Up
  4. When They Call my Name
  5. The Outsider
  6. Dead Man Walking (Overture II)
  7. Our Destiny
  8. The King of Pain
  9. My Vow
  10. Ballad of the Lonely Hearts
  11. Throw the First Stone
  12. Vale (This is Where it Ends)

Note: 11/20

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Par AqME

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